L’intelligence artificielle nous concerne tous

Processus d’imitation de l’intelligence humaine qui repose sur la création et l’application d’algorithmes exécutés dans un environnement informatique dynamique, l’intelligence artificielle vise à permettre à des ordinateurs de penser et d’agir comme des êtres humains. Elle a connu un essor inédit ces dix dernières années. Que l’on apprécie ou non la technologie, elle nous concerne tous aujourd’hui… et encore plus demain. Décryptage réalisé par AXA France avec Anne Bouverot, Docteur en Intelligence Artificielle et cofondatrice de la Fondation Abeona, qui vise à développer une intelligence artificielle responsable.

L’intelligence artificielle est partout : dans les chatbots de plus en plus performants, dans les assistants vocaux, sur les sites de shopping. Elle fait aujourd’hui partie de notre quotidien que l’on s’en rende compte ou non. L’intelligence artificielle, qui inquiète certains et en enthousiasme d’autres, génère des interrogations sur les enjeux technologiques, éthiques, sociétaux…

Un marché de 125 milliards de dollars en 2025

« En réalité, l’intelligence artificielle existe déjà depuis plusieurs décennies. Ce sont surtout ses applications qui explosent aujourd’hui. Aujourd’hui, 15 % des interactions avec les services clients à travers le monde sont gérées par des algorithmes, soit une augmentation de 400 % en quatre ans. En 2025, le marché de l’intelligence artificielle au sens large devrait dépasser 125 milliards de dollars » explique Anne Bouverot.

Ce qui différencie l’intelligence artificielle d’une technologie plus classique, c’est la capacité à apprendre. Au fil des années, la capacité à traiter de multiples données a considérablement augmenté. « Tous les testes figurant sur Internet, toutes les images mises sur les réseaux, constituent la base-même de l’intelligence artificielle » indique Anne Bouverot.

Si l’intelligence artificielle est parfois clairement identifiée, elle fonctionne parfois sans que les interlocuteurs ne s’en rendent compte. Elle permet ainsi de trier les spams, de générer des fils d’actualité qui intéressent le lecteur, de calculer le trajet le plus pertinent pour un avion.

Une acceptabilité qui augmente grâce à l’utilisation…

Plus l’intelligence artificielle s’insère dans le quotidien, plus son acceptabilité augmente. Selon une étude réalisée par le CRÉDOC en 2019, 60 % des Français avaient peur de l’intelligence artificielle et exprimaient donc des réticences face à son utilisation. L’Institut Montaigne, think tank indépendant et OpenClassrooms, leader de la formation en ligne, ont alors fondé, en partenariat avec la Fondation Abeona qui défend l’équité dans la science des données un cours en ligne, accessible à tous, pour ouvrir les portes de l’intelligence artificielle.

Une étude récente de l’IFOP montre que les Français, qui utilisent massivement l’intelligence artificielle pour prendre rendez-vous en ligne chez le médecin ou organiser des apéros zooms avec leurs amis, perçoivent plus positivement l’intelligence artificielle. Ils lui font notamment confiance pour favoriser le développement économique et lutter contre le réchauffement climatique.

… mais toujours des peurs et des réticences

Des peurs et des réticences perdurent cependant. La première est liée aux risques que génère l’automatisation sur l’emploi. Selon une étude d’Harvard réalisée il y a quelques années, 55 % non pas des emplois, mais bien des métiers, n’existeraient plus d’ici 2040. Mais au final, d’autres métiers vont se développer en parallèle comme les experts en cybersécurité, les datas scientists, les webmasters. La flexibilité et l’apprentissage continu deviendront indispensables. La population s’inquiète également de la sécurisation des données personnelles et du fait que ce soient désormais des machines qui guideront leurs choix. « La réglementation sur les données doit être faite de manière mesurée, proportionnelle, afin qu’elle ne devienne pas un frein au développement des entreprises » remarque Anne Bouverot.

Une Fondation pour une intelligence artificielle responsable

Anne Bouverot a participé à la création de la Fondation Abeona, du nom d’une déesse romaine, invoquée par ceux qui prennent un nouveau départ, afin de promouvoir la transition numérique de manière responsable et inclusive. « Les possibilités offertes par l’intelligence artificielle et les données sont nombreuses, mais les inégalités qui peuvent en découler nous inquiètent. Pour comprendre et agir, nous avons créé la Fondation Abeona. » La Fondation Abeona travaille avec des chercheurs, des spécialistes des données, des think tanks, des start-ups et des entreprises, en France et dans le monde entier, pour comprendre et atténuer les risques liés aux développements de l’IA et pour promouvoir des sociétés justes et équitables grâce à de nombreux projets.

⇒ Note Vovoxx : Notre planning rédactionnel 2022 prévoit de traiter sur nos nombreux supports de la thématique de l’intelligence artificielle pour le secteur de l’Assurance. Si intérêt nous contacter.

 

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