Epargne en ligne : des changements de mentalité ?

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Si la digitalisation des produits et services bancaires continue sa marche en avant, peu d’études ont encore été menées jusqu’à présent sur l’épargne digitale en France.

Ayant pour but affiché de « rendre l’épargne accessible à tous », la nouvelle plateforme d’épargne digitale Yoonest vient de combler ce manque avec son enquête[1] sur Les Français et l’épargne digitale, publiée en septembre. Cette enquête met en lumière des évolutions en cours, accélérées par la crise sanitaire. Pour autant, certaines conceptions et habitudes restent bien ancrées dans les esprits.

Objectifs et chiffres-clés de l’enquête

Spécialisée dans l’épargne immobilière en ligne et l’investissement locatif via des SCPI, Yoonest a poursuivi plusieurs objectifs à travers cette enquête, en particulier ceux-ci :

  • comprendre les choix des Français de façon générale en matière d’épargne
  • mesurer leur inclination à souscrire des produits d’épargne en ligne, en déterminant les motivations et les freins à cette souscription
  • évaluer les dernières évolutions de comportement, notamment à l’aune de la crise sanitaire

Les résultats de l’enquête ont ainsi délivré plusieurs éléments-clés :

  • Depuis la crise COVID, 1 Français sur 3 se renseigne davantage sur le web au sujet des produits d’épargne
  • 1 Français sur 3 a déjà souscrit à un produit d’épargne en ligne
  • Près d’1 Français sur 2 ayant souscrit à un produit d’épargne en ligne l’a fait depuis la crise COVID
  • 54% des sondés ont au moins un compte dans une banque en ligne
  • La sécurité demeure de loin le critère essentiel déterminant avant de souscrire à un produit d’épargne (77%)
  • Le coût moins élevé des frais de gestion est l’argument le plus cité par les personnes ayant souscrit à un produit d’épargne 100% en ligne (60%)
  • Parmi les freins à la souscription en ligne, l’absence de conseiller physique est l’argument le plus fréquemment cité par les sondés (78%)

La crise sanitaire a accéléré les souscriptions en ligne

Enseignement majeur de cette enquête, « le marché de l’épargne digitale est de plus en plus développé. » Avec 54% des sondés ayant un compte dans une banque en ligne, ce pourcentage étant encore plus élevé auprès des 25-34 ans et des 35-49 ans, il est certain qu’il existe un vivier de clientèle prédisposé aux produits bancaires en ligne de façon générale.

L’enquête met en évidence le rôle d’accélérateur qu’a joué la crise sanitaire du Covid-19 dans l’appétence des Français pour les produis d’épargne en ligne.

31% des Français ont en effet répondu être désormais « plus enclins à souscrire à un produit d’épargne en ligne » depuis la crise sanitaire, sachant que 41% ont de leur côté indiqués qu’ils étaient « autant enclins qu’avant » à y souscrire : soit un total de 72% favorablement disposés à l’égard des solutions digitales.

Si de fortes disparités sont constatées sans surprise entre les différentes tranches d’âge, une différence importante a également été relevée entre les hommes et les femmes : en effet ces dernières s’avèrent nettement plus réticentes puisque seules 26% d’entre elles ont déjà souscrit à des produits d’épargne en ligne contre 42% pour les hommes.

Avec 45% de sondés ayant indiqué avoir souscrit à un produit d’épargne en ligne depuis la crise sanitaire, l’enquête de Yoonest conclut que « la crise Covid a été un accélérateur de la souscription de produits d’épargne 100% en ligne. »

Simplicité, rapidité et frais de gestion réduits

Sans réelle surprise, les épargnants français regardent de près leurs portefeuilles : le principal atout des produits d’épargne 100% en ligne semble être les frais de gestion réduits, argument cité par 60% des sondés y ayant souscrit. D’autres arguments comme la simplicité (53%) et la rapidité (42%) complètent le podium.

A noter que concernant les personnes n’ayant pas encore souscrit à un produit 100% en ligne mais susceptibles de le faire, les arguments les plus cités sont sensiblement les mêmes : les frais de gestion réduits sont cités par 67% des sondés, suivis par la simplicité à 53%. Citée à 49%, l’idée de « placements performants » complète le podium et grille la politesse à la rapidité (45%).

Ces éléments confirment ainsi l’image générale qu’ont l’ensemble des banques en ligne auprès de la population. Ces dernières axent d’ailleurs très largement leur communication sur leurs tarifs moins élevés que ceux des banques traditionnelles, ainsi que sur la simplicité de leurs procédures en ligne, opposées à la lourdeur supposée des banques physiques pour entreprendre une opération.

