Guerres, sabotages, cyberattaques et mouvements sociaux pèsent de plus en plus sur les entreprises. Allianz Commercial identifie les tendances qui pourraient marquer le paysage des risques en 2026.
Dans le Baromètre des risques d’Allianz 2026, les guerres et conflits armés dépassent les troubles à l’ordre public parmi les préoccupations liées à la violence politique. Le rapport souligne que ces conflits perturbent les routes commerciales, fragilisent les alliances internationales et exposent davantage les actifs des entreprises. Les secteurs du pétrole, du gaz et des transports sont particulièrement concernés au Moyen-Orient où les sinistres liés à la guerre entre les États-Unis et l’Iran pourraient dépasser ceux observés en Ukraine.
Au-delà des conflits ouverts, Allianz insiste sur la progression des opérations dites de « zone grise ». Sabotages, cyberattaques, campagnes de désinformation et atteintes aux infrastructures essentielles brouillent la frontière entre paix et guerre. L’Europe aurait enregistré 145 actes de sabotage depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie jusqu’à fin 2025. Les cyberattaques attribuées à la Russie auraient, elles, progressé de 25 % sur l’année achevée en juin 2025.
Les troubles à l’ordre public restent toutefois également élevés. Allianz Research a recensé environ 250 grèves, émeutes et mouvements populaires de grande ampleur au cours des cinq dernières années. Les tensions économiques, la baisse du pouvoir d’achat, les revendications politiques et la justice sociale figurent parmi les principaux déclencheurs. Par ailleurs, les réseaux sociaux jouent un rôle ambivalent, en facilitant la mobilisation tout en favorisant la désinformation et la polarisation.
Le rapport relève aussi que ces troubles ne concernent plus seulement les États fragiles. Des pays à revenu élevé, comme la France, l’Allemagne ou les États-Unis, ont connu des mouvements importants. Pour les entreprises, cela signifie que le risque doit être intégré à l’organisation des chaînes d’approvisionnement dans l’ensemble des zones d’implantation.
Enfin, le terrorisme présente une évolution contrastée. Les décès ont reculé au niveau mondial en 2025, mais les attentats ont augmenté en Occident, dans un contexte de polarisation et de radicalisation en ligne. Les enfants et adolescents auraient été impliqués dans 42 % des enquêtes liées au terrorisme en Europe et en Amérique du Nord en 2025.
Pour les entreprises interrogées, les principales conséquences redoutées sont l’interruption d’activité, citée à 72 %, la carence de fournisseurs ou les perturbations de chaîne d’approvisionnement, également à 72 %, puis les dommages matériels à 43 % et les évolutions d’autorisations ou de réglementation à 34 %. Dans ce contexte, Allianz anticipe que la gestion du risque, l’assurance et la diversification des fournisseurs devraient prendre une place accrue dans les stratégies de résilience.

