La Haute Autorité de santé a rendu un avis favorable à la prise en charge par l’Assurance Maladie de Poppins, une thérapie numérique destinée aux enfants dyslexiques. Une première en France pour un dispositif médical numérique à visée thérapeutique, via la procédure de prise en charge anticipée (PECAN). Le remboursement devrait devenir effectif d’ici l’automne 2026.
C’est une décision présentée comme inédite. La Haute Autorité de santé (HAS) a émis un avis favorable à la prise en charge par l’Assurance Maladie de Poppins Clinical, un dispositif médical numérique thérapeutique destiné aux enfants dyslexiques de 7 à 11 ans. Elle intervient dans le cadre de la PECAN, la procédure de prise en charge anticipée des dispositifs médicaux numériques innovants, et fait de Poppins, selon l’entreprise, le premier dispositif de ce type à franchir cette étape. L’enjeu d’accès aux soins est réel : la dyslexie concernerait 3,5 à 6,6 % des enfants, et les familles patientent en moyenne dix-huit mois pour un rendez-vous chez un orthophoniste.
Un complément de l’orthophonie, pas un substitut
Poppins emprunte les codes du jeu vidéo, sans être pour autant une application éducative ni un jeu grand public. L’enfant réalise à domicile des exercices de langage écrit et de rythme, par sessions de vingt minutes maximum, trois à cinq fois par semaine. L’outil se veut un complément de l’orthophonie, dont il prolonge le travail entre les séances, l’orthophoniste restant au centre du parcours de soin. La prise en charge deviendra effective dès la publication de l’arrêté au Journal officiel, attendue d’ici l’automne 2026 et pour une durée d’un an. Elle visera les enfants de 7 à 11 ans, en complément d’une rééducation orthophonique bimensuelle, pour des cures de trois mois renouvelables sur prescription médicale.
Une validation par la preuve clinique
Fruit de neuf années de recherche menées depuis 2017, Poppins a bâti son dossier sur des données cliniques. Un premier essai randomisé contrôlé en double aveugle contre placebo, conduit entre 2021 et 2023 et publié dans la revue Scientific Reports du groupe Nature, a montré une amélioration significative de la vitesse et de la précision de lecture. Une seconde étude, portant sur 306 patients sous la coordination du Pr Jean Xavier, a conclu que l’association de Poppins et d’une orthophonie bimensuelle améliorait davantage la fluidité de lecture qu’une orthophonie hebdomadaire seule après douze semaines. Pour le Pr David Cohen, qui a accompagné le projet, ces travaux offrent aux soignants un outil où le numérique prolonge le système de soins sans s’y substituer.

