Nous sommes sur le terrain les acteurs d’un courtage en mouvement

1
652
Heïdi Salazar, fondatrice du cabinet de courtage Dolce Vita, et de l’incubateur pour courtiers, partagera régulièrement sur L’assurance En Mouvement, son quotidien professionnel, ses convictions et parfois ses humeurs.

“Pour tous les courtiers « faiseurs » d’IARD et plus particulièrement des risques d’entreprise, la période de Septembre à Janvier est dense. A cette densité générée par les dernières dénonciations des risques à reprendre au 1er janvier, et de la validation des nouvelles affaires avec ou sans ajustements, vient s’ajouter toute la palanquée des réunions de rentrée, des lancements de produits, des actions commerciales impulsées par les compagnies, les réunions syndicales, les formations, les évolutions règlementaires, l’entrée de nouveaux collaborateurs…. Bref, dès septembre le monde du courtage est en ébullition.

Soudain, je prends de la hauteur et j’imagine les yeux émerveillés la digitalisation du courtage, Wahouuuu… une période qui serait allégée…. Rêve ou réalité…. Je ne sais pas… Doux songe inachevé certainement…

La plupart des cabinets de courtage sont équipés de CRM, venant ainsi digitaliser la gestion administrative, commerciale et comptable des cabinets. Toutefois à ma connaissance il n’y a pas encore les options « gestion annuelle des formations imposées par DDA », ni même de centralisation des documents légaux avec mise à jour automatique et envoi régulier aux partenaires et institutions. On imagine volontiers le site de l’ORIAS centraliser tous les documents légaux, et les partager avec les compagnies mandantes.

La signature électronique n’est pas généralisée chez toutes les compagnies, alors certains cabinets ont fait le choix couteux de s’équiper par eux même, d’autres pas… probablement par manque de moyens, de temps ou peut-être un peu des deux.

En septembre se sont tenues les journées du courtage à Paris, à cette occasion j’ai eu le plaisir d’échanger avec de jeunes courtiers fraichement installés, j’ai pris un plaisir fou à les écouter et m’exposer leur projet de courtier, leur vision du métier… A ma grande surprise pas un mot sur la digitalisation, ni même sur les « Tech » à mettre à profit de la profession… Rien, Rien du tout ! Les principales motivations de ces jeunes sont la relation client et distribuer l’assurance autrement avec écoute et accompagnement !

Sans le savoir ces jeunes s’inscrivent parfaitement dans l’ADN du courtier : l’écoute, l’accompagnement, la distribution…. Mais difficile pour moi d’admettre le manque de propos et de vision digitale pour des cabinets créés en 2021.

Au moment où la charge règlementaire va augmenter avec l’entrée en vigueur de la loi sur l’autorégulation en avril 2022, la digitalisation de la gestion des documents légaux avec un accompagnement des courtiers seraient les bienvenus.

L’autorégulation justement, nous pouvons y réfléchir, pas sur le texte bien évidement, car il a été voté et adopté, mais sur la finalité de cette loi… Tous les courtiers ne peuvent qu’adhérer à un processus venant valoriser leurs compétences, leur savoir. L’objectif de cette loi est de mieux encadrer la distribution de produits d’assurances par des courtiers…. Est-il sous-entendu que les courtiers sont des « escrocs » ? J’espère que non, toutefois seuls les courtiers sont destinataires de cette loi, pas les agents, pas les autres distributeurs….

Nous, courtiers d’assurance, nous avons envie de clamer INJUSTICE, car nous ne comprenons pas :     –

  • Pourquoi un expert-comptable aura très prochainement la possibilité de chiffrer et de souscrire de la prévoyance pour les TNS et in-fine de percevoir des commissions,
  • Pourquoi un concessionnaire automobile est autorisé à vendre un contrat d’assurance,
  • Pourquoi une célèbre chaine de résidences pour Séniors fait signer à l’insu des résidents dès leur arrivée, des résiliations et des contrats d’assurance sous couvert d’un partenariat avec un intermédiaire d’assurance qui n’a jamais vu, ni échangé avec le client âgé de surcroit.

Nous ne comprenons pas pourquoi les banques ont le droit d’exercer librement du « chantage » à leurs clients (qui sont aussi nos clients) exigeant ainsi à la souscription de contrats d’assurance.

Nous ne comprenons pas pourquoi les LPS peuvent toujours exister pour mieux disparaitre demain.

La règlementation oui, la valorisation oui, mais l’injustice réelle ou ressentie NON.

Les courtiers d’assurance qu’ils soient digitaux ou non, sont d’excellents professionnels. De mon point de vue, le courtage est le réseau de distribution d’assurance le plus technique, le plus complet, le plus polyvalent et le moins couteux qui existe sur le marché.

Alors en cette rentrée chargé, chères consœurs, chers confrères soyons fiers de ce que nous sommes, du travail titanesque que nous accomplissons chaque jour et unissons nos forces pour simplifier la gestion de nos entreprises et accélérer la croissance de nos cabinets en ayant pour objectif de rester indépendant le plus longtemps possible.

Unissons-nous pour créer ou faire développer les solutions digitales nécessaires à notre avenir, rassemblons-nous autour de projets factuels venant faciliter notre quotidien, nous sommes des forces vives, nous sommes sur le terrain les acteurs d’un courtage en mouvement.”

Heïdi Salazar Fondatrice de DOLCE VITA Groupe et de l’incubateur à courtier DOLCE VITA Incubateur. Contributrice experte L’assurance En Mouvement

1 COMMENT

  1. Que du vrai ! Que du bon ! Un petit manque tout de meme : les syndics immatriculés à l’orias ! Comment est il possible qu’un intermédiaire agent ou courtier puisse reverser une partie (importante, trop importante) de sa commission à un gestionnaire d’immeubles qui ne fait que fournir le contrat et qui va refacturer cette commission aux copropriétaires ignorants de cette pratique plus que discutable aux regards de leurs intérêts de consommateurs…

Laissez un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here