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« La loi Pacte est censée stimuler la concurrence sur le marché de l’épargne retraite »

Le PER vise une simplification du paysage de l’épargne retraite supplémentaire. Dans ce contexte, le PER permet-il une meilleure compréhension de l’épargne-retraite supplémentaire pour les clients ? Les Français seront-ils plus nombreux à s’engager dans des dispositifs d’épargne-retraite ?

La recherche d’une meilleure compréhension de l’épargne retraite supplémentaire figure parmi l’un des objectifs que les autorités publiques se sont fixées dans la loi Pacte. Celles-ci sont d’ailleurs parties du principe que le niveau d’épargne des Français est un des plus élevés en Europe tandis que l’épargne retraite est peu plébiscitée avec ses 230 milliards d’encours cumulés contre 1.700 milliards d’euros pour l’assurance vie. Le dispositif élaboré dans le cadre de la loi Pacte a introduit la portabilité de l’épargne accumulée, à une condition avantageuse car gratuite, si le produit est détenu pendant au moins cinq ans. Pour améliorer l’appropriation de ce nouvel outil par les épargnants, il est aussi prévu une totale transférabilité entre gestionnaire mais aussi entre produit, individuel ou collectif d’ailleurs, lors d’une évolution professionnelle.

Il est dès lors à prévoir que le PER connaisse un démarrage convaincant même si les Français n’ont jamais favorisé un produit d’épargne au détriment de l’assurance vie dont les qualités ne semblent pas être désavouées par les souscripteurs en dépit de la baisse constante et durable des taux de rendement des fonds en euros.

Le PER lève-t-il tous freins à la retraite complémentaire par capitalisation, pour une acceptation par les clients ? Les Français vont-ils, via ce nouveau dispositif, adhérer significativement à la retraite supplémentaire par capitalisation ?

Le PER a effectivement pour objectif d’offrir des solutions pour franchir les obstacles rencontrés. Par exemple, hormis les cas de déblocage liés aux accidents de la vie (décès du conjoint, invalidité, surendettement…), le retrait de l’épargne volontaire et salariale est dorénavant possible pour l’achat de la résidence principale.

Toutefois, une part significative des CGP a constaté que le manque de publicité ou d’informations sur les produits était de nature à contraindre le développement de la retraite supplémentaire par capitalisation. Heureusement que les acteurs de la Place prennent davantage ces considérations en compte. Il est encore trop tôt toutefois pour prévoir le succès commercial d’une telle offre.

L’activité commerciale sur l’épargne retraite supplémentaire va-t-elle, selon vous significativement augmenter ?

La loi Pacte est censée stimuler la concurrence sur le marché de l’épargne retraite, grâce à une meilleure lisibilité de l’offre et une diminution des frais supportés par les épargnants. En ce qui concerne les performances financières, le législateur a prévu de recourir à une gestion pilotée par défaut pour tous les produits, comme c’est actuellement le cas pour les PERCO. Cependant de nombreux PER prévoient  la possibilité d’une gestion libre où la qualité de l’allocation d’actifs, et donc du conseil, permettront à ce type de produit d’être un succès commercial sur le long terme.

Cette simplification de l’épargne retraite supplémentaire, va-t-elle accélérer la digitalisation de la distribution de produit épargne-retraite ?

Il est vrai que la loi Pacte a réformé en profondeur les dispositifs d’épargne retraite existants, avec une volonté claire de simplification et de fongibilité. Cette simplification favorisera la digitalisation de cette distribution. Pour le client, la digitalisation permettra nécessairement de gagner en flexibilité et génèrera une meilleure réactivité dans les échanges avec l’intermédiaire. Ce gain de temps est appréciable pour l’organisation et pour la satisfaction des clients.

Ce processus a également pour avantage de simplifier le traitement administratif des dossiers et de réduire considérablement le risque d’erreurs dans les opérations réalisées tant par les assureurs que par les intermédiaires. In fine, la digitalisation entrainera potentiellement une réduction significative des coûts.

Ce nouveau paysage de l’offre épargne retraite supplémentaire est-il aujourd’hui bien compris par les intermédiaires de proximité ? Ce nouveau dispositif de l’épargne retraite supplémentaire va-t-il bénéficier aux réseaux de proximité ?

D’après les éléments chiffrés en notre possession, la majeure partie des CGP connait les dispositifs dédiés à l’épargne retraite de la loi Pacte et en comprend parfaitement les dispositions. Ce nouveau dispositif a vocation à bénéficier aux réseaux de proximité. Concernant les adhérents de la CNCGP, la cause est entendue.

Les intermédiaires de proximité ont/auront-ils besoin d’accompagnement (formation, nouveaux outils informatiques, outils d’aide à la vente, …) ?

Les CGP ont besoin d’actualiser leurs connaissances, quoi de plus normal lors du lancement d’une nouvelle offre. La CNCGP a intégré ce sujet dans son parcours de formation dédié aux intermédiaires en assurance.

Ce nouveau paysage de l’offre épargne retraite fera-t-il que les intermédiaires de proximité seront plus nombreux et plus efficaces à commercialiser des dispositifs d’épargne-retraite ?

Dans leur ensemble, les CGP sont plutôt confiants. Ils considèrent que les nouveautés de la loi Pacte rendent le PER individuel intéressant et ils se montrent prêts à le conseiller à leurs clients, en ouvrant un PER individuel et en y transférant leurs contrats Perp et Madelin actuels. Il en est de même pour les entreprises avec le Pereco et, d’une manière générale, le PER est une opportunité pour les CGP de faire valoir leurs conseils auprès de leurs clients et prospects chefs d’entreprises.

Au final, l’arrivée du PER impactera-t-elle fortement le marché français de l’épargne retraite supplémentaire ?

Au regard de l’effort consacré par les autorités publiques et par la plupart des compagnies d’assurances qui ont intégré ce nouveau produit dans leurs gammes, il est tout à fait envisageable que l’arrivée du PER ait une incidence particulière pour le marché français de l’épargne. A titre d’exemple, les PME pourraient y trouver un intérêt dès lors que la loi Pacte a prévu certains dispositifs attractifs dont l’exonération d’impôt sur le revenu à l’entrée et à la sortie des sommes issues de l’intéressement, de la participation et des abondements employeurs versées dans un PER d’entreprise. Est également loin d’être négligeable la suppression du forfait social sur les sommes versées au titre de l’intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés ainsi que sur l’ensemble des versements d’épargne salariale pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Julien Séraqui – Président – CNCGP. ITW réalisé avant période de confinement et intégré dans le mag #1 « Dessine-moi l’assurance » effectué par Jean-Luc Gambey – Vovoxx

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