Selon le Baromètre AXA Prévention 2026, les conducteurs professionnels cumulent fatigue, stress et comportements à risque. L’association appelle les entreprises à renforcer leur prévention routière.
La 22e édition du Baromètre AXA Prévention met en lumière une exposition accrue des conducteurs professionnels aux risques routiers. Selon l’étude, ces usagers parcourent en moyenne 13 540 kilomètres par an, soit 53 % de plus que la moyenne de la population. « En raison du temps important passé sur la route, les conducteurs professionnels sont surexposés aux risques routiers. Ils cumulent davantage de fatigue, de stress et évoluent dans un environnement de circulation saturé ce qui renforce leur sentiment d’insécurité permanente. Ce cumul délétère favorise le basculement vers les comportements à risque », analyse Éric Lemaire, Président d’AXA Prévention, avant d’ajouter : « Dans un contexte marqué par la hausse préoccupante de la mortalité routière, AXA Prévention tire la sonnette d’alarme. »
La fatigue apparaît comme l’un des principaux signaux d’alerte. Trois conducteurs professionnels sur quatre déclarent conduire fatigués. Parmi eux, 59 % indiquent rouler entre quatre et cinq heures sans s’arrêter. Le stress est également très présent : huit conducteurs de véhicules de société sur dix disent le ressentir lors de leurs trajets. Les difficultés de trafic sont citées par 58 % d’entre eux, tandis que 57 % évoquent la pression de l’entreprise, qu’il s’agisse des retards, des objectifs ou de la hiérarchie.
Sur la route, l’inquiétude ne vient pas seulement de la fatigue ou du trafic. Une partie des conducteurs professionnels redoute aussi de croiser des usagers sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. Mais les professionnels eux-mêmes ne sont pas épargnés : malgré un recul des déclarations par rapport à 2025, un conducteur de véhicule de société sur dix reconnaît avoir commencé à consommer des stupéfiants au cours des deux dernières années pour « se sentir mieux ». AXA Prévention rappelle que ces substances altèrent la vigilance, les réflexes et la perception des risques. Elles seraient impliquées dans près de 20 % des accidents mortels sur la route.
Face à ces constats, l’association insiste sur le rôle des entreprises. La route demeure la première cause de mortalité au travail et 86 % des conducteurs professionnels jugent les actions de prévention utiles, voire indispensables. Près d’un conducteur sur deux souhaite aussi être mieux informé sur les dangers routiers. Sur les stupéfiants, un conducteur de véhicule de société sur deux s’estime mal informé de leurs effets sur la conduite.
AXA Prévention rappelle que les addictions, incluant alcool, stupéfiants et médicaments, doivent être prises en compte dans le document unique d’évaluation des risques professionnels. Or seuls 46 % des dirigeants de TPE-PME complètent ce document. Pour accompagner ces organisations, l’association lance Mon Entreprise & Moi, une plateforme gratuite proposant un autodiagnostic du risque routier, des modules e-learning et des supports pédagogiques. Elle publie également un guide consacré à la reconnaissance et à la prévention des addictions, élaboré avec le professeur Michel Lejoyeux.

