Métavers : des opportunités, mais aussi des questions éthiques

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Apparu récemment, le terme métavers est déjà partout. Contraction de méta et univers, le métavers est un univers parallèle accessible grâce à des lunettes de réalité augmentée ou virtuelle.

Conscientes des opportunités incroyables qu’il génère, les entreprises s’y positionnent. Mais le métavers pose déjà des questions éthiques, notamment au niveau de la vie privée.

DXC Technology, société de service américaine, a identifié 5 façons dont le métavers va impacter la vie quotidienne et le monde de l’entreprise dans les cinq prochaines années. La révolution a déjà commencé au niveau du travail en équipe.

Partout dans le monde, le métavers fera partie de la journée de travail de millions d’employés. Au lieu de regarder une grille de visages en deux dimensions sur un écran de vidéoconférence, les employés pourront choisir leur place à une table virtuelle, sortir de la pièce pour faire une pause, et même faire une promenade virtuelle avec leur manager.

Pour maximiser ces avantages, de nombreuses entreprises associent déjà la vidéoconférence traditionnelle aux technologies de collaboration immersive. DXC a remarqué l’impact positif de son propre monde virtuel privé, avec des niveaux accrus de productivité, d’engagement et de créativité parmi ses employés. « Les expériences du métavers aident les employés à mieux se concentrer et à retenir davantage d’informations. Les mondes virtuels peuvent nous aider à sortir de notre routine de vidéoconférence et ouvrir la porte à une collaboration et une innovation accrues », déclare Nathalie Vancluysen, responsable de la réalité étendue chez DXC Technology.

Des collaborations d’ampleur à l’échelle mondiale

Le métavers va aussi transformer durablement les événements professionnels de grande ampleur, qui vont devenir virtuels. Le métavers est un lieu où des milliers d’avatars, venus du monde entier, peuvent se réunir pour interagir et se rencontrer.

Contrôlés par des personnes à distance, les avatars 3D personnalisés peuvent se déplacer librement dans un espace presque infini et se téléporter d’un endroit à l’autre instantanément.

À l’avenir, un plus grand nombre d’événements de grande envergure, tels que des conférences, des expositions et des sommets, se dérouleront dans des mondes virtuels, offrant ainsi de plus grandes possibilités de collaboration à l’échelle mondiale et réduisant le temps, les ressources et l’empreinte carbone liés aux déplacements.

Les univers de la musique, du sport et du dating vont faire leur transition dans le métavers.
De plus en plus d’individus et d’organisations du secteur de la musique et du sport encouragent les fans à les rejoindre depuis des sièges virtuels dans des lieux virtuels, apportant l’excitation des concerts et des matchs, à domicile.

En outre, certaines applications de rencontre comme Nevermet et Flirtual offrent déjà des services dans le métavers. Au cours des cinq prochaines années, les consommateurs se verront offrir davantage de possibilités interactives et immersives pour faire les choses qu’ils aiment faire dans le monde physique – le tout via leur avatar numérique.

De nouveaux terrains d’expression pour les marques

Les marques vont trouver de nouveaux territoires d’expression dans le métavers.
Les expériences virtuelles pour les clients vont devenir monnaie courante, les marques cherchant des moyens nouveaux et passionnants d’entrer en contact avec leurs consommateurs.

De grandes marques comme Louis Vuitton, Adidas, Gucci, Coca-Cola et Nike, ainsi que des constructeurs automobiles comme Nissan, Toyota et Ferrari, expérimentent déjà les environnements virtuels et la réalité augmentée.

Au cours des cinq prochaines années, DXC s’attend à ce que de plus en plus de marques offrent à leurs clients la possibilité d’explorer leurs univers, solutions et services en 3D, des hôtels aux villes, en passant par les aéroports.

Un outil pour le recrutement et l’inclusion

Le recrutement et l’intégration des nouveaux employés vont également se métamorphoser.
Le recrutement de talents fait partie intégrante du succès de toute entreprise, et entrer en contact avec eux est la première étape de ce processus.

Au cours des cinq prochaines années, les entreprises se tourneront de plus en plus vers le métavers pour entrer en contact avec les candidats. Le métavers peut également être bénéfique pour l’inclusion. L’organisation de premiers entretiens dans le métavers peut aider les recruteurs à identifier les candidats ayant le bon profil comportemental plutôt que de se contenter de ceux qui ont les bonnes références dans leur CV.