Cette enquête reflèterait-elle alors des changements révolutionnaires de mentalité, sonnant le glas des établissements traditionnels ?

En réalité, pas vraiment : certaines tendances lourdes restent très largement ancrées dans l’esprit des Français. Le pragmatisme des sondés, qui ont plébiscité le côté pratique et économique des produits bancaires en ligne, doit être mis en parallèle à certaines tendances lourdes, ancrées depuis longtemps, confirmées dans cette enquête : la sécurité des placements et l’importance accordée à l’humain dans la relation entre le client et son établissement financier.

L’humain reste au cœur des préoccupations

En effet de nombreux éléments illustrent l’attachement important des sondés au maintien de contacts humains : « qu’il soit en présentiel, par visio, par chat ou email, le contact humain reste un critère déterminant pour le passage à la souscription d’un produit d’épargne en ligne. 4 réfractaires sur 5 à la souscription d’une épargne en ligne indiquent que c’est parce qu’ils préfèrent avoir un conseiller physique (78%). »

Si l’importance accordée à l’humain revêt certainement une dimension éthique et sociétale, c’est bien aussi pour des raisons, là encore, pragmatiques : en cas de problème ou de question, il paraît nécessaire de disposer d’un interlocuteur réel et facilement accessible auprès de qui s’adresser.

Plus de 50% des sondés ont en effet insisté sur l’importance d’obtenir « une réponse rapide par chat/email/téléphone », et plus du tiers ont estimé « essentielle » la possibilité d’obtenir un rendez-vous avec un conseiller en présentiel ou en visio. Il revient donc aux établissements en ligne de faire leurs preuves en matière de relation et d’expérience client afin de réellement bénéficier de la confiance des utilisateurs.

Un marché digital bridé par le désir de sécurité ?

Autre tendance de fond majeure qui n’a rien de nouveau : en ces temps troubles et incertain pour l’avenir et le pouvoir d’achat, la sécurité reste la préoccupation essentielle des épargnants, que ces derniers souscrivent à des produits 100% en ligne ou non.

En effet, si les 3 critères prioritaires dans le choix d’un produit d’épargne en général sont dans l’ordre « la sécurité, le rendement et la disponibilité de l’épargne en cas de besoin », en réalité il n’y a pas photo. La sécurité arrive très largement en tête, citée par 77% des sondés, loin devant le rendement qui suit à 57%.

Traduction concrète de cette exigence majeure de sécurité, c’est encore et toujours le Livret A qui reste, de très loin, le produit d’épargne le plus utilisé par les Français. Le Livret A arrive en effet largement en tête à 81%, très loin devant l’assurance-vie (41%) et le Livret d’Epargne Populaire (LEP – 27%).

Les produits de placement dans des SCPI, dans lesquels Yoonest est particulièrement spécialisée, ne sont détenus que par 4% des sondés et souffrent encore d’un large déficit de notoriété : 52% ont déclaré ne pas connaître ce type de placement.

Autant dire que la tâche reste encore ardue pour des Fintechs comme Yoonest : au-delà de la nécessité de convaincre voire de rassurer en permanence le public, toujours pas familier à 100% des produits digitaux, c’est aussi la notion d’appétence au risque qui se retrouve au cœur des enjeux. Tant que les Français dans leur ensemble privilégieront à ce point la sécurité des placements en se limitant au Livret A, les solutions et produits en ligne auront plus de mal à faire valoir massivement leurs plus-values.

Sans aucun doute, les plateformes d’épargne et d’investissement en ligne contribuent à un certain changement de mentalité, Yoonest ne se cache d’ailleurs pas de sa volonté de faire évoluer la culture financière des Français : « j’avais envie de m’attaquer à l’épargne, en dépoussiérant cette activité et en rendant accessibles des produits jusque-là réservés à des élites », explique le Cofondateur et Directeur Général de Yoonest Hamid Benamara, ancien directeur général chez Les-Furets.com. « La promesse de solutions d’épargne immobilière dès 50€ par mois y contribue, mais au-delà nous souhaitons aussi évangéliser et vulgariser cette culture financière aujourd’hui très cloisonnée. La dimension digitale va permettre d’innover et de faciliter l’accès à ces produits pour tous ».

[1] Enquête Web réalisée pour Yoonest du 6 au 7 septembre 2022 auprès d’un échantillon représentatif de 1028 répondants, âgés de 25 à 75 ans sur toute la France, ayant de l’épargne personnelle, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, et de région de résidence (niveau de confiance 95% – marge d’erreur 5%).

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