Le retrait-gonflement des argiles : la facture explose

Le retrait-gonflement des argiles s’impose, dans le rapport 2026 du Haut Conseil pour le climat comme le premier poste de sinistralité climatique pour l’assurance habitation.

Une trajectoire qui interroge directement la soutenabilité des garanties multirisques dans les décennies à venir.

Chiffres clés

  • 3,5 Md€ d’indemnisation au titre du RGA sur le seul régime CatNat, suite à la sécheresse de 2022
  • 70 % des indemnisations CatNat des cinq dernières années imputables au phénomène
  • Sinistralité RGA projetée en hausse de +44 % à +162 % d’ici 2050 (estimation CCR)
  • 55 % du territoire national exposé à cet aléa (cartographie BRGM actualisée au 1er juillet 2026)

Longtemps considéré comme un risque secondaire face aux inondations ou aux tempêtes, le retrait-gonflement des argiles (RGA) s’impose désormais, selon le Haut Conseil pour le climat, comme le principal moteur de la sinistralité du régime CatNat.

La sécheresse de 2022 a, à elle seule, généré 3,5 milliards d’euros d’indemnisation au titre de ce phénomène. Sur les cinq dernières années, le RGA représente 70 % des indemnisations versées par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, soit environ 1,1 milliard d’euros par an.

La trajectoire pour les décennies à venir n’est pas plus rassurante. Le HCC reprend les projections de la Caisse centrale de réassurance (CCR), qui anticipe une aggravation de la sinistralité RGA comprise entre 44 % et 162 % d’ici 2050 sous l’effet du changement climatique. Au total, la facture cumulée sur la période 2020-2050 est évaluée à 43 milliards d’euros, dont 17,2 milliards directement imputables au réchauffement. Avec l’actualisation de la cartographie nationale du BRGM au 1er juillet 2026, ce sont désormais 55 % du territoire national qui se trouvent exposés à cet aléa.

Le cadre réglementaire a commencé à évoluer en conséquence.

Depuis janvier 2024, une attestation RGA prouvant la conformité aux normes techniques est obligatoire pour bénéficier de l’indemnisation CatNat pendant dix ans, dans les zones à risque moyen ou fort. Les vendeurs de terrains constructibles doivent réaliser une étude géotechnique du sol, et les constructeurs suivre les préconisations qui en découlent ou respecter les techniques réglementaires de construction.

Sur le volet prévention, l’État a mis en place en octobre 2025 une aide ciblée sur onze départements pilotes particulièrement touchés par le phénomène, via un fonds doté de 30 millions d’euros par la loi de finances 2025.

Ce fonds permet notamment de financer les diagnostics de vulnérabilité en phase études et les travaux recommandés à la suite de ces diagnostics, avec des taux de subvention modulés selon les revenus des ménages.

Pour les acteurs de l’assurance habitation, le message du HCC est sans ambiguïté : le RGA n’est plus un risque périphérique à surveiller, mais un poste structurel de sinistralité appelé à peser durablement sur la tarification, la souscription et les provisions techniques des garanties multirisques habitation, avec des disparités territoriales appelées à se creuser au fil de l’actualisation des cartographies de risque.

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