Authenticité, talents et « Tinder » solidaire de proximité

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Texte ITW en version Podcast En toute Sincérité #1….

Série proposée par L’assurance en Mouvement / Vovoxx, média collaboratif multi-supports et multi-formats : Assurance, Banque, Epargne, Prévoyance, Santé.

Interrogé par Quentin, Jean-Luc Gambey, engagé dans le secteur de l’assurance, évoque la transformation des organisations, en particulier liée au phénomène de « Grande Démission », salue les actions concrètes pour les proches #aidants et lançe même l’idée d’une Superapp, une sorte de Tinder solidaire de proximité. Il confie aussi son « agacement » sur l’utilisation parfois « abusive » du mot « bienveillance ». Jean-Luc évoque une culture de l’authenticité, véritable « oxygène » de l’entreprise.

1) L’authenticité, oxygène de l’entreprise

L’authenticité c’est simple. Elle se définit par « être ce qu’on est ». Être authentique, c’est trouver le juste alignement entre son identité propre, ses valeurs, ses actes et ce vers quoi on souhaite tendre. Et cela s’applique aussi bien à une personne physique qu’à une personne morale.

L’authenticité est une des valeurs certainement la plus recherchée de notre époque. L’authenticité incarne ce qui est sincère, véritable, vrai. Elle donne de la valeur et crée du sens car elle fait souvent le lien avec l’histoire, les souvenirs, l’identité et la culture.

Il n’y aura pas de confiance pour les assureurs, tant qu’il n’y aura pas d’authenticité

L’authenticité consiste pour l’entreprise à se montrer telle qu’elle est, à ne pas donner une image trompeuse ; elle est synonyme de sincérité de la part de l’organisation pour ses différents publics, qu’ils soient candidats, salariés, clients, managers, partenaires sociaux, prestataires,…

Une cohérence qui reflèter la fidélité de l’entreprise à ses valeurs, sa vision et ses objectifs. Elle fait percevoir l’entreprise comme authentique.

  • Il faut de l’authenticité pour le recrutement

86% de personnes interrogées déclarent que l’authenticité est un élément important dans le choix des entreprises/marques qu’ils soutiennent

  • Il faut de l’authenticité sur les réseaux sociaux 

Être authentique, être vrai, c’est montrer aussi la réalité de sa marque à sa communauté digitale, il faut que les marques soient extrêmement éloigné d’un simpliste piège à clic pour recruter des followers.

  • Il faut des leaders, des managers authentiques

Des études démontrent que l’authenticité chez un ou une leader est l’une des plus grandes sources d’engagement et de motivation. La motivation intrinsèque encourage chacun vers l’initiative et la prise de responsabilité et permet d’obtenir à la fois une meilleure performance économique et une meilleure satisfaction des collaborateurs.

  • L’authenticité, comme source de bien-être au travail

On parle beaucoup de Qualité de Vie au Travail, de bien-être au travail dans notre secteur.

Faire des pilates en entreprise c’est bien, s’engager pour une entreprise authentique s’avère être une source de bien-être au travail. Selon une étude (IAE de Caen de 2017, auprès de groupes publics et privés – 4000 salariés), il y aurait une vraie corrélation entre la capacité à être authentique et le bien-être au travail.

Pour conclure, l’authenticité, c’est l’occasion de d’affirmer, de réaffirmer ses vraies valeurs. L’authenticité crée une relation vraie, renforce le lien de confiance indispensable à des relations d’affaires fortes et plus pérennes.

2) Guerre des talents & marque employeur : il faut de nouveaux véhicules de communication !

Nous observons beaucoup le phénomène de « grande démission » et de guerre des talents en général et plus particulièrement dans notre secteur car il s’agit bien d’un enjeu de transformation des entreprises. Il n’y a pas un jour, sans que nous essayons de décrypter ce phénomène, sur l’un ou l’autre de nos supports. Tout d’abord, je voudrais signaler un effet ciseau pour le secteur de l’assurance.