« Les particuliers et les entreprises doivent ouvrir leur esprit à la possibilité d’utiliser de plus en plus le métavers dans les activités quotidiennes », résume Nathalie Vancluysen. « Beaucoup des jeunes adultes d’aujourd’hui ont grandi en sociabilisant et en jouant en ligne, donc les entreprises, les organisations gouvernementales et les marques doivent être capables de les engager avec des produits et des services qui leur semblent familiers et intéressants. »

Le monde de l’assurance s’intéresse particulièrement au métavers qui devrait révolutionner les métiers. Il est déjà un vecteur de développement des marques.  Les assureurs innovent pour mettre en place des expériences immersives pour leurs clients et leurs employés. De nouveaux usages autour de la présentation des produits d’assurance et de leur souscription commencent à faire leur chemin dans le métavers.

Demain, les perspectives autour de la cyberassurance ou de jumeaux numériques pourraient constituer de nouvelles opportunités de développement pour le secteur.

Malgré cet engouement de nombreux défis notamment juridiques et technologiques seront à relever par les assureurs s’ils veulent pleinement opérer dans le métavers.

CGI et Finance Innovation ont dédié une table ronde à ce sujet, permettant aux experts de partager leurs points de vue sur les enjeux du métavers.

Le métavers sait tout ce que vous faites

D’ici cinq ans, il sera particulièrement difficile de se tenir à l’écart du métavers, qui envahira notre vie quotidienne. Cependant, le métavers va accentuer la connaissance des goûts, des opinions, des usagers.

Les réseaux sociaux permettent déjà aux plateformes d’effectuer un suivi et un profilage des utilisateurs, afin de les cibler avec des publicités. Elles sont ainsi capables de savoir ce que vous y faites et ces informations lui permettent de vous proposer des annonces ou des contenus susceptibles de vous intéresser. Tel est le cas de Meta, qui devrait être mis à l’amende par l’Union européenne pour ses pratiques.

Or, cette même entreprise est la référence quand on parle de métavers. La compagnie de Mark Zuckerberg a d’ailleurs racheté, le 30 décembre 2022, le groupe belgo-néerlandais Luxexcel, spécialisé dans les lunettes intelligentes.

Et, si les pratiques du groupe californien et d’autres réseaux sociaux représentent déjà une menace pour la vie privée et les données personnelles, cela pourrait être pire dans ces mondes virtuels, selon Louis Rosenberg, chercheur spécialisé dans les réalités augmentée (AR) et virtuelle (VR). « Nous parlons d’une technologie qui pourrait comprendre tout ce que vous faites, comprendre exactement ce que vous ressentez en le faisant et ensuite potentiellement modifier votre réalité au nom d’un sponsor payant », a-t-il souligné lors d’une conférence à l’occasion de la Metaverse Safety Week, un événement annuel organisé par la XRSI Safety Initiative afin d’explorer les problèmes et aider à sécuriser le métavers.

Dans le détail, il craint que les plateformes de métavers soient capables de surveiller l’ensemble de la vie des utilisateurs : ce qu’ils font, où ils vont, les personnes avec qui ils sont, mais aussi leurs expressions faciales ou encore les inflexions de leur voix, à l’aide des équipements utilisés pour se rendre dans ces mondes virtuels, dont les casques de VR.

Ces craintes ne sont pas infondées. Lors de sa conférence annuelle Connect, en octobre dernier, Meta a dévoilé le Meta Quest Pro, un nouveau casque qui dispose notamment d’un système de suivi des yeux et du visage grâce auquel les avatars dans le métavers peuvent répliquer les expressions faciales des utilisateurs.

Selon Louis Rosenberg, ces plateformes sont susceptibles d’utiliser ces informations afin de créer des profils de comportement et des profils émotionnels, soit prédire ce que les gens feront et ressentiront. Ceux-ci seraient ensuite exploités pour faire du ciblage publicitaire et, contrairement aux réseaux sociaux, ce ne seront pas de simples annonces ou vidéos, mais « des expériences immersives qui changent le monde qui vous entoure à des fins promotionnelles ». C’est pour ces raisons que le chercheur appelle à réguler les plateformes du métavers dès maintenant.

Pour en savoir + sur le métavers, consultez notre dossier très récent : partie 1, partie 2, partie 3, partie 4.

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