Face à l’intensification des événements climatiques, le secteur de l’assurance cherche progressivement à faire évoluer son approche.
Alors que les catastrophes naturelles pèsent de plus en plus lourd sur les coûts d’indemnisation et sur la résilience des territoires, plusieurs acteurs majeurs ont décidé d’unir leurs expertises autour d’un objectif commun : mieux prévenir les risques avant qu’ils ne deviennent des sinistres.
Geoya entre dans une nouvelle phase de son développement. Lancée en janvier 2026 à l’initiative de cinq acteurs majeurs de l’assurance et de la maîtrise des risques, Generali France, MAIF, Société Générale Assurances, Saretec et Sixense, la plateforme dédiée à la prévention des risques climatiques annonce la nomination de Didier Cadic au poste de Directeur général. Cette arrivée intervient à un moment charnière pour cette solution de place, désormais validée par l’Autorité de la concurrence, dotée d’un nouveau site web et engagée dans le lancement de 13 projets pilotes avec cinq assureurs dans deux pays.
La nomination de Didier Cadic s’inscrit dans une ambition claire : structurer la jeune entreprise, accélérer son déploiement opérationnel et faire de la prévention climatique un outil concret au service des assurés. Dans un contexte marqué par la multiplication des événements climatiques extrêmes, l’enjeu n’est plus seulement d’indemniser les sinistres après leur survenance, mais de mieux.
Une initiative portée par plusieurs acteurs de référence
Créée à l’initiative de Generali France, MAIF, Société Générale Assurances, Saretec et Sixense, Geoya repose sur un modèle de coopération relativement inédit dans le secteur. L’objectif affiché est clair : aider particuliers, entreprises et collectivités à mieux identifier leurs vulnérabilités face aux risques climatiques afin de limiter les dommages humains, matériels et économiques.
Sur son site officiel, Geoya explique vouloir « agir en amont sur les causes plutôt que subir les conséquences des bouleversements climatiques ». La structure intervient notamment sur :
- les risques d’inondation
- les mouvements de terrain et le retrait-gonflement des argiles
- les épisodes de sécheresse
- les risques liés aux tempêtes ou aux fortes pluies
- les enjeux de continuité d’activité pour les entreprises
Un modèle assurantiel sous pression
Ces dernières années, les événements climatiques ont fortement impacté le secteur de l’assurance. Les coûts d’indemnisation augmentent régulièrement, tandis que certaines zones deviennent plus difficiles à assurer. Dans ce contexte, Geoya défend une idée simple : la prévention doit devenir un investissement stratégique et non plus uniquement un sujet secondaire. Dans un communiqué relayé par Société Générale Assurances, les acteurs du projet rappellent qu’« 1€ investi en prévention permet d’éviter jusqu’à 8€ de dommages ».
Cette approche illustre une évolution importante du rôle des assureurs, qui cherchent désormais à accompagner davantage leurs clients avant la survenance des sinistres.
Des prestations orientées diagnostic et accompagnement
Concrètement, Geoya propose plusieurs niveaux d’accompagnement afin d’aider les acteurs économiques et les particuliers à mieux comprendre leur exposition aux risques climatiques. La structure met notamment en avant :
- des outils d’autodiagnostic
- des analyses de vulnérabilité
- des évaluations terrain
- des recommandations de protection
- des plans d’action adaptés aux bâtiments ou aux activités concernées
Pour les entreprises, l’approche vise également à renforcer la continuité d’activité face aux événements climatiques majeurs.
Faire évoluer la culture de la prévention
Au-delà des outils proposés, Geoya cherche aussi à contribuer à une transformation culturelle autour du risque climatique. Dans un article publié par Le Moniteur, plusieurs responsables du projet rappellent que certains sinistres pourraient être limités, voire évités, grâce à des mesures de prévention adaptées.
Dans un contexte où les enjeux climatiques deviennent aussi des enjeux économiques et sociétaux, Geoya illustre la volonté croissante d’une partie du secteur de l’assurance de dépasser le simple rôle d’indemnisation pour participer plus activement et collectivement à la résilience des territoires et des populations.

