Les jeunes Français parmi les plus gros épargnants d’Europe

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Revue 100% digitale de la Fédération Nationale Caisse d’Epargne, Regards sur l’Épargne livre à chaque numéros des clés de compréhension sur diverses thématiques, s’appuyant sur des témoignages d’experts.

Le dernier numéro en date du 23 novembre s’intéresse à l’épargne des jeunes Français de moins de 30 ans : bien que confrontés à de multiples inquiétudes sur l’avenir, les jeunes Français disposent d’encours d’épargne loin d’être négligeables, leur taux d’épargne étant « parmi les plus élevés d’Europe. » Malgré des connaissances en matière d’épargne sans doute perfectibles, cette jeune population n’attache pas moins une grande importance au sens donné aux projets d’investissements.  

L’épargne des moins de 30 ans en chiffres

Comme l’explique dans la revue Éric Monnet, directeur d’études à l’EHESS, et lauréat du Prix du meilleur jeune économiste en 2022, « les jeunes Français épargnent et la France figure dans le top 10 des pays de l’Union européenne dans lesquels les jeunes épargnent le plus. »  Différents produits d’épargne sont d’ailleurs réservés en Frances aux jeunes jusqu’à leurs 25 ans, ce qui ne les empêche pas de souscrire par ailleurs à des produits d’épargne tous publics.

Regards sur l’Epargne avance ainsi plusieurs chiffres mettant en évidence l’importance de l’épargne chez les jeunes Français :

– au 31 décembre 2021, l’encours du Livret Jeune s’élevait à 5,4 milliards d’euros, soit « 0,1 % du total des placements financiers des ménages résidents. »

– l’épargne des moins de 30 ans nourrit « plutôt un patrimoine financier qu’immobilier » : 90% des moins de 30 ans détiennent de l’épargne financière (chiffre similaire aux autres tranches d’âge), contre seuls 20% qui détiennent un patrimoine immobilier (contre 60% dans les autres tranches d’âge)

– en 2015, année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles (chiffres Eurostat), la France est en 9ème position du TOP 10 des pays de l’Union européenne « dans lesquels les moins de 35 ans épargnent le plus, avec un taux d’épargne médian de 18 %. »

– tous les jeunes Français ne sont pas en mesure d’épargner pour autant : seuls 74% d’entre eux ont déclaré en avoir la possibilité, une fois toutes les dépenses contraintes payées à la fin du mois

Livret défiscalisé : sécurité !

Parmi les éléments significatifs livrés par Regards sur l’Epargne, il est notable que les jeunes Français de moins de 30 ans ne font pas preuve d’une appétence au risque débordante, comparée aux autres tranches d’âge de la population : début 2018, seuls « 11 % des ménages de moins de 30 ans détenaient des actions contre 23 % des ménages de plus de 40 ans. »

La détention de livrets défiscalisés est ainsi surreprésentée chez les moins de 30 ans, au contraire de produits d’épargne plus risqués, type assurance-vie. Ainsi 87,6 % des moins de 30 ans possédaient au moins un livret défiscalisé en 2021, contre 83,4 % dans l’ensemble de la population.

Parmi les explications possibles de cette frilosité, la piste de connaissances moindres sur les produits d’épargne des jeunes de moins de 30 ans, par rapport à d’autres catégories d’âge, paraît crédible : sur les 74% de jeunes Français disposant du revenu nécessaire pour épargner, seuls 49 % d’entre eux déclarent en effet « être bien informés sur leurs possibilités d’épargne », contre 55 % pour l’ensemble des Français.

L’exception à cette prudence globale concerne cependant l’attrait relatif aux crypto-monnaies : selon un sondage du Cercle de l’épargne[1], « 47 % des jeunes de 18/24 ans jugent le bitcoin intéressant » contre seulement 19% des 50-64 ans.

Un moyen de satisfaire la quête de sens ?

Comme le souligne Eric Monnet, « l’épargne est un geste individuel mais son investissement a des conséquences collectives majeures. Les jeunes souhaitent particulièrement investir dans des projets qui ont du sens à leurs yeux. »

En effet, la revue souligne que plus de 60 % des jeunes de moins de 35 ans estiment que « le sens de l’investissement, comme par exemple le fait d’investir dans une entreprise ou une association proche de leurs valeurs, est un critère très important ou plutôt important dans le choix d’un investissement[2] ».

Une proportion supérieure aux autres catégories d’âge, qui traduit aussi davantage d’attente des jeunes sur l’impact concret de leurs choix d’investissements en matière d’épargne : si seuls 44% des Français estiment pouvoir « avoir un impact réellement positif sur l’environnement et la société en décidant de placer leur épargne sur tel ou tel type de produit financier », ils sont au contraire 56 % à le penser en ce qui concerne les moins de 35 ans[3].

Cette exigence sur l’impact des choix d’épargne, les jeunes Français ne se contentent pas de la garder pour eux-mêmes : la revue souligne qu’ils vont jusqu’à « demander à ce que les autres générations prennent également conscience de l’impact de leur épargne sur l’avenir du marché du travail, la qualité des logements et la préservation de l’environnement. »

La quête de sens animant les jeunes épargnant se traduit ainsi concrètement à travers quelques éléments mis en avant par Regards sur l’Epargne : la souscription de LDDS par des jeunes de moins de 25 ans a augmenté de 13% en 2021.

Cette catégorie d’âge est désormais celle ayant le plus d’encours sur ce produit, qui permet de financer la création et le développement des PME, la transition énergétique ou la réduction de l’empreinte climatique.

Ainsi comme le conclut Eric Monnet, cette tendance aux investissements vertueux, portée par les jeunes Français, a vocation à être amplifiée dans les années à venir avec le soutien des autorités : « les pouvoirs publics doivent comprendre et aider ce souhait, en faisant en sorte que la régulation favorise des investissements favorables à l’environnement et une société juste. Il est nécessaire d’encourager l’épargne de nos concitoyens destinée au financement des grandes transformations de notre époque. »

[1] Cercle de l’épargne, Enquête 2022 « Épargne et retraite, des passions bien françaises », avril 2022.

[2] Sondage IFOP pour Trade Republic « Les jeunes et leur rapport à l’investissement », déc. 2021

[3] Sondage IFOP pour le Forum de l’investissement responsable, « Les Français et la finance responsable », vague 4, septembre 2021

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