Épargne : les Français restent prudents en 2026

Le Baromètre Ifop pour Altaprofits 2026 montre une épargne française toujours élevée mais prudente, une inquiétude accrue sur la retraite et une faible appétence pour les placements liés à la défense.

Les Français épargnent, mais gardent le pied sur le frein. Selon le Baromètre Ifop pour Altaprofits 2026, 81 % placent encore de l’argent sur des produits d’épargne. Une pratique solidement ancrée : 62 % le font au moins tous les six mois, dont 37 % chaque mois, des niveaux restés quasi inchangés depuis 2020. Mais derrière cette régularité se dessine une prudence de plus en plus nette : 79 % des détenteurs d’un produit d’épargne privilégient les placements sans risque, quitte à accepter un faible rendement. Une tendance en hausse par rapport à 2023 et 2024. À l’autre bout du spectre, seuls 3 % des épargnants optent encore pour des produits risqués dans l’espoir d’un gain plus élevé, un chiffre qui recule régulièrement depuis 2023.

Les livrets réglementés restent les supports les plus utilisés, choisis par 75 % des épargnants, devant l’assurance vie ou les contrats de capitalisation, cités par 27 %. Le Plan Épargne Retraite concerne 14 % des épargnants et le Plan Épargne en Actions 13 %. Autre signe d’attentisme, 13 % des personnes interrogées indiquent laisser tout leur argent sur leur compte courant, soit un niveau nettement supérieur à celui observé en 2024.

« Depuis 2024, à l’aversion au risque culturelle s’ajoutent des signaux d’attentisme, conséquence du contexte macroéconomique et géopolitique dégradé », observe Catherine Baudeneau, Directrice Marketing Offre et Communication d’Altaprofits.

Le baromètre met aussi en évidence une inquiétude persistante sur la retraite. Sept actifs sur dix déclarent ne pas connaître le montant qu’ils percevront au moment de partir à la retraite. Dans le même temps, 75 % anticipent une baisse de leur niveau de vie, une proportion en hausse par rapport à 2025. Cette crainte est particulièrement marquée chez les 50-64 ans, les femmes de 35 ans et plus, ainsi que les célibataires avec enfant à charge.

Dans ce contexte, 43 % des actifs pensent que leurs revenus à la retraite proviendront exclusivement du système par répartition actuel, soit une hausse de 15 points en un an. Cette progression concerne particulièrement les catégories les plus modestes, les ouvriers et les personnes épargnant rarement ou jamais. Le recours à une épargne complémentaire apparaît donc moins accessible pour une partie de la population.

Sur l’avenir de la réforme des retraites de 2023, suspendue jusqu’à l’élection présidentielle de 2027, les Français apparaissent divisés. 37 % souhaitent une autre réforme, 34 % demandent son abrogation et 29 % veulent son application telle que prévue. Parmi les partisans d’une réforme différente, 63 % préfèrent cotiser davantage pendant la vie active plutôt que d’allonger la durée de cotisation. La baisse des pensions pour inciter chacun à capitaliser est, elle, rejetée par 82 % des Français.

Enfin, l’investissement dans la défense nationale reste minoritaire. Trois Français sur dix se disent prêts à placer une partie de leur épargne dans des fonds ou produits destinés à financer la défense. Cette proportion est stable par rapport à 2025, malgré un contexte géopolitique dégradé. Parmi les réfractaires, 44 % invoquent des raisons politiques, éthiques ou morales, et 40 % des motifs économiques ou financiers, notamment la perception du risque ou l’inadéquation avec leurs attentes de placement.

« Les 30 % de Français prêts à investir dans le secteur de la défense restent stables depuis un an, malgré un contexte géopolitique hautement dégradé. Cette stabilité montre que les réticences ne relèvent pas uniquement d’un manque d’information, mais aussi de convictions personnelles et de considérations éthiques profondément ancrées », résume Catherine Baudeneau.

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