Ailleurs : les données au coeur de la souscription

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L’avenir de la souscription est une question de données, notamment sur la manière dont les assureurs y ont accès et comment ils les utilisent. Si une chose est certaine avec l’avancée de l’industrie de l’assurance numérique, c’est que la technologie a la capacité d’améliorer considérablement la compréhension et la mesure du risque. Pour illustrer ses propos, The Digital Insurer se focalise sur les quelques similitudes, mais aussi les différences entre les États-Unis et la Chine.
Des opportunités manquées avec une souscription traditionnelle

Stratégiquement, la souscription basée sur les données sera plus rapide et plus efficace. Celle réalisée classiquement en plusieurs parties met de côté des opportunités en termes de collecte des données et le développement d’analyses par le biais de l’intelligence artificielle.

Parfois, les données ne sont tout simplement pas recueillies alors qu’elles sont disponibles. Qui plus est, la faiblesse du nombre de données est renforcée par les processus internes, ce qui freine les améliorations de la souscription et notamment en risque cyber.

L’approche de souscription traditionnelle évolue vers un modèle où les assureurs offrent des remises aux assurés qui gèrent leur santé et qui aident à la collecte de données. Les consommateurs changent de comportement et désirent bénéficier d’une souscription complète.

L’un des avantages de l’analytique est de permettre aux développeurs d’introduire la gamification dans le processus de souscription, ce qui offre plus d’opportunités de visualisation des risques. De plus, les APIs, avec le consentement du client, peuvent partager des données tout en restant conformes aux organismes de réglementation.

3 éléments sont essentiels pour qu’une souscription basée sur les données soit efficace : les données bien entendu, mais aussi le consentement et la gouvernance.

Un partenariat est nécessaire entre les assureurs et les consommateurs

Ainsi, il est primordial de collecter des données de clients consentants. Avec le déploiement d’interfaces, par exemple dans le domaine de la santé, les informations récoltées concernant des dossiers de santé, des données de laboratoire ou encore de technologies portables. Human API en est un exemple.

Ces types d’informations peuvent être utilisés pour aider les individus à mieux prendre conscience de leur propre santé. Tout cela en réduisant les risques pour eux et en permettant une souscription plus sophistiquée par l’assureur.

Haven Life, une startup américaine qui propose des assurances-vie temporaires, est un autre exemple de souscription basée sur les données. Son algorithme pilote et soutient l’apprentissage automatique en analysant les informations et en prenant une décision en 40 secondes sans avoir besoin d’examens médicaux intrusifs. Ne pas avoir à remplir des formulaires de santé améliore grandement l’engagement des clients. Cela concerne la plupart des assurés, mais ceux qui doivent passer un examen médical bénéficient tout de même d’une prise de décision finale plus rapide.

Outre la santé, un autre domaine se démarque dans la gestion des données et leur aide à la souscription : celui des services financiers. La compagnie Reinsurance Group of America, ou RGA, a développé TrueRisk aux États-Unis en utilisant les données financières dans la souscription des polices d’assurance-vie. Parmi celles-ci se trouvent les cartes de crédit, les prêts personnels ou les hypothèques. RGA a démontré qu’elle peut donner une indication forte sur la prédiction de la mortalité avec l’aide d’une étude de 15 millions de vies assurées.

L’assurance chinoise a accès à un grand nombre de données

Les acteurs chinois dans le secteur de l’assurance récoltent des données par le biais de 3 sources principalement. La première concerne les systèmes de souscription et de réclamation.

La seconde est celle des partenaires avec des banques ou des gestionnaires de patrimoine. Cependant, les informations ne sont pas toutes accessibles et c’est avec celles qui le sont que les assureurs doivent arriver à en tirer profit.

Enfin, la troisième source n’est pas traditionnelle, car elle peut provenir de la manière dont vivent les individus. Ces données peuvent servir au développement de nouveaux produits ou à la tarification.

L’usage des informations sensibles en Asie n’est pas accordé de la même manière dans toutes les parties du monde, comme aux États-Unis. Les pays asiatiques ont une longueur d’avance dans ce domaine. Toutefois, l’utilisation des dossiers médicaux et les produits de bien-être sont moins perfectionnés en Chine et la couverture santé n’est pas complète.

Parmi les innovateurs chinois, nous trouvons Cheche Technology qui est un intermédiaire d’assurance automobile bénéficiant d’une déréglementation pour effectuer des statistiques sur le comportement de conduite.

L’innovation en matière de souscription peut-elle être efficace ?

Tout d’abord, des produits simples comme l’assurance voyage, l’assurance individuelle accident et l’assurance automobile ont déjà bénéficié de la souscription automatisée. Parmi les acteurs qui l’ont démontrée, nous pouvons citer Metromile aux États-Unis, Xiaoyusan en Chine et Blink Parametric en Irlande.

Ensuite, elle a aussi été automatisée pour des produits d’assurance maladie grave et complexe qui incluent une couverture pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou de conditions spécifiques préexistantes.

Il reste aussi à voir si la multitude de technologies ambitieuses telles que l’IA, la blockchain et l’analyse avancée sera en mesure d’automatiser les tâches de souscription relatives aux lignes de vie et de santé à long terme.

Pour finir, une startup au style futuriste, dont nous ne connaissons pas le nom, espère être lancée en 2022 en Chine pour apporter une nouvelle technique de souscription pour l’assurance-vie temporaire. L’approche permettra aux assureurs d’engager une souscription purement numérique grâce à une solution appelée photopléthysmographie à distance. Cette technique détecte sans contact les changements d’activité cardiaque à l’aide d’une caméra vidéo en 90 secondes. Elle examine également des parties du visage humain pour mesurer les modifications subtiles de l’absorption de la lumière par la peau et pour extraire des signaux physiologiques. Ces derniers sont ensuite convertis en un ensemble d’indicateurs de santé importants.

De même, un large panel d’autres paramètres peuvent en ressurgir comme la variabilité de la fréquence respiratoire, la saturation en oxygène, le niveau de stress et la pression artérielle. Tout cet éventail permet une tarification unique.

Ainsi, le monde de la souscription est prêt pour le changement et un certain nombre d’assureurs, de réassureurs et d’insurtechs font pression pour que le secteur abandonne ses méthodes obsolètes au profit d’une nouvelle approche axée sur les données. Cependant, ces informations doivent toujours respecter les consommateurs, ce qui fait partie de l’une des contraintes à prendre en compte.

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