Accès aux soins : les assureurs misent sur les nouvelles technologies

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30,2 % de la population française vit dans un désert médical. Ce sont même 62,4 % qui sont concernés en Île-de-France. Selon le rapport sénatorial remis le 29 mars 2022, 11 % des Français de 17 ans et plus n’ont pas de médecin traitant.

Les délais d’attente avant un rendez-vous s’allongent, jusqu’à six mois pour une consultation d’ophtalmologie. Dans ce contexte contraint, les assureurs se mobilisent pour proposer à leurs assurés de nouveaux services facilitant l’accès aux soins.

Selon une étude réalisée par ViaVoice pour Essentiel Santé Magazine en juin 2022, près d’un tiers des Français (31 %) déclarent avoir déjà renoncé à aller voir un médecin généraliste alors qu’ils en avaient besoin.

Parmi eux, 18 % déclarent avoir dû y renoncer « plusieurs fois ». Ce chiffre est encore plus significatif concernant les consultations chez un spécialiste. 42 % des Français indiquent qu’ils ont dû renoncer à un rendez-vous chez un médecin spécialiste et 25 % « plusieurs fois ».

« Voilà bientôt un an que nous avons aménagé près de Quimper avec mon mari et nous n’avons toujours pas trouvé un seul dentiste qui accepte de nous prendre en patientèle. J’ai passé des jours à contacter tous les cabinets dentaires aux alentours de la ville, dans un rayon de plus de 20 à 30 km. En vain ! Nous avons dû retourner nous faire soigner à Rennes, chez notre ancien dentiste, à 220 km » témoigne Sylvie dans Essentiel Santé Magazine. Ce sont les tranches les plus jeunes (18 à 49 ans) que le renoncement à des soins est particulièrement frappant, que ce soit dans le cadre d’un rendez-vous chez un médecin généraliste ou chez un spécialiste.

Une situation qui se détériore

Trois raisons conduisent les Français à renoncer à un rendez-vous médical dont ils auraient besoin : le temps, dans 30 % des cas, parce que le rendez-vous était trop éloigné, l’absence de disponibilité d’un médecin dans 30 % des cas et des raisons financières dans 26 % des cas.

Les Français interrogés dans le cadre de cette étude sont nombreux à déplorer « une dégradation de la situation » ces quatre dernières années et restent « très inquiets pour l’avenir ». 42 % d’entre eux estiment qu’il est de plus en plus difficile d’avoir accès à un généraliste. Ce constat est très marqué   auprès des habitants d’Île-de-France (52 %). Concernant les spécialistes, 67 % déplorent également une difficulté grandissante d’accès à ces médecins.

Analyse de symptômes, téléconsultation, géolocalisation…

Le secteur de l’assurance mise massivement sur la technologie pour aider leurs assurés à accéder à des soins. par exemple, Santéclair qui propose des services dont bénéficient 10 millions d’assurés de 55 complémentaires santé, a ainsi déployé tout un panel d’outils avec une analyse de symptômes et d’orientation, des conseils d’automédication avec près de 2 000 médicaments référencés et notés selon leur efficacité et leur tolérance, des téléconsultations accessibles 24 heures sur 24, un service de géolocalisation pour trouver un médecin proche de son domicile et la possibilité d’obtenir gratuitement un deuxième avis médical en ligne.

De leur côté, plusieurs assureurs incluent également dans leurs garanties santé un service de téléconsultation avec des médecins généralistes et spécialistes, ouvert en permanence. Chez Harmonie Mutuelle, les futurs ou les jeunes parents peuvent aussi bénéficier d’une téléconsultation avec une sage-femme, sept jours sur sept, de 8 heures à 23 heures.

Healphi va encore plus loin en proposant des cabinets de téléconsultation assistés par une infirmière ou un pharmacien. Une réponse innovante au manque d’offre de soin. 20 communes françaises, comme la Selle-sur-le-Bied, Courtenay ou Châtillon-Coligny, ont déjà fait le choix de cette solution de télémédecine, garantissant la prise en charge de plus de 50 000 patients.

Former de jeunes médecins pour miser sur l’avenir

Pour éviter que les déserts médicaux ne se généralisent, il convient d’abord de former des médecins. Or la situation en France s’avère de plus en plus compliquée. La réforme de la première année de médecine est décriée de nombreux professionnels de santé, par les étudiants et leurs parents. Le collectif PASS LAS a déjà obtenu plus de 53 000 signatures. La disparition du numerus clausus mise en avant par Emmanuel Macron  » n’est qu’une chimère  » selon certains :  » le numerus apertus est tout aussi contraint, les règles varient d’une faculté à l’autre et les étudiants français finissent pas partir étudier… à l’étranger.  »

Un constat regrettable lorsque l’on connaît les besoins de notre pays, qui ne vont pas cesser de croître dans les prochaines années. C’est bien le moment de miser sur l’avenir.

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