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 » Des technologies Pay How You Drive plus agiles pour les assureurs ! « 

Le Pay How You Drive se développe dans le monde. Quelques acteurs, en France, proposent ce type de contrats depuis 2015. Une étude du bureau américain IHS montre que dans 5 ans, 142 millions d’assurés accepteront que leur véhicule communique des informations sur leurs habitudes de conduite telles que la vitesse, l’accélération, le freinage, les distances parcourues, la négociation des virages…. En Chine, pas moins de 15 compagnies ont lancé des offres « Pay How You Drive » en 2016. Aujourd’hui en Europe, l’Italie compte plusieurs millions de conducteur qui ont adopté ce type d’assurance auto. La Grande-Bretagne suit le pas mais la France, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne ont plus de mal à l’adopter. Rodolphe Peim Directeur Général Prima Solutions, lors de l’émission Assurance TV du 8 février dernier, a fait le point sur le développement de ce marché en France.

Rodolphe, vous avez crée récemment un partenariat avec Michelin et le cabinet A Capella autour de la solution « Driving Data To Intelligence ». Selon Michelin, cette solution ambitionne « de devenir la référence mondiale de la modélisation et de l’analyse des données issues de la conduite. » L’objectif est donc de développer les produits Pay How You Drive. Aujourd’hui en France, le Pay How You Drive est en phase de rodage. Pourquoi selon vous, ce type d’offre qui marche ailleurs ne marche pas en France ?

Tout d’abord, je vous délivre quelques chiffres du marché. L’Italie représente 5 millions de contrats liés à l’assurance auto connectée, un demi-million en Grande-Bretagne contre 20 000 en France. Certains cabinets prévoient dans l’avenir 2,2 milliards sur ce type de marché d’ici 2020, ce qui représenterait 12% du marché. Les automobilistes français et européens déclarent pour 30 à 60% d’entre eux, qu’ils sont prêts à partager des informations sur leur type de conduite, et 50% d’entre eux attendent un retour tarifaire. Le marché français avance à petit pas, mais nous remarquons tout de même que tous les acteurs du marché observent attentivement dès qu’une nouvelle offre en assurance auto connectée est lancée.

Existe-il des freins qui empêchent en France ce marché de se développer ?

Aujourd’hui des modules comme celui proposé par Michelin ont des coûts qui sont de plus en plus réduits. Donc la barrière du prix de l’objet connecté installé dans le véhicule est en train de disparaitre. Ceci est donc une incitation pour les assureurs à lancer de nouvelles offres, mais pas de n’importe quelle façon. Qu’est-ce qui fait qu’un assureur va lancer une offre autour d’un objet connecté ? Il faut qu’il ait définit une stratégie en amont. L’assureur va observer son portefeuille d’assurés et ses caractéristiques. Lancer un objet connecté pour des jeunes ou des seniors ce n’est pas la même chose.

En synthèse, je dirai donc qu’actuellement les principaux freins sur ce marché en France sont le coût de la technologie (même si comme évoqué précédemment ce frein est en train de disparaitre), réussir une segmentation efficace de ses clients, et qu’il y ait bien un modèle économique définit en amont. Chaque assureur peut exister sur ce marché mais il doit vraiment définir à quelle cible s’adresser.

Votre solution technologique s’appelle Drive Safely and Pay HOW You Drive. Associée au boitier Michelin, elle collecte les données de conduite ensuite corrigées sur une plateforme. Un score est restitué au conducteur et votre plateforme digitale modélise en temps réel les primes.  Votre solution est-elle différente ? Meilleure que d’autres solutions du marché ?

Avec le module Michelin, nous sommes déjà connectés, la connexion avec le véhicule est déjà intégrée dans notre solution. Notre force est notre agilité. En 3 à 6 mois, nous pouvons développer un nouveau produit pour un assureur. Je pense que cette agilité manquait aux précédentes solutions. Les systèmes d’information historiques sont robustes et couteux, et ne permettent pas le « time to market » que les assureurs attendent. Il faut qu’il y ait véritablement une transformation de paradigme entre le système d’information historique qui est robuste, et le nouveau système d’information vers lequel je peux aller progressivement pour proposer des innovations. Il faut garder le système d’information historique pour les anciens produits, et migrer progressivement vers une plateforme qui est agile.

Retrouvez Rodolphe Peim sur Linkedin.

Contact : Jean-Luc Gambey 

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