Dans le panorama inédit qu’il publie ce mois-ci sur dix ans de sinistralité, Relyens met en lumière un paradoxe implacable : l’incendie, sinistre le plus rare dans les établissements de soins, est aussi de loin le plus coûteux.
Un déséquilibre qui interroge directement la stratégie de prévention et de souscription des acteurs de l’assurance santé.
Chiffres clés :
- 4 % seulement des sinistres bâtimentaires sont des incendies. Ils concentrent à eux seuls 64 % du coût bâtimentaire total sur la décennie
- 30 000 sinistres bâtimentaires et climatiques analysés sur près de 10 ans (2016-2025)
- 180 M€ de dommages cumulés sur l’ensemble du panorama
Le panorama publié par Relyens le 9 juillet 2026, premier état des lieux national de cette ampleur sur la sinistralité dommages aux biens des établissements de soins, révèle un déséquilibre frappant entre fréquence et gravité des sinistres bâtimentaires.
L’incendie ne représente que 4 % du volume total des sinistres recensés sur la période 2016-2025, loin derrière les dégâts des eaux, les bris de glace ou les infiltrations. Mais ce même incendie concentre à lui seul 64 % du coût bâtimentaire cumulé sur la décennie, un rapport fréquence/gravité qui en fait, de très loin, le risque le plus critique du portefeuille étudié par le groupe mutualiste.
La raison de cette gravité disproportionnée tient à la nature même de l’événement : un incendie dans un établissement de soins peut fermer un service entier pendant plusieurs semaines, avec des conséquences directes sur la continuité des soins et la sécurité des patients.
Relyens souligne que, dans la quasi-totalité des cas documentés, l’origine du sinistre est humaine : un patient fumeur en chambre, un défaut électrique sur un appareil mobile, des travaux par point chaud insuffisamment sécurisés. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un aléa imprévisible mais, très majoritairement, d’un risque comportemental et organisationnel identifiable, et donc, en théorie, réductible.
Cette lecture rejoint le message porté par François Renoul, responsable ingénierie risques bâtimentaires chez Relyens, qui insiste sur le fait que la vision consolidée de dix années de sinistralité permet de repérer des constantes : défauts de maintenance, comportements à risque, vulnérabilités structurelles, invisibles à l’échelle d’un seul établissement. Un établissement sans historique de sinistre grave n’est donc pas nécessairement mieux protégé si son profil de risque reste identique à celui de ses voisins.
Pour les assureurs et courtiers positionnés sur le risque santé, ce constat plaide pour un renforcement ciblé des exigences de prévention en amont de la souscription : contrôle des installations électriques, encadrement strict des travaux par point chaud, et politiques internes sur le tabagisme en chambre.
Sur un risque aussi concentré en gravité, l’écart entre un établissement qui investit dans la prévention comportementale et un établissement qui ne le fait pas peut se traduire, à l’échelle d’un seul sinistre, par plusieurs semaines de fermeture de service et un impact financier disproportionné au regard de sa probabilité d’occurrence.

