Nouvelle-Aquitaine et retraite : 89 % d’actifs inquiets

Avec le taux d’inquiétude le plus élevé observé dans les baromètres régionaux d’Harmonie Mutuelle, la Nouvelle-Aquitaine présente un tableau alarmant : 89 % des actifs et retraités sondés redoutent l’insuffisance de leurs revenus à la retraite.

Pourtant, les dispositifs collectifs restent largement méconnus. La région, où les TPE-PME constituent l’épine dorsale du tissu économique, se trouve face à un défi d’accompagnement que les entreprises ne peuvent plus ignorer.

Quelques chiffres à retenir : 

  • 89 % des habitants de Nouvelle-Aquitaine interrogés sont inquiets pour leurs revenus à la retraite
  • 39 % épargnent moins de 100 €/mois ; seuls 7 % dépassent 400 €/mois.
  • Seul 1 salarié sur 2 se sent bien informé ; ce taux chute à 46 % dans les entreprises de moins de 50 salariés.
  • 61 % ne comprennent pas le PERCOL ; 54 % ne maîtrisent pas la fiscalité associée.

Une région de TPE-PME face à un défi structurel

Première région de France métropolitaine par sa superficie, la Nouvelle-Aquitaine rassemble plus de 6 millions d’habitants (6 150 451 – Insee 2023) et un tissu économique dominé par les très petites et petites entreprises. L’agriculture (viticulture bordelaise, productions du Périgord et du Pays Basque), le tourisme, l’aéronautique (Bordeaux et sa couronne), l’industrie de défense et les services aux entreprises coexistent dans une région aux identités multiples. Cette structure économique implique une forte proportion de salariés de petites structures, souvent moins bien couverts par les dispositifs d’épargne salariale, une réalité que confirme le baromètre 2026.

Un niveau d’inquiétude inédit

L’Observatoire régional d’Harmonie Mutuelle, conduit avec Lead Opinion auprès de 1 000 actifs et retraités de 35 à 65 ans, a été publié le 23 juin 2026. Il révèle que 89 % des habitants de Nouvelle-Aquitaine se déclarent préoccupés pour leurs revenus à la retraite, un niveau qualifié d’inédit par Harmonie Mutuelle.

Pourtant, ici aussi le paradoxe est saisissant : 59 % disposent déjà d’au moins un produit d’épargne retraite. Le frein principal reste financier, cité par 54 % des répondants, mais 21 % avancent également la priorité accordée à d’autres projets.

Les montants épargnés restent modestes : 39 % épargnent moins de 100 euros par mois, 36 % entre 100 et 199 euros. Seuls 7 % dépassent 400 euros mensuels. Les inégalités sociales reproduisent le schéma national : 45 % des ouvriers et 48 % des employés épargnent moins de 100 euros, contre 22 % des cadres.

« L’épargne retraite est un sujet majeur, mais encore trop complexe et trop éloigné des réalités du terrain. Les chefs d’entreprise veulent accompagner leurs salariés mais sont parfois eux-mêmes confrontés au manque de lisibilité des dispositifs existants. » –  Didier Massy, Président de la CPME Nouvelle-Aquitaine

Une illisibilité particulièrement aiguë dans les petites structures

La Nouvelle-Aquitaine se distingue par un déficit d’information particulièrement marqué dans les petites entreprises. Si un salarié sur deux seulement se sent bien informé sur les solutions d’épargne disponibles, ce taux tombe à 46 % dans les entreprises de moins de 50 salariés. La tranche des 35-44 ans est la plus en difficulté, avec seulement 42 % se déclarant bien informés, précisément la génération qui devrait être en plein effort d’épargne.

Concernant les produits eux-mêmes, si 83 % connaissent l’assurance-vie, 61 % ne comprennent pas le PERCOL. La fiscalité demeure opaque pour 54 % des répondants. Dans ce contexte, 77 % des habitants de Nouvelle-Aquitaine préfèrent un rendez-vous physique pour souscrire un produit d’épargne retraite.

Le PERCOL : connu de peu, plébiscité de presque tous

Le contraste autour du PERCOL est particulièrement frappant en Nouvelle-Aquitaine. Seuls 17 % des répondants en disposent actuellement, un taux d’accès très bas qui s’explique en partie par la prédominance des petites structures, souvent exclues de facto de ces dispositifs. Pourtant, parmi les bénéficiaires, 79 % le jugent attractif.

Malgré les freins, 47 % des habitants de la région estiment pouvoir augmenter leur épargne retraite dans les douze prochains mois, et 48 % souhaitent être accompagnés de manière continue tout au long de leur carrière, et non seulement à l’approche de la retraite. Un signal fort adressé aux employeurs et aux acteurs de la protection sociale.

La CPME Nouvelle-Aquitaine, associée à la publication de ce baromètre, se dit favorable à l’introduction d’une part de capitalisation dans le système de retraite, ce qu’elle nomme une « épargne pour tous », et appelle à plus de pédagogie et de proximité dans l’accompagnement des chefs d’entreprise comme de leurs salariés.

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