Une étude publiée par la Fédération des institutions paritaires de protection sociale (FIPS), réalisée en partenariat avec KANONIK, dresse un état des lieux de la couverture prévoyance dans les branches professionnelles.
Elle met en évidence le rôle central des partenaires sociaux dans la mise en place de garanties adaptées aux risques incapacité, invalidité et décès, ainsi que dans le développement de dispositifs de solidarité et de prévention.
A retenir :
- 92,4 % des salariés couverts sont protégés en cas d’incapacité, 87,8 % en cas d’invalidité lourde et 87 % en cas de décès.
- Depuis 2022, une dizaine d’accords de branche ont étendu la couverture à près de 3 millions de salariés supplémentaires.
- Le Degré Élevé de Solidarité (DES) est déployé dans 71 branches et couvre 47 % des salariés du secteur privé.
Une couverture quasi généralisée dans les branches professionnelles
Selon cette étude, plus de 94 % des salariés du secteur privé bénéficient a minima d’une couverture prévoyance négociée au sein de leur branche professionnelle. Ce taux progresse encore lorsque l’on intègre les contrats d’entreprise mis en place dans les secteurs non couverts par une convention collective.
Sur les 198 conventions collectives nationales (CCN) étudiées, 177 disposent d’un régime de prévoyance, couvrant 19,8 millions de salariés sur les 21,1 millions que compte le secteur privé. Parmi eux, 92,4 % sont protégés en cas d’arrêt de travail pour incapacité, 87,8 % en cas d’invalidité lourde, et 87 % bénéficient d’une garantie au profit de leurs proches en cas de décès.
Depuis 2022, une dizaine d’accords de branche majeurs ont été signés ou modernisés, étendant la couverture à près de 3 millions de salariés supplémentaires, notamment dans l’emploi à domicile, le ferroviaire, l’industrie laitière et la métallurgie.
Des garanties adaptées aux réalités de chaque métier
L’étude souligne que chaque branche construit sa couverture prévoyance en fonction des besoins spécifiques des métiers exercés. C’est notamment le cas des garanties décès renforcées mises en place dans le BTP, le transport, ou encore pour les journalistes pigistes exerçant en zone difficile.
Les partenaires sociaux adaptent également les régimes de branche aux évolutions sociétales : 77,8 % des salariés bénéficient ainsi d’une rente d’éducation protégeant les enfants en cas de décès du parent.
« Toutes nos études depuis une décennie disent la même chose : en prévoyance, la négociation collective est efficace dans les branches. Elle permet une adaptation très fine aux risques spécifiques d’une profession, en tenant compte de la capacité contributive des entreprises et des salariés » – Quentin Bériot, délégué général de la FIPS
Des niveaux de prise en charge élevés, entre 40 % et 100 % du salaire
L’étude détaille l’ampleur des garanties négociées au sein des branches. 167 CCN prévoient une garantie décès, en capital et/ou en rente, au bénéfice du conjoint et/ou des enfants, avec un capital moyen représentant 168 % du salaire annuel. 169 CCN comportent une garantie incapacité, avec une prise en charge moyenne de 76 % du salaire.
Concernant l’invalidité, 147 CCN prévoient une garantie de 1ère catégorie (invalidité légère), avec une prise en charge moyenne de 50 % du salaire, tandis que 170 CCN couvrent l’invalidité lourde (2ème et 3ème catégories), avec une prise en charge moyenne de 77 % du salaire.
« En incapacité / invalidité, décès, on constate une volonté des partenaires sociaux de compléter largement la couverture du régime de base de la Sécurité sociale par des régimes de prévoyance de bon niveau, tant pour les cadres que pour les non-cadres », observe Bertrand Boivin-Champeaux, directeur Métiers de la protection sociale de la FIPS. « Ils préservent ainsi les salariés et leurs familles contre des risques dont la survenance peut entraîner des conséquences humaines et financières parfois dramatiques. »
Le Degré élevé de Solidarité, un outil de protection au-delà des garanties
Introduit par la loi en 2014, le Degré Élevé de Solidarité (DES) permet de consacrer 2 % de la cotisation à des actions de prévention, des prestations sociales ainsi qu’à des aides individuelles ou collectives au bénéfice des salariés d’une branche.
Ce dispositif est aujourd’hui mis en place dans 71 branches et couvre 47 % des salariés du secteur privé, soit près de 10 millions de personnes au sein de 1,8 million d’entreprises — un salarié du secteur privé sur deux. Il est notamment présent dans l’expertise comptable, l’immobilier et le transport, où il permet de financer des actions adaptées aux besoins de chaque branche : accompagnement des salariés en situation de fragilité, renforcement de la prévention ou financement de programmes de sensibilisation et de formation.
« Les partenaires sociaux utilisent de plus en plus ce dispositif car il leur permet de créer des mécanismes de solidarité au sein de la branche qui dépassent le cadre strict des garanties », résume Quentin Bériot. « Surtout, il leur donne la liberté de concevoir et développer de véritables régimes de prévention au plus près des besoins des salariés et des entreprises, en faisant le pari que prévenir aujourd’hui, c’est préserver notre système de protection sociale. »
Voir Etude complète : Résultats Etude Prévoyance FIPS KANONIK – Juillet 2026
*Méthodologie
Cette étude a été réalisée par la FIPS à partir des données de 198 conventions collectives nationales, fournies par KANONIK, fournisseur de solutions technologiques dédiées aux organismes d’assurance, et croisées avec les données de la DARES au 1er janvier 2026.

