Les wearables pour l’assurance santé, aucun intérêt !

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Les wearables, ce sont ces vêtements ou ces accessoires qui se connectent à un appareil, smartphone, ordinateur… Selon les fabricants, bracelets de suivi d’activité et autres montres connectées devraient nous aider à rester en bonne santé.

Mise à jour le 12/09/2022

Qu’en est-il vraiment ? Comment les assureurs, les mutuelles prennent-ils en compte ces nouvelles technologies ? Tour d’horizon technologique.

A l’échelle mondiale, il y avait 12,3 milliards d’objets connectés fin 2021, selon le cabinet d’études de marché américain IoT Analytics. Dans une récente enquête réalisée par l’IFOP, seulement 22 % des Français interrogés déclaraient posséder au moins un objet connecté : bracelet pour mesurer l’activité ou la condition physique (5 %), montre connectée (5 %),…

De même, selon une étude du cabinet Xerfi sur le marché des objets connectés, les montres et trackers d’activités ne représenteraient que 1 % des dépenses high-tech des Français, loin derrière les smartphones et autres tablettes.

Votre montre vous invite à boire plus d’eau et à marcher 10 000 pas par jour ; votre smartphone vous alerte sur votre niveau de stress : voici quelques fonctionnalités des wearables. Une technologie portable qui pourrait aider à faire de la prévention, à réduire les burnouts, les maladies psychiques, la sédentarité. Certains équipements vont plus loin.

Ainsi, l’entreprise Mensura, spécialisée dans la prévention, a développé, conjointement avec l’institut suédois Karlinska, un T-shirt « intelligent ». Des capteurs intégrés à ce dernier mesure l’inclinaison du dos des travailleurs qui se penchent en avant dans un environnement de production. Si une certaine limite de sécurité est franchie, le T-shirt le fait savoir en vibrant. Une telle solution pratique stimule la prise de conscience des mouvements ergonomiques chez les travailleurs.

Certaines compagnies de transport utilisent des logiciels pour mesurer le pouls de leurs chauffeurs et en déduire leur niveau de stress. Il convient cependant de veiller à la bonne utilisation des données et de s’assurer que le fait de porter un appareil connecté ne génère pas… un stress supplémentaire !

Des données utiles à la recherche

Depuis son lancement en 2007, la société américaine Fitbit connaît un succès grandissant dans la production d’objets connectés portatifs. Elle est devenue le leader mondial de la technologie wearable, devenant le leader mondial de la technologie. Une technologie qui peut aider la recherche en donnant accès aux chercheurs à des données telles que l’activité, la graisse corporelle et le poids, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire ou encore les journaux de sommeil.

Le King’s College London et le Health Drive Digital travaillent déjà sur des recherches utilisant des mesures assistées. Les technologies connectées permettent notamment aux entreprises de favoriser le bien-être de leurs collaborateurs, de leur dispenser des conseils de prévention et d’identifier ceux qui sont concernés par le stress. « Nous passons d’un service réactif, qui est mauvais pour la santé et les résultats commerciaux, à un service proactif et préventif… en améliorant la santé de la main-d’œuvre à travers le Royaume-Uni » commente le Dr Joe Pearson, médecin-chef du Dr Health Drive Digital.

Des diagnostics santé

Les solutions connectées permettent à chacun de réaliser des diagnostics complets. L’outil développé par Withings est également capable d’identifier certaines pathologies à l’instar d’un diabète de type 2. Il s’appuie sur des biomarqueurs pour ce faire. Il est en outre en mesure de détecter un problème au niveau du rythme cardiaque. Ce trouble se trouve être la cause d’un tiers des cas d’AVC. Il peut alerter sur d’autres maladies comme la fibrillation auriculaire. Une application connectée à l’appareil propose aux utilisateurs des programmes d’entraînement sur-mesure.

Chez la start-up Circular, la solution prend la forme d’une bague connectée à laquelle le fondateur attribue plusieurs avantages. En fait partie la possibilité de relever des données de santé même pendant le sommeil la nuit. Le contact direct avec la peau garantit par ailleurs l’exactitude de l’examen réalisé.

L’équipement aurait ainsi un taux de fiabilité 15 % plus élevé comparé à un bracelet connecté. Il fonctionne sur la base de 7 mesures biométriques analysant entre autres le rythme cardiaque et respiratoire. La bague peut repérer divers troubles comme une déficience cardiaque, une détresse respiratoire ou une diminution des défenses immunitaires. Plus de 140 données sont ensuite transmises au patient à partir des données recueillies. Elles sont accompagnées d’environ 2 000 recommandations, envoyées sur une application associée au dispositif.

Services pour l’innovation en termes d’assurance ?

D’après le Crédoc, le taux d’équipements pour des objets connectés de santé a augmenté de 23 % en France en 2021. À titre de comparaison, la croissance était de 11 % deux ans auparavant, en 2019.

Pour les assureurs et les mutuelles, les appareils connectés permettraient de promouvoir des modes de vie sains, de proposer des actions de prévention et de suivi pour les particuliers, et les collaborateurs dans les entreprises,… . La transformation des services proposée par le secteur de l’assurance devait suivre ce mouvement….

Pourtant, les acteurs du secteur de l’assurance qui valorisent, à juste titre, leur rôle dans les actions de prévention des risques, restent encore globalement plus que discrets sur l’utilisation et les services proposés par les wearables. Pourquoi ?

Presque tous les assureurs et les mutuelles santé « rêvent » de services qui permettent de se positionner sur un rôle qui va bien au-delà du simple preneur de risques, de l’indemnisation du « sinistres ». Cependant, force est de constater qu’aujourd’hui, à part quelques cas d’usages très spécifiques et isolés, les wearables sont sortis du périmètre serviciel proposés par les acteurs du secteur de l’assurance !

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