Cinq sites liés aux fleuves et canaux français vont recevoir chacun 100 000 euros du Fonds AXA pour le Progrès humain et de la Fondation Terres d’Eau pour des projets de protection de la nature.
Le Fonds AXA pour le Progrès humain et la Fondation Terres d’Eau, créée par Voies navigables de France, ont dévoilé les cinq sites retenus pour bénéficier d’un financement destiné à la préservation des espaces naturels, à la renaturation et à la protection de la biodiversité sur les voies navigables françaises. « Les fleuves, canaux et rivières constituent un patrimoine naturel vital, essentiel à l’équilibre écologique de nos territoires », a déclaré Clément Rouxel, délégué général du Fonds AXA pour le Progrès humain, qui inscrit ce partenariat dans la réponse aux risques liés au dérèglement climatique.
Les projets ont été choisis à l’issue d’un vote en ligne organisé du 30 mars au 20 avril dernier. Plus de 13 000 personnes ont participé à cette consultation, qui proposait dix sites répartis sur le territoire métropolitain. Chacun des cinq lauréats recevra une dotation de 100 000 euros. Depuis 2022, vingt sites ont ainsi été accompagnés grâce au mécénat d’AXA.
En Île-de-France et en Eure, le soutien portera sur le nettoyage des fonds de la Seine et de l’Oise. Ces cours d’eau nécessitent chaque année des opérations de retrait de sédiments pour faciliter la navigation et préserver la biodiversité. Près de 20 % de ces sédiments contiennent des substances nocives et doivent faire l’objet d’un traitement spécifique. Le dragage doit permettre de réduire de 30 à 50 % le niveau des polluants et d’améliorer la qualité des eaux.
En Côte-d’Or, le canal de Bourgogne sera mobilisé comme terrain d’expérimentation sur 20 kilomètres dans la plaine dijonnaise. Le projet vise à adapter le patrimoine naturel au réchauffement climatique, en lien avec les collectivités et la recherche, avec notamment la création d’un jumeau numérique du canal.
Dans le Loiret, le barrage-réservoir de Grand-Rue, situé en zone Natura 2000, fera l’objet d’un projet de restauration. Asséché en 2011, le site doit être remis en eau en 2027 afin de contribuer à la restauration de sa richesse écologique et à la protection d’espèces locales, dont le Damier de la Succise.
Le canal du Midi, en Occitanie, bénéficiera d’un programme de replantation de 600 arbres. La voûte de platanes, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, est menacée par le chancre coloré, une maladie incurable qui impose l’abattage des arbres touchés. Les nouvelles plantations doivent permettre de reconstituer progressivement cet alignement avec des essences résistantes.
Enfin, sur le canal du Rhône à Sète, entre l’Hérault et le Gard, le projet retenu concerne la valorisation de sédiments issus des opérations de dragage. