Testamento publie avec Deloitte un guide opérationnel inédit. Derrière les chiffres, une urgence réglementaire que le secteur ne peut plus différer…. Extraits.
Chiffres clés :
- 20 millions de clauses bénéficiaires obsolètes ou mal rédigées en France
- 5,4 milliards € d’actifs en déshérence identifiés
- 115 millions € de sanctions prononcées par l’ACPR depuis la loi Eckert
- 73 % des Français de plus de 50 ans n’ont jamais mis à jour leurs clauses bénéficiaires
C’est un angle mort colossal que Testamento, éditeur SaaS créé en 2013, met enfin sous les projecteurs. En partenariat avec Deloitte, la société publie un livre blanc qui documente une réalité longtemps minimisée : 20 millions de clauses bénéficiaires, dispositions qui désignent qui percevra le capital d’une assurance vie ou d’un contrat de prévoyance au décès du souscripteur, sont aujourd’hui obsolètes ou incorrectement rédigées sur le territoire français.
Derrière ce chiffre, une réalité financière lourde : 5,4 milliards d’euros d’actifs en déshérence et 115 millions d’euros de sanctions prononcées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) depuis l’entrée en vigueur de la loi Eckert. Des montants qui donnent le vertige — et qui ne représentent sans doute que la partie émergée de l’iceberg.
Un problème d’échelle, pas de volonté
Le secteur de l’assurance connaît le problème depuis longtemps. Ce qui a changé, c’est la pression. L’ACPR sanctionne désormais sans distinction de taille ni de statut : mutuelle régionale, bancassureur ou spécialiste de la prévoyance, tous sont exposés. Et les approches traditionnelles ont clairement montré leurs limites.
Pour 100 000 contrats, un traitement humaine représenteraient, selon les auteurs du guide, plus de dix ans de travail à temps plein et deux millions d’euros de coût direct avec un taux d’erreur résiduel de 5 à 10 %. Le problème n’est donc pas tant la volonté des assureurs qu’une question d’échelle industrielle. Traiter des millions de clauses hétérogènes, souvent manuscrites, noyées dans des systèmes d’information disparates, releverait jusqu’ici de l’impossible.
« La clause bénéficiaire est restée pendant des années un angle mort dans les systèmes d’information : noyée dans des millions de contrats, manuscrite, hétérogène, difficile à exploiter. » précise Virgile Delporte, co-fondateur et président de Testamento
Deep Vision : l’IA comme réponse industrielle
Pour répondre à cet enjeu, Testamento a développé Deep Vision, en partenariat avec Deloitte. La méthode repose sur quatre étapes : collecte des clauses brutes, analyse par intelligence artificielle, scoring de conformité, plan d’action qui permettrait d’auditer des centaines de milliers de clauses en quelques semaines, sans intégration IT lourde.
Le livre blanc publié ce mois-ci constitue un guide opérationnel de cette approche. Il couvre les obligations réglementaires telles que l’ACPR les contrôle aujourd’hui, propose un auto-diagnostic de maturité organisationnelle en huit questions, détaille la méthode étape par étape et montre comment transformer une contrainte réglementaire en levier de croissance.
Un ROI minimum de 200 %. Au-delà de la conformité, les projets menés avec les clients de Testamento, parmi lesquels Allianz, Aon, Generali, La Banque Postale et la MACIF, révèlent un effet secondaire structurant : les campagnes de mise à jour remettent en mouvement des portefeuilles dormants, révèlent des besoins non couverts et améliorent durablement la relation client. La contrainte réglementaire se mue en levier commercial.
« Demain, la qualité des clauses bénéficiaires ne sera plus un sujet technique relégué aux équipes conformité. Elle deviendra un indicateur de gouvernance au même titre que les ratios de solvabilité ou les taux de satisfaction client. L’innovation n’est plus une option mais bien un accélérateur de conformité et de performance. » évoque Anaïs Bréger, Associée Deloitte — Assurance & Services Financiers
Le débat s’ouvre le 9 juin à La Défense
Dans la foulée de cette publication, Deloitte et Testamento réuniront un cercle restreint d’acteurs de l’assurance le mardi 9 juin 2026, de 8h30 à 10h30, dans les locaux de Deloitte à La Défense. La rencontre, intitulée « Assurance et devoir de conseil : où placer le bon curseur entre conformité et expérience utilisateur ? », abordera les évolutions du devoir de conseil, le consentement dans le cadre du démarchage téléphonique et les enjeux liés à la clause bénéficiaire.
Elle sera également l’occasion de présenter en avant-première les conclusions du livre blanc, avec Anaïs Bréger et Laure Mounier pour Deloitte, Thibault Jézéquel (Avocat Associé, Regulatory) et Virgile Delporte pour Testamento.

