Téléconsultations : les complémentaires santé devront prendre le relais

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A partir du 1er octobre, la Sécurité sociale ne remboursera plus intégralement les téléconsultations. Les complémentaires santé devront donc prendre le relais, sans quoi ce sera au patient de régler le reste à charge. En deux ans, le nombre de téléconsultations a explosé. Un service apprécié par les Français, mais qui peut donner lieu à des dérives.

La téléconsultation, c’est un rendez-vous médical avec un médecin réalisé à distance via internet lors d’un échange vidéo sécurisé sur une plateforme dédiée. Depuis le début de la pandémie Covid-19, le nombre de téléconsultations de médecins généralistes, mais aussi de spécialistes, s’est envolé.

Afin de permettre aux Français de rester chez eux, le gouvernement avait décidé que la Sécurité sociale prendrait intégralement en charge les téléconsultations. Parallèlement, ne pas prendre en charge l’intégralité des honoraires des médecins lors d’une téléconsultation supposait la mise en place d’un système de facturation et de paiement à distance pour chaque médecin la pratiquant.

Ces derniers étant en première ligne pendant l’épidémie, décision a été prise par l’État d’une prise en charge totale pour leur éviter de devoir gérer ce nouveau système dans l’immédiat. Fin 2021, dans un « contexte de reprise épidémique », cette disposition a été prolongée. Puis, au début de l’été 2022, François Braun, l’auteur d’une « mission flash » sur les urgences et les soins non programmés, devenu par la suite Ministre de la Santé, a préconisé de maintenir cette indemnisation intégrale jusqu’à la fin de l’été 2022.

La téléconsultation, une réponse aux attentes des Français…

La téléconsultation permet d’apporter une réponse aux attentes des Français, notamment ceux qui vivent dans un désert médical. 30,2 % de la population française et même 62,4 % des habitants d’Ile-de-France seraient concernés. 11 % des Français de plus de 17 ans n’ont pas de médecin traitant.

Le secteur de l’assurance, les complémentaires santé, misent massivement sur la technologie pour aider leurs assurés à accéder à des soins. Par exemple, Santéclair qui propose des services dont bénéficient 10 millions d’assurés de 55 complémentaires santé, a ainsi déployé des téléconsultations accessibles 24 heures sur 24. Healphi va encore plus loin en proposant des cabinets de téléconsultation assistés par une infirmière ou un pharmacien. Une réponse innovante au manque d’offre de soin. 20 communes françaises, comme la Selle-sur-le-Bied, Courtenay ou Châtillon-Coligny, ont déjà fait le choix de cette solution de télémédecine, garantissant la prise en charge de plus de 50 000 patients. L’an dernier, pas moins de 12 millions de téléconsultations ont été délivrées sur tout le territoire, dont la moitié via des applications comme Doctolib, Livi ou encore Qare.

… mais aussi des risques de dérives

L’Assurance maladie pointe déjà les abus trop fréquents générés par la téléconsultation.  Une équipe de TF a tenté d’obtenir un arrêt de travail avec un médecin en ligne. La consultation, d’un montant de 60 euros, dure moins de 5 minutes et, en dépit de l’absence de réels symptômes, le médecin prescrit un antibiotique et un arrêt de travail d’une journée. De quoi interroger sur la fiabilité de la télémédecine et surtout l’absence de garde-fous pour limiter les abus. Une partie des plateformes rémunèrent leurs télémédecins, une dérive d’après l’Assurance maladie, attendu que, théoriquement, ces consultations sont réservées aux médecins traitants.

Actuellement, ces téléconsultations sont prises en charge à 100% par l’Assurance maladie. Et la facture est loin d’être négligeable. « Ces téléconsulations assorties d’un arrêt de travail progressent très rapidement. Aujourd’hui, cela représente quasiment 100 millions euros de dépenses », souligne Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie. Pour limiter « les frais », il préconise que les arrêts de travail obtenus par téléconsultation hors médecin traitant ne soient plus aussi facilement remboursés.

Thomas Fatôme souhaite aussi plus de régulation. « Aujourd’hui, ce qu’il faut, c’est fixer de nouvelles règles du jeu. Par exemple, limiter les abus en matière d’arrêt de travail. Et puis également avoir un vrai statut des offreurs de téléconsultation comme ces plateformes, avec des exigences pour mettre fin à ce qu’on pourrait appeler un peu le Far West des téléconsultations ».
La téléconsultation est un sujet qui devrait encore faire beaucoup parler de lui. Avant 2020 et la pandémie de Covid-19, seuls 7 % des Français consultaient leur médecin à distance. Ils sont aujourd’hui six fois plus nombreux.

Sources : sources web, articles de L’assurance en mouvement et de TF1

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