Auto, habitation, santé : selon Meilleurtaux, le budget assurance varie fortement selon l’âge, le profil et la région.
Dans un contexte économique incertain, les dépenses d’assurance prennent une place croissante dans le budget des ménages. Selon les données croisées par Meilleurtaux, la part des dépenses contraintes dans le revenu des Français est passée de 13 % au début des années 1960 à 28 % en 2022. Elle atteindrait aujourd’hui 35 %, soit 1 143 euros par mois.
L’étude de Meilleurtaux s’intéresse à trois profils types : un étudiant de 18 à 22 ans, un actif salarié de 25 à 35 ans et un salarié ou retraité de 55 à 65 ans. Elle compare trois contrats majeurs : l’assurance auto, l’assurance habitation et la complémentaire santé, à partir des primes proposées en 2025 par les assureurs partenaires du comparateur.
Pour les étudiants, l’entrée dans l’autonomie s’accompagne d’un coût non négligeable. En 2025, ils ont dépensé en moyenne 145,23 euros par mois pour s’assurer, dont 35,36 euros pour la mutuelle, 101,64 euros pour l’auto et 8,23 euros pour l’habitation. Rapporté à un revenu moyen mensuel de 1 129 euros, ce budget représente environ 13 % de leurs dépenses contraintes.
Les écarts régionaux sont toutefois importants. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, un étudiant peut débourser jusqu’à 198,22 euros par mois pour ses assurances, à revenu équivalent. En Bretagne et dans les Pays de la Loire, le budget mensuel se situe plutôt entre 125,23 euros et 128,53 euros.
Chez les actifs de 25 à 35 ans, la charge relative apparaît plus modérée. Avec un revenu médian de 2 028 euros nets par mois, l’assurance représente en moyenne 135,76 euros mensuels, soit environ 7 % du budget. Cette dépense correspond souvent à des garanties plus étendues, notamment une formule auto tous risques ou un logement de plus grande surface.
Là encore, le territoire joue un rôle. « La Bretagne permet à ses habitants de bénéficier d’un budget assurantiel inférieur à 120 euros par mois, tandis que la région PACA s’envole, avec des mensualités de 175,71 euros par ménage, soit près de 9 % de leur revenu », observe Samuel Bansard, directeur des activités de comparaison d’assurances de Meilleurtaux.
Pour les seniors, la pression repart à la hausse, principalement sous l’effet de la santé. Avec un revenu médian de 1 512 euros, leurs dépenses d’assurance atteignent 164,03 euros par mois, soit près de 11 % du revenu. « L’âge fait évoluer les priorités assurantielles. Chez les jeunes, c’est l’auto qui domine. Chez les seniors, c’est la santé. Leur complémentaire santé coûte en moyenne 84,71 euros par mois, soit presque deux fois plus que pour un trentenaire », détaille Samuel Bansard.
Face à ces charges, les ménages renforcent leurs arbitrages. La baisse de l’inflation ne suffit pas à lever la prudence, et les stratégies de consommation optimisée s’étendent aussi aux contrats d’assurance. « Comparer, négocier, voire changer de contrat est devenu un réflexe. Le contexte transforme les Français en consommateurs avertis », conclut Samuel Bansard.