  1. Le manque d’attractivité du secteur, d’un côté
  2. Et ce phénomène de grande démission, de l’autre

Ce phénomène de grande démission est surtout lié, de mon point de vue à une forme de renouveau. Celui du désir des actifs ou ceux qui voudraient le devenir de quête de sens et d’alignement ou d’équilibre entre aspirations personnelles et professionnelles. Il est certain que l’environnement de la crise sanitaire et ses conséquences, avec l’explosion du télétravail, ont profondément bouleversé les habitudes et le rapport au travail des populations occidentales.

Je voudrais prendre appui sur ce qu’écrivait Michel Houellebecq en mai 2020 « après le coronavirus, “tout restera exactement pareil”. Je suis convaincu qu’il y a une accélération et une transformation très significative, en particulier sur le rapport au travail, l’organisation du travail, le management . …

Un autre phénomène à considérer est tout simplement l’évolution démographique. La population active stagne ou diminue dans la plupart des pays de l’OCDE, le « rapport de force » entre employeur et collaborateur change…

Sur certains secteurs et métiers, il y a une forme d’empowerment des collaborateurs. Les actifs, dans certains cas, sont en position de force pour mieux affirmer leurs conditions : le salaire, bien sûr, mais aussi l’ensemble des conditions de travail comme la flexibilité et la souplesse horaire ainsi que pour certains métiers, la possibilité de télétravailler.

Le télétravail est devenu, pour ceux qui peuvent le faire, le leader des besoins exprimés. Quelques chiffres :

D’après LinkedIn, 87 % des salariés dans le monde ont affiché leur préférence pour travailler à distance au moins la moitié du temps. Cette exigence n’est pas irréaliste en France puisque d’après une étude de Boostrs, 62 % des emplois dans notre pays pourraient être au moins partiellement télétravaillés.

D’ailleurs un autre signal, une étude de Monster effectuée auprès recruteurs évoque que 1/3 d’entre eux appréhendent « des demandes salariales irréalistes » ou des exigences trop élevées des candidats concernant la conciliation entre leur vie personnelle et la vie professionnelle.

Il n’y a aucune raison rationnelle que le secteur de l’assurance, sur certains métiers, échappe à la guerre des talents.

D’ailleurs nous le constatons déjà. Les talents « internes » à des grandes entreprises du secteur sont des « cibles » pour certaines insurtechs par exemple ou d’entreprises d’autres secteurs. Et sur certains métiers le secteur de l’assurance a de la peine à recruter…

Un autre élément important est le manque d’attractivité et de diversité dans la plupart des entreprises de notre secteur, et pour des acteurs en pleine transformation, il s’agit là 2 difficultés importantes : L’assurance doit être plus attractive en général et les entreprises, plus diverses.

Sur le sujet de la grande démission, de la « guerre » potentielle de talents, nous avons lancé de multiples initiatives avec notre partenaire Tim Guillois CEO de MindHunters, des ITW de dirigeants, une enquête… tout cela sera diffusé sur L’assurance en Mouvement à partir de Lundi 16 mai 2022.

D’ailleurs, juste un chiffre de cette enquête que nous avons réalisée, il y a quelques semaines. Nous avons posé quelques questions aux professionnels de l’assurance, dont celle-ci : dans le secteur de l’assurance, craignez-vous une pénurie des compétences clés ? 61.69% ont répondu OUI ! Cela se passe de commentaires.

Il y a un vrai sujet pour la transformation des entreprises du secteur : en termes de stratégie générale, en termes de politique RH mais aussi en termes de communication, de marque employeur par exemple.

Concernant la communication, qui est plus mon sujet, les grands discours ne suffisent pas. Nous avons travaillé et repenser/conceptualiser, pour les directions de la communication, interne et/ou externe, à de nouveaux véhicules de communication permettant de rendre visible l’authenticité, la marque employeur d’une entreprise, pour les collaborateurs, les candidats mais aussi les clients, les prestataires,…, l’ensemble de l’écosystème de l’entreprise.

