Pour les dirigeants de très petites entreprises, l’été n’a rien d’une parenthèse. Selon la 84e vague du baromètre Fiducial des TPE, réalisé par l’IFOP, beaucoup écourtent leurs congés, voire y renoncent, sous la pression financière et opérationnelle. Et la rentrée s’annonce placée sous le signe de la sécurisation.
Les dirigeants de TPE sont loin des cinq semaines de congés payés. Ils déclarent prendre en moyenne 20,2 jours de congés par an, dont 10,9 pour la période estivale, et 13 % n’en prennent aucun sur l’année. Près d’un tiers (31 %) ne partiront pas cet été. Pour ceux qui restent, la première raison tient au manque de moyens financiers (27 %), devant l’importance du chiffre d’affaires estival (26 %) et le manque de personnel pour assurer le suivi de l’activité (21 %).
Des dirigeants sous tension
Derrière ces chiffres, un état d’esprit contrasté. À l’approche de l’été, 26 % des patrons disent avoir besoin de retrouver de la motivation pour développer leur activité, 23 % s’interrogent sur l’avenir de leur entreprise et 15 % aspirent simplement à reprendre leur souffle après une période difficile. Ils sont par ailleurs 12 % à se déclarer déjà sous pression en prévision de la rentrée. La note plus encourageante vient du recul des difficultés financières : 33 % des dirigeants en signalent, soit 13 points de moins, l’un des plus bas niveaux mesurés depuis 2023.
Une rentrée sous le signe de la sécurisation
Pour septembre, les priorités des dirigeants traduisent une forte exigence de prudence. Trois chantiers dominent : préserver la trésorerie (45 %), se préparer aux nouvelles obligations administratives et fiscales, dont la facturation électronique (42 %), et relancer l’activité commerciale (40 %). Le recrutement, lui, n’est cité que par 6 % d’entre eux, signe d’une fébrilité persistante. Envers les pouvoirs publics, la première attente reste une baisse des charges (61 %), devant la simplification administrative (35 %). L’optimisme pour la rentrée progresse nettement, à 63 %, mais reste inégal : le BTP et l’hôtellerie affichent le moral le plus haut, quand l’industrie, les services aux entreprises et le secteur de la santé et de l’action sociale restent en retrait.

