Absentéisme : un coût qui explose pour les entreprises

L’absentéisme au travail poursuit sa progression en France avec un taux de 5,8 % en 2025, selon le 9e baromètre annuel du courtier Verlingue. Le coût du maintien de salaire a bondi de 10 %, avec une hausse particulièrement marquée chez les cadres et les jeunes salariés.

Pour la troisième année consécutive, tous les indicateurs de l’absentéisme progressent simultanément en France. Le taux d’absentéisme atteint 5,8 % en 2025, en hausse de 4 % par rapport à 2024, selon les données analysées par le courtier Verlingue dans son 9e baromètre annuel. En 2025, 38,4 % des salariés ont posé au moins un arrêt, soit 1 % de plus qu’en 2024. Chaque arrêt dure en moyenne 21,5 jours, une durée elle aussi en hausse de 2 %. Si les épidémies hivernales expliquent une partie de cette hausse, le taux d’absentéisme reste à 5,6 % une fois cet effet saisonnier neutralisé.

Les arrêts longs, moteur de la hausse

Le baromètre distingue deux dynamiques. Les absences de 1 à 3 jours, difficiles à anticiper, sont 2 % plus fréquentes. Mais ce sont surtout les arrêts de plus de 31 jours qui pèsent : ils représentent 74 % du total des journées perdues. Ces derniers sont au cœur de la tendance haussière : près d’un salarié sur dix (9,4 %) a connu un arrêt long en 2025, soit une progression de 4 % par rapport à 2024 et de 12 % par rapport à 2023.

Un coût en hausse de 10 %

Le coût du maintien de salaire par salarié a augmenté de 10 % en 2025. Trois facteurs se cumulent pour expliquer cette envolée : la progression de l’absentéisme lui-même (+4 %), la revalorisation des salaires (+4 %) et l’abaissement, au 1er avril 2025, du plafond de revenus servant au calcul des indemnités journalières de la Sécurité sociale (+1,9 % d’impact).

Cadres et jeunes salariés en première ligne

Les cadres restent globalement moins touchés, avec un taux d’absentéisme de 2,7 %, mais leur progression est nette : +18 % par rapport à 2023. La durée moyenne de leurs arrêts croît plus vite que la moyenne (+5 % contre +2 % au global), et leur exposition aux arrêts longs progresse de 10 %. Les salariés de 25-35 ans constituent également une population à surveiller, avec une exposition en hausse de 4 % contre 1 % au global et un surcoût de 12 % pour les entreprises.

Par secteur d’activité, la santé demeure le plus touché avec un taux de 7,8 %, mais c’est dans les services, où les cadres sont les plus représentés, que la progression est la plus forte (+8 % sur un an).

« Identifier l’absentéisme par classe d’âge, par métier et par période est essentiel pour pouvoir agir finement et ne pas subir le phénomène », souligne Laurence Abiven, directrice actuariat de Verlingue.

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