Une ascension solidaire pour la santé intégrative

 

Du 16 au 26 juillet, Christophe HautbourgDirecteur général de Planète CSCA, et Fatima TricoireAmbassadrice de l’Institut Rafaël, défient les 5895 mètres du Kilimandjaro. Cette ascension n’est pas un challenge sportif comme les autres, c’est une marche solidaire au profit de l’Institut Rafaël Santé Intégrative, premier centre européen de santé intégrative, qui accompagne gratuitement des personnes touchées par le cancer, les maladies chroniques et leurs proches.

Comment est né ce projet d’ascension solidaire, et pourquoi avoir choisi un défi de cette ampleur pour porter votre message ?

Fatima Tricoire : Ce projet est né de mon histoire. Il y a quelques années, on m’a diagnostiqué une maladie auto-immune qui s’est accompagnée d’une paralysie partielle. Ce diagnostic a bouleversé ma vie, mes projets et mes certitudes. Aujourd’hui, je vis avec une maladie chronique et j’en porte encore les séquelles. Mais je refuse que cette maladie définisse qui je suis. Elle fait partie de mon parcours, pas de mon identité.

Le choix du Kilimandjaro s’est imposé naturellement. Gravir le plus haut sommet d’Afrique représente un défi exigeant qui demande de la préparation, de la persévérance et beaucoup d’humilité. À mes yeux, il symbolise le parcours de toutes les personnes confrontées à une maladie grave ou chronique : chaque étape est un combat, chaque difficulté demande du courage et chaque pas en avant est une victoire.

Cette ascension est donc bien plus qu’un défi sportif. C’est un message d’espoir, de résilience et de prévention. Elle porte l’idée que, même lorsque la maladie s’invite dans une vie, il est possible de continuer à avancer, de se reconstruire et de se dépasser.

Christophe Hautbourg : Fatima me parle depuis plusieurs années de ce rêve de gravir le Kilimandjaro. Lorsqu’elle a évoqué ces derniers mois son souhait d’ajouter une dimension solidaire à son projet, je venais de perdre mon papa d’un cancer et cette perspective a particulièrement raisonné en moi.

J’ai alors décidé de l’accompagner dans cette aventure et de donner un sens à cette ascension, au-delà du dépassement de soi et du défi physique.

Pourquoi avoir choisi de soutenir l’Institut Rafaël en particulier ?

Nous avons choisi de soutenir l’Institut Rafaël parce que nous savons ce que signifie vivre avec une maladie grave. Derrière chaque diagnostic, il y a une personne, une famille, des proches et des projets de vie bouleversés.

Ce qui nous a convaincus, c’est sa vision profondément humaine : ne pas soigner uniquement une pathologie, mais accompagner chaque personne dans toutes les dimensions de sa vie. Cette philosophie fait écho à nos propres parcours et à notre conviction que la qualité de vie est aussi essentielle que les traitements.

Qu’est-ce que la santé intégrative apporte de différent aux patients et à leurs proches ?

La santé intégrative associe l’excellence de la médecine conventionnelle à des approches complémentaires validées scientifiquement, afin d’améliorer la qualité de vie et le bien-être des patients et de leurs proches : activité physique adaptée, nutrition, soutien psychologique, retour à l’emploi.

Elle répond aux conséquences multiples de la maladie chronique, qui sont autant physiques que psychologiques, sociales, familiales ou professionnelles. En plaçant la personne au cœur de son parcours de soins, elle permet aux patients de mieux vivre avec la maladie, de retrouver de l’autonomie, de la confiance et une meilleure qualité de vie. Elle apporte également un soutien précieux aux proches et aux aidants, eux aussi profondément impactés par la maladie.

C’est cette vision qui nous a donné envie de soutenir l’Institut Rafaël : faire connaître son action, sensibiliser les acteurs de la santé et contribuer à développer un modèle de soins plus humain, plus global et plus durable.

Concrètement, à quoi servent les dons collectés, et que permettent-ils à l’Institut de faire ?

Les dons permettent avant tout de financer gratuitement des parcours de soins intégratifs pour les patients et leurs proches.

Ils financent des accompagnements complémentaires à la médecine conventionnelle : soutien psychologique, activité physique adaptée, accompagnement nutritionnel, gestion du stress, accompagnement social ou encore aide au retour à la vie professionnelle.

Ils permettent également à l’Institut de poursuivre ses missions de recherche, de former les professionnels de santé et de faire progresser la santé intégrative afin qu’elle bénéficie à un nombre toujours plus important de patients.

