Encore insuffisamment prises en compte dans les études, la prévention et les parcours de soins, les femmes font face à des retards de diagnostic et à des inégalités persistantes, dans plusieurs domaines de santé.
La médecine se présente comme universelle, mais les parcours de santé ne reflètent pas toujours les besoins spécifiques des femmes. À l’occasion de la Journée internationale d’action pour la santé des femmes, le constat reste marqué par des écarts de prévention, de diagnostic et de prise en charge.
Les maladies cardiovasculaires en sont l’un des exemples les plus significatifs. Elles constituent la première cause de mortalité chez les femmes en France, avec environ 200 décès par jour. Les infarctus chez les femmes de moins de 50 ans ont triplé en quinze ans. Pourtant, les symptômes restent encore mal repérés, notamment parce qu’ils peuvent être atypiques, voire absents dans près de 40 % des cas. Cette méconnaissance contribue à des diagnostics plus tardifs et à une perte de chances.
Au-delà des maladies cardiovasculaires, d’autres angles morts persistent dans la santé des femmes. Elles sont davantage touchées par certains troubles : 15,6 % sont concernées par un épisode dépressif caractérisé, contre 9,3 % des hommes. Par ailleurs, l’endométriose, qui touche une femme sur dix, s’accompagne encore d’un retard moyen de diagnostic de sept ans. Le cancer du sein représente, lui, un tiers des nouveaux cas de cancers chez les femmes. Dans l’ensemble, 65 % des femmes déclarent être en bonne ou très bonne santé, contre 71 % des hommes.
La sous-représentation des femmes dans certaines études médicales contribue à produire des données moins complètes. Or, lorsque la recherche ne reflète pas suffisamment la diversité des patients, les recommandations de santé peuvent moins bien répondre aux besoins réels de l’ensemble de la population.
Plusieurs freins expliquent cette situation. Les contraintes familiales, professionnelles ou sociales peuvent limiter la participation aux études comme l’accès aux démarches de prévention. Ces déterminants sociaux pèsent sur la santé des femmes : 58,6 % d’entre elles déclarent avoir déjà renoncé à au moins un soin, contre 41,4 % des hommes. La charge mentale, les responsabilités familiales et les conditions de vie influencent leur capacité à consulter ou à s’engager dans un suivi régulier.
D’autres facteurs, souvent moins visibles, ont également des effets sur la santé et l’insertion sociale. La précarité menstruelle concerne une femme sur trois en France, soit environ quatre millions de personnes. Elle peut freiner la scolarité, l’accès à la santé et la participation à la vie sociale.
Face à ces constats, une recherche plus inclusive apparaît comme un levier essentiel. Mieux intégrer les femmes dans les études permettrait de mieux prendre en compte les différences liées au sexe, au genre, à l’environnement et aux conditions de vie. Cela suppose aussi de renforcer l’information des patientes, de faciliter l’accès à la prévention et de sensibiliser davantage les professionnels de santé.
Dans cette perspective, la Mutualité Française développe depuis plusieurs années des actions consacrées à la santé des femmes. Son réseau territorial propose notamment des ateliers sur les risques cardiovasculaires, des programmes en santé mentale et des actions d’information sur la ménopause, l’endométriose ou le dépistage des cancers. Ces initiatives prennent des formes variées, des conférences aux webinaires, en passant par des formats plus interactifs comme des escape games pédagogiques.