3) Aidés/Aidants : une super app, une sorte de Tinder solidaire de proximité

La perte d’autonomie et les proches aidants. Quel sujet ! Sujet d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Des dizaines de rapport ont été faits sur les conséquences de la perte d’autonomie et sur leurs proches aidants. Quelques avancées pour un vrai sujet de société tout simplement. 11 millions de proches aidants en France, 11 millions de votants potentiels !

Il y a énormément d’énergies positives, de toutes parts, sur ce sujet et c’est un sujet sur lequel Vovoxx travaille souvent. Si des personnes très compétentes savent comment faire évoluer la situation des proches aidants, je ne vous cache pas ma lassitude !  Tout a été dit dans certains rapports, plein de gens très intelligents savent ce qu’il faut faire…. Il faut agir.

Il y a des centaines d’associations de proximité, passionnées et extrêmement efficaces, utiles. Sans toutes ces énergies solidaires, la situation serait encore plus intenable.

Le secteur de l’Assurance au sens le plus large et de la prévoyance sont très actifs sur le sujet. Il y a énormément d’initiatives d’institutions de prévoyance, de mutuelles, … nous en relayons beaucoup sur L’assurance en mouvement.

Bien sûr, notre secteur met également en place des services pour les personnes en perte d’autonomie et pour leurs proches aidants. Mais côté financier, nous ne pouvons pas dire que les contrats d’assurance dépendance aient la côte….

Récemment, il a été évoqué la mise en place d’une garantie solidaire accessible à tous, à moindre coût.

Le tarif unique serait assorti d’une garantie viagère. Ce dispositif proposé par France Assureurs et la FNMF permettrait à tous les Français d’accéder à une gamme étendue de services et de possibilités d’accompagnement. Aides à domicile, aides au réaménagement du logement, dispositifs de soutien … . Une garantie solidaire via un nouveau contrat de complémentaire santé responsable, reposant sur une mutualisation du risque au sein d’un pool de coassurance.

Que faut-il en penser ? Il est sûr que le principe de la mutualisation, le plus large, est nécessaire, mais je ne suis pas très optimiste sur le succès, en termes de souscription, de cette garantie solidaire, si elle existe un jour. C’est juste un sentiment, et j’espère véritablement me tromper… . Vous pouvez d’ailleurs (re)voir le plateau AssuranceTV sur ce sujet, avec comme invité Franck Le Vallois – Directeur général de la France Assureurs et Jean-Philippe Diguet – Directeur – Direction de l’assurance de la Mutualité Française.

Sur le sujet des aidants, nous avons travaillé sur un concept très simple, concret et efficace rapidement. Une super app d’intermédiation aidés/proches voisins/proches aidants

Le constat : vous avez d’un côté, beaucoup de personnes en situation de perte d’autonomie et beaucoup de proches aidants (parfois éloignés géographiquement de l’aidé) et de l’autre côté, des voisins, proches géographiquement de la personne en situation de perte d’autonomie, qui disposent de pleins d’énergies et de temps.

Nous avons pensé à une solidarité de proximité, moderne, innovante, et opérationnelle qui pourrait s’exprimer très rapidement, très simplement. Il suffit d’envies et d’un peu de technologies.

Nous avons donc travaillé sur le principe d’une Super app nationale, bien sûr, qui permet de géolocaliser des personnes devant être aidées, de géolocaliser leurs proches aidants et de géolocaliser des personnes proches géographiquement des aidés et disposant d’un peu de temps disponible. Simple aujourd’hui ! Ensuite, le matching est effectué entre les voisins disposant de temps, les aidants pour qu’ils valident le dispositif et les aidés.

Cette Super app deviendrait une forme de « Tinder » solidaire de proximité. Le concept développé permettait d’associer à ce dispositif les Institutions de Prévoyance, les Mutuelles, les Assureurs, Courtiers,.. qui le souhaitent. Ils pourraient proposer cette super app à leurs assurés.  De plus grâce à une monnaie virtuelle, le crystal, les voisins aidants pourraient accéder, en contrepartie de leurs engagements de temps, à d’autres services, sur d’autres sujets.

Une forme d’entraide de proximité, facilitée par le numérique et les nouveaux usages, pour le bien commun. Simple non ?

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