Au-delà de la prévention en amont, le panorama publié par Relyens le 9 juillet 2026 met en évidence un facteur déterminant de résilience trop souvent négligé : la formalisation, avant tout sinistre, d’un plan de continuité d’activité. Un levier qui intéresse directement les courtiers positionnés sur l’accompagnement des risques opérationnels.
Chiffres clés :
- 3 leviers de prévention identifiés par Relyens : connaissance de l’exposition, action sur le bâti, anticipation de la continuité d’activité
- 4 % des sinistres bâtimentaires (incendies) concentrent 64 % du coût total, illustrant l’enjeu de la continuité face aux événements rares mais dévastateurs
- 69 % des coûts climatiques concentrés sur les structures médico-sociales, particulièrement exposées à une rupture de continuité
- 180 M€ de dommages cumulés sur 30 000 sinistres en dix ans (2016-2025)
Parmi les trois leviers de prévention formalisés par Relyens dans son panorama de sinistralité, le troisième est sans doute celui qui déplace le plus nettement le regard porté sur le risque en établissement de soins.
Après la connaissance de l’exposition et l’action sur le bâti avant le sinistre, Relyens identifie « l’anticipation de la continuité d’activité » comme un facteur déterminant de résilience : selon le groupe, les établissements qui se remettent le plus vite d’un sinistre sont ceux qui ont formalisé un plan de continuité avant même d’en avoir besoin.
Ce constat prend tout son sens à la lumière des autres données du panorama. L’incendie, qui ne représente que 4 % des sinistres bâtimentaires mais concentre 64 % du coût total sur la décennie, illustre parfaitement l’enjeu : un événement rare, mais capable de fermer un service pendant plusieurs semaines si aucune organisation de repli n’a été anticipée. De même, les structures médico-sociales, qui concentrent 69 % des coûts climatiques du portefeuille, sont aussi celles où une interruption de service a les conséquences humaines les plus immédiates, compte tenu de la vulnérabilité des résidents pris en charge.
Le panorama rappelle que le coût d’un sinistre en établissement de soins dépasse très largement le seul dommage matériel indemnisé : fermetures de services, reports d’interventions programmées, transferts de patients en urgence, équipements biomédicaux hors service, systèmes informatiques à l’arrêt. Ce sont autant de conséquences en cascade qu’un plan de continuité d’activité formalisé en amont permet d’anticiper et de limiter, alors qu’une organisation improvisée dans l’urgence du sinistre tend à les démultiplier.
Pour les courtiers et assureurs accompagnant le secteur sanitaire et médico-social, ce troisième levier ouvre un champ de conseil qui dépasse la seule couverture du dommage matériel : accompagner les établissements clients dans la formalisation de leur plan de continuité d’activité devient un service à part entière, complémentaire de la police d’assurance elle-même, et potentiellement différenciant dans une relation client de plus en plus orientée vers la prévention plutôt que la seule indemnisation.

