Generali et ECMWF rapprochent science et assurance

Generali et ECMWF lancent une collaboration européenne autour des données climatiques et atmosphériques de Copernicus, afin de mieux évaluer les risques et d’aider le secteur de l’assurance à renforcer la prévention.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, la facture des événements météorologiques et climatiques extrêmes, à l’échelle de l’Union européenne, atteint 822 milliards d’euros entre 1980 et 2024. Et ces dernières années, l’accélération est nette : 208 milliards d’euros, soit un quart du total, ont été enregistrés sur les quatre seules années 2021-2024. C’est dans ce contexte de risques croissants que Generali et le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, ECMWF, ont récemment annoncé une collaboration autour des données climatiques et atmosphériques du programme Copernicus. Objectif : en faciliter l’usage opérationnel pour mieux analyser, anticiper et couvrir les risques, notamment dans le secteur de l’assurance.

Cette coopération s’appuie sur le Group Climate Hub de Generali et sur les services Copernicus mis en œuvre par ECMWF pour le compte de la Commission européenne : le Service Copernicus sur le changement climatique, C3S, et le Service de surveillance de l’atmosphère, CAMS. Ces outils fournissent des données ouvertes sur le climat, la qualité de l’air et l’évolution de l’atmosphère.

Formalisée par un protocole d’accord, l’initiative prévoit un échange de connaissances et de retours d’expérience. Les travaux porteront sur l’identification des facteurs d’aggravation des risques climatiques, le partage de cas d’usage issus de l’assurance et la diffusion de bonnes pratiques pour interpréter et communiquer les données scientifiques auprès des décideurs.

Pour Generali, cette collaboration doit contribuer à réduire le « protection gap », c’est-à-dire l’écart entre les pertes liées aux catastrophes naturelles et leur couverture par l’assurance. En France, elle s’inscrit dans la continuité des travaux du Generali Climate Lab, créé en 2015, qui modélise les risques climatiques afin de mieux comprendre des phénomènes localisés comme les orages violents, la grêle, les vents extrêmes ou les inondations.

Les données et modèles mobilisés doivent aussi permettre de reconstituer des événements passés à partir des expositions actuelles, de détecter plus tôt certains épisodes extrêmes et d’activer plus rapidement des dispositifs de prévention ou d’accompagnement après sinistre.

« Face au changement climatique qui bouleverse de plus en plus les chaînes de valeur mondiales et affecte sévèrement les communautés, approfondir notre compréhension des phénomènes météorologiques extrêmes est essentiel pour développer des solutions innovantes, renforcer la résilience collective et réduire les déficits de protection assurantielle », déclare Marco Sesana, directeur général du Groupe Generali.

De son côté, le directeur général d’ECMWF, Dr Florian Pappenberger, estime que cette coopération « crée un pont entre la science climatique financée sur fonds publics et le secteur de l’assurance ». Selon lui, les échanges avec Generali permettront de mieux comprendre l’usage concret des données Copernicus et d’orienter l’évolution des services publics concernés.

En France, ECMWF participe depuis 2025 au consortium scientifique du Ballon Generali de Paris, aux côtés du CNRS et d’autres partenaires académiques. Ce dispositif, placé sous l’égide du Generali Climate Lab, étudie les effets du changement climatique en milieu urbain et les liens entre climat, qualité de l’air et santé, notamment grâce aux données du service CAMS.

À travers ce partenariat, Generali entend transformer la connaissance scientifique des risques en actions de prévention et de protection, dans un contexte où les événements climatiques extrêmes et leurs coûts économiques progressent en Europe.

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