Selon le 11e baromètre MMA-Ifop, seuls 21 % des dirigeants de TPE-PME savent que le risque routier est la première cause de mortalité au travail. Les pratiques à risque restent fréquentes.
Le risque routier professionnel demeure largement sous-estimé par les dirigeants de TPE-PME. À l’occasion des Journées de la sécurité routière au travail, organisées du 18 au 22 mai 2026, MMA publie les résultats de son 11e baromètre réalisé avec l’Ifop auprès de 250 dirigeants d’entreprises de 1 à 49 salariés. L’étude montre que seuls 21 % d’entre eux identifient le risque routier comme la première cause d’accidents mortels au travail, malgré une légère hausse de trois points par rapport à 2025.
Cette perception reste éloignée des chiffres disponibles. En 2024, 43 % des personnes tuées sur les routes en France métropolitaine l’ont été dans un accident impliquant au moins un usager en déplacement lié au travail. Au total, 424 personnes sont décédées dans ce cadre, dont 314 lors de trajets domicile-travail et 110 lors de trajets professionnels.
Le baromètre relève toutefois certains signes de progression. La part des dirigeants sachant qu’ils peuvent être tenus responsables en cas d’accident lors d’un trajet professionnel atteint 77 %, en hausse de huit points en un an. Ils sont également 52 % à connaître cette responsabilité lors d’un trajet domicile-travail. L’intégration du risque routier dans le Document Unique d’Évaluation des Risques progresse aussi nettement : 51 % des dirigeants déclarent désormais l’y faire figurer, soit 30 points de plus qu’en 2016.
Les comportements au volant restent néanmoins un sujet majeur de prévention. Près de huit dirigeants sur dix, soit 78 %, reconnaissent avoir déjà adopté au moins une conduite à risque lors de déplacements professionnels. Parmi eux, 58 % indiquent avoir utilisé leur téléphone en conduisant, 56 % avoir dépassé les limitations de vitesse et 33 % avoir conduit en état de fatigue ou de somnolence.
Les actions de prévention progressent, mais leur déploiement reste limité. Seul un dirigeant sur quatre affirme avoir mis en place des mesures à destination de ses salariés. Cette proportion atteint 39 % lorsque l’entreprise a déjà connu un accident de la route impliquant un salarié dans un cadre professionnel, ce qui suggère une réaction souvent postérieure à l’événement.
Les dispositifs mis en œuvre relèvent d’abord du contrôle et de l’encadrement. Parmi les entreprises engagées, 81 % vérifient régulièrement les véhicules mis à disposition et 77 % contrôlent la validité du permis avant les premiers déplacements. Les démarches de fond sont moins fréquentes : 55 % ont réduit les déplacements, 43 % ont instauré une charte de bonnes pratiques, 37 % diffusent des messages de sensibilisation et 35 % proposent des formations de sensibilisation ou d’éco-conduite.
La formation des dirigeants eux-mêmes apparaît également limitée. Seuls 25 % déclarent avoir déjà été sensibilisés ou formés au risque routier professionnel. Dans le même temps, 40 % souhaitent être davantage accompagnés sur les enjeux et les règles applicables, contre 21 % en 2025. Dans ce contexte, MMA annonce une campagne de sensibilisation en radio et la mise à disposition d’outils d’information sur son site, afin d’encourager les entreprises à renforcer leur organisation en matière de prévention.