Faire un don, c’est permettre à des femmes et des hommes de mieux vivre avec la maladie, de préserver leur qualité de vie et de retrouver de l’espoir. C’est aussi défendre une vision de la santé qui place la personne au cœur de son parcours de soins.

Christophe, vous êtes un dirigeant reconnu dans l’assurance et vous appelez à réinventer notre système de santé. Quel rôle le secteur assurantiel a-t-il à jouer dans cette bascule vers plus de prévention et d’accompagnement ?

Près de 260 milliards d’euros sont nécessaires chaque année pour financer notre système de soins. Son équilibre est aujourd’hui fragilisé par une trajectoire budgétaire intenable. Le déficit de la Sécurité sociale a dépas les 23 milliards d’euros en 2025, un niveau qui impose une réflexion urgente sur notre système de santé qui doit se réinventer, innover, se moderniser et s’adapter aux nouveaux risques tout en prenant en compte les besoins et les attentes des patients et des aidants !

Les défis de santé publique exigent une approche globale. Plus de la moitié des dépenses de santé sont liées à des maladies chroniques, sur lesquelles la prévention a des effets reconnus. Il est estimé que 40% des cancers et 80% des maladies cardio-vasculaires sont évitables. Pourtant, près d’un Français sur trois renonce encore aujourd’hui à la prévention et à certains soins.

Il convient ainsi d’augmenter nos investissements dans la prévention qui ne représentent aujourd’hui qu’environ 3 % de notre effort collectif : la prévention ne peut plus être considérée uniquement comme une dépense car à dix ans, chaque euro investi en rapportera entre 2 et 4 ! la prévention n’est pas un coût, c’est notre meilleure assurance !

Les entreprises, leurs courtiers et les assureurs doivent s’engager davantage aux côtés de la Sécurité sociale pour bâtir un modèle de solidarité active, préventive et durable : travailler ensemble à la prévention et faire évoluer notre modèle de médecine centrée sur la maladie vers une médecine intégrative centrée sur l’individu qui place le patient au cœur de l’accompagnement permettra d’améliorer l’état de santé de la population, tout en modérant le nombre et la durée des arrêts de travail.

Dans cette perspective, la prévention ne sera pas un coût, mais notre meilleure assurance !

Fatima, vous rappelez que la maladie chronique est aussi un enjeu pour les entreprises, entre absentéisme, maintien dans l’emploi et retour après un arrêt. Qu’attendez-vous des assureurs et des employeurs sur ce sujet ?

Les maladies chroniques représentent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, mais aussi un enjeu économique et social. Elles concernent plus de 20 millions de Français, dont près de 15 % de la population active. Leur impact dépasse largement le cadre médical : elles influencent l’organisation du travail, le maintien dans l’emploi, l’absentéisme et les conditions du retour après un arrêt.

Le montant des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie a progressé de 27,9 % entre 2019 et 2023. Cette hausse durable des arrêts de travail de longue durée est un double problème : c’est un coût pour la collectivité et un frein à la productivité et à la compétitivité de nos entreprises, notamment les PME.

J’attends des employeurs et des assureurs qu’ils considèrent la santé non plus uniquement comme un risque à couvrir, mais comme un investissement humain. Cela suppose de renforcer la prévention, de développer des dispositifs d’accompagnement plus globaux et de mieux prendre en compte les fragilités des collaborateurs tout au long de leur parcours professionnel.

La santé intégrative ouvre une voie particulièrement pertinente : elle permet de mieux prévenir, de mieux accompagner et de favoriser un retour durable à l’emploi. Je suis convaincue que prendre soin des personnes contribue aussi à construire des entreprises plus performantes, plus inclusives et plus résilientes.

À nos lecteurs, professionnels de l’assurance, que diriez-vous pour les convaincre de soutenir cette marche ? Où et jusqu’à quand peuvent-ils le faire ?

Cette ascension est avant tout une aventure humaine et collective.

En soutenant cette marche solidaire, vous pouvez participer concrètement au développement d’un modèle de santé qui remet l’humain au centre des soins et permettre à davantage de patients et de proches aidants d’accéder gratuitement aux accompagnements proposés par l’Institut Rafaël, quels que soient leurs moyens.

Pour les professionnels de l’assurance, c’est aussi une manière de traduire en actes leur engagement en faveur de la prévention, de l’innovation en santé et de l’accompagnement des personnes les plus fragilisées.

Chaque don compte. Derrière cette ascension, il y a des milliers de parcours de vie qui méritent d’être accompagnés avec dignité et humanité.

Les dons sont ouverts dès à présent et peuvent être réalisés jusqu’à fin octobre 2026 via la plateforme dédiée de la campagne : https://www.helloasso.com/associations/institut-rafael/formulaires/48

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