Un habitat pour seniors LGBT+ soutenu par la MAIF

À Lyon, la Maison de la Diversité accueille quinze habitants, principalement des seniors LGBTI+ isolés. Soutenu par la MAIF, ce projet d’habitat participatif entend proposer une autre façon de vieillir.

Sur les hauteurs de la Croix-Rousse, à Lyon, une nouvelle adresse entend changer la façon de vieillir. Inaugurée le 9 octobre 2025 au 65 rue de Belfort, la Maison de la Diversité accueille quinze habitantes et habitants, réunis autour d’un même projet : vivre ensemble sans renoncer à soi. Portée depuis cinq ans par l’association Les Audacieuses & Les Audacieux, cette résidence collective s’adresse à des seniors LGBTI+ autonomes, souvent exposés à l’isolement social.

La résidence, complète depuis fin septembre, réunit principalement des personnes âgées de 55 à 77 ans, dont certaines vivent avec le VIH. Elle accueille également un étudiant en cours de transition et une femme célibataire hétéro-alliée. Chacun dispose de son propre appartement, en T1 ou T2, avec cuisine et salle de bains, tandis que des espaces communs permettent d’organiser une vie partagée. « L’idée était de créer un lieu solidaire, où chacun puisse rester soi-même jusqu’au bout, tout en comptant sur les autres », explique Christophe Dercamp, coordinateur général du projet.

L’initiative répond à une réalité documentée par l’association : de nombreux seniors LGBTI+ vieillissent sans soutien familial ni aidant naturel. « Nous sommes la première génération à avoir pu assumer notre identité au grand jour mais cette émancipation s’est faite au prix d’une solitude accrue », souligne Michel Simon, président du fonds de dotation Partâge, créé pour financer le projet. Selon les éléments avancés par l’association, deux tiers des seniors LGBTI+ vivent seuls, ont moins de relations sociales que la moyenne et présentent un taux de suicide plus élevé.

Le projet repose sur une organisation associant plusieurs partenaires. La Ville de Lyon a mis le foncier à disposition, tandis que Croix-Rouge Habitat, bailleur social, a financé les trois quarts de la construction. Le quart restant a été apporté par des mécènes, parmi lesquels la MAIF. La mutuelle soutient la résidence depuis 2024 à travers une convention de partenariat de 25 000 euros par an, destinée notamment à l’aménagement des espaces communs.

Pour la MAIF, cet engagement s’inscrit dans la continuité d’actions déjà menées en faveur des personnes LGBTI+. « On aidait déjà les jeunes LGBTI+ avec la fondation Le Refuge ; cette fois, on soutient les seniors. C’est une façon de boucler la boucle », indique David Berbain, responsable de l’entité MAIF Action, Communication, Territoire, Engagement.

L’accessibilité financière constitue l’un des points centraux du dispositif. La résidence combine logements sociaux et loyers libres intermédiaires afin d’éviter un coût d’entrée trop élevé. Les loyers s’échelonnent de 230 à 800 euros par mois, charges comprises, soit des niveaux présentés comme inférieurs à la moyenne du quartier. Pour François, 64 ans, cette formule répond à une difficulté rencontrée dans d’autres projets d’habitat participatif, où l’accès pouvait nécessiter plusieurs dizaines de milliers d’euros.

À l’intérieur, les habitants commencent à investir les lieux et à imaginer les usages collectifs : repas partagés, discussions, jardin, relations avec le voisinage. Renée, 70 ans, première engagée dans l’aventure, résume l’esprit recherché par « l’idée d’individualité dans le collectif ».

Après Lyon, l’association annonce l’ouverture prochaine d’une deuxième Maison de la Diversité à Strasbourg. D’autres projets pourraient suivre, notamment à Toulouse ou dans le Grand Paris, dans les trois ans. « Ce qu’on a fait à Lyon, c’est une preuve que le concept fonctionne », résume Michel Simon. 

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