MACSF : la formation aux enjeux RSE comme levier d’action

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La sensibilisation à grande échelle est un des facteurs clés de succès d’une démarche RSE impactante, permettant à l’ensemble des collaborateurs, quels que soient leur niveau hiérarchique et leur fonction, d’avoir des repères communs au regard des grands enjeux de notre siècle.

Assurance for Good a souhaité rencontrer Emmanuel Renoux, Directeur RSE du Groupe MACSF, qui a sensibilisé l’ensemble des collaborateurs aux enjeux de la RSE grâce à une conférence maison déployée à l’échelle du Groupe. Entretien.

Pour commencer pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ?

J’ai un parcours de près d’une vingtaine d’années en banque et assurance, ce qui m’a permis de connaitre différents environnements et de travailler sur des missions diverses : j’ai commencé à la stratégie et au marketing au sein de Société Générale, j’ai participé à la création de nouvelles activités, d’offres, de canaux de distribution et de développement commercial de manière générale, pour le groupe Crédit Mutuel Nord Europe, SMA et MACSF Je travaille à la Direction RSE de la MACSF depuis un an. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que la RSE me permet de faire le lien avec les environnements et les activités que j’ai connus jusqu’à présent. C’est ce qui, je le souhaite, permettra d’être pertinent dans les propositions pour notre démarche RSE.

Vous avez choisi de former l’ensemble de vos collaborateurs avec votre propre format de conférence intitulée « Conférence aux enjeux RSE : comprendre pour agir ». Quel a été l’élément déclencheur de ce projet ?

Plusieurs éléments sont à l’origine de ce projet qui ont conduit à des choix sur le fond et la forme.

Tout d’abord, nous sommes convaincus que pour agir, il faut comprendre, et que pour comprendre, il est nécessaire de prendre conscience. L’objectif était de chercher un cheminement intellectuel et émotionnel par rapport à ces enjeux auprès de l’ensemble de nos collaborateurs.

Ensuite, nous avions comme objectif de présenter les principaux défis auxquels nous faisons face, du moins ceux qui étaient prégnants pour notre modèle d’employeur, d’assureur et d’investisseur.

Le climat est un défi clé, nourri scientifiquement et médiatiquement, mais malheureusement, ce n’est pas le seul. Nous souhaitions faire passer le message que notre problématique est plurielle, et que nombre d’enjeux alimentent le sujet : le vieillissement, la démographie, le choc des valeurs, la transformation numérique, la digitalisation de la société, la cyber sécurité… ce sont des défis qui viennent percuter notre modèle économique et relationnel au moins aussi fortement que le climat. Ce qui était intéressant c’était de donner un effet miroir entre notre propre activité et celle de nos sociétaires que l’on sert. Eux aussi, sont confrontés à ces défis, dans l’exercice et l’adaptation de leurs métiers.

Enfin, nous souhaitions nous appuyer sur notre cadre de travail MACSF : il était important d’avoir notre vision, exprimer nos marges de manœuvre qui sont spécifiques, qui plus est sur ce vaste sujet de la RSE.

C’est donc au regard de ce triple objectif que nous avons choisi de créer notre propre format de conférences.

Comment avez-vous conçu le contenu ? Sur qui vous êtes-vous appuyé en interne ?

La conception de ces conférences s’est faite dans le même temps que ma prise de fonction à la Direction RSE. Dans ce contexte, la prise de connaissance et l’acquisition de savoirs a été importante. L’idée était de restituer à l’ensemble des collaborateurs ces informations, et de les agréger avec ce qui existait en interne, des actions qui avaient été déployées, afin de dégager un cadre pour l’ensemble des collaborateurs

Concrètement, quelle forme ce projet a-t-il pris ?

Cela a été construit sous un format hybride entre échange, discussion et formation. L’objectif était de rencontrer 100% de nos collaborateurs (y compris le top management), quels que soient leur métier ou leur direction, afin de créer des repères communs, et de faciliter la détermination d’actions, leur déclinaison, mais aussi, in fine, l’acceptation.

De plus, ce format nous a permis de réaliser ces conférences dans un temps d’exécution relativement court. C’est selon nous un élément fondamental : nous parlons d’une matière qui évolue très vite, le risque d’un temps d’exécution long est de donner différents éléments de langages à des groupes qui auraient été sensibilisés à plusieurs mois d’intervalle par exemple.

L’idée était d’aller à la rencontre des collaborateurs, le plus possible en présentiel lorsque la crise sanitaire nous le permettait. En quelques mois nous avons déployé un peu plus de 50 sessions auxquelles les 1 650 collaborateurs du Groupe ont participé, et nous continuons chaque trimestre auprès des nouveaux entrants !

Pour moi c’était l’occasion d’échanger avec toutes et tous, en me confrontant aux perceptions et aux interrogations. Évidemment, c’était aussi l’occasion de convaincre !

Quel est le plus grand défi que vous avez rencontré lors de ces échanges ? Comment cela a été reçu par les collaborateurs ?

Ce que j’ai ressenti, est déjà un facteur émotionnel très fort. Nous avons beau avoir l’impression de connaître, de savoir, lorsqu’on est confronté à la pluralité des défis, cela peut être un choc. Au-delà des impacts individuels, en tant que compagnie d’assurance, ces défis viennent affecter directement notre activité, et on réalise que notre modèle économique peut être en jeu. En effet, un monde à +3 ou +4 degrés remet en question les deux piliers de l’assurance, à savoir l’aléa et la mutualisation.

Nous avons une responsabilité générationnelle face à tous ces impacts. En effet, non seulement nous avons la parfaite connaissance scientifique de ce qu’il se passe, et aussi nous allons devoir assumer nos décisions prises aujourd’hui avec le temps de voir leurs impacts. C’est un facteur émotionnel qu’il faut accompagner dans le discours pour ne pas rester sur l’aspect négatif. Cette émotion doit être la première étape, une étape nécessaire vers l’action, notamment dans le cadre d’une entreprise.

Il y a également une difficulté qui réside dans le fait qu’en tant que mutuelle, nous sommes questionnés sur l’efficacité ou l’importance de nos leviers d’actions, par rapport par exemple à ceux d’une entreprise industrielle ou encore par rapport à la puissance d’action d’un état. Ici, le discours était de mettre en avant les leviers dont dispose une compagnie d’assurance, notamment en matière d’investissements ou d’assurance par des exemples concrets. Également, en réaffirmant notre position singulière comme un acteur du monde de la santé et notre volonté de soutenir notre écosystème et de répondre aux enjeux autant environnementaux que sociaux liés.

La fin de la conférence était-elle réservée à une partie « passage à l’action » ?

Tout à fait, nous avons une forte volonté d’agir sur deux piliers : lutter contre le dérèglement climatique et participer à l’amélioration de la santé, et pour chacun d’eux, l’idée était de se dire que nous avions la chance d’avoir déjà mis en place de nombreuses actions que nous souhaitons encore approfondir. Par exemple, nous avons déjà des politiques d’exclusions ou d’inclusions très fortes en termes d’investissement.

Nous avons déjà déployé de nombreuses initiatives auprès du monde de la santé que ce soit pour les établissements hospitaliers ou le monde libéral ou encore le soutien à des acteurs de la santé numérique. La question est désormais de capitaliser sur ces mesures et d’engager une énergie encore plus forte.

Quels sont les enseignements que vous retenez de ces formations ?

Le bilan est très positif, cela nous a permis notamment d’identifier des relais. Beaucoup de collaborateurs sont venus me voir pour me dire qu’ils avaient envie d’avancer sur le sujet.  La conjonction de facteurs climatiques de l’été 2022 ont permis une accélération de la prise de conscience. C’est une source de motivation claire et nette, notamment chez les plus jeunes. Cela nous met une forme de pression car il faudra être à la hauteur du discours de sensibilisation, et être cohérent entre le dire et le faire.

Maintenant que cette phase d’acculturation, de sensibilisation est faite et qu’une dynamique est mise en marche : quelles sont les prochaines étapes ?

Il faut désormais réussir à transformer cette prise de conscience dans le quotidien, en descendant au niveau du plan d’action opérationnel. Nous avons déjà un plan d’action dense pour 2023. Il faudra également poursuivre l’acculturation et approfondir les thématiques pour éviter que la dynamique ne s’essouffle. Nos deux piliers, lutter contre le dérèglement climatique et participer à l’amélioration de la santé vont également nous permettre de revenir sur le sens et c’est par ce biais que nous allons pouvoir continuer cette acculturation pour diffuser au quotidien dans tous les métiers la volonté de mettre en place des actions.

Interview réalisée par Valérie Loizillon

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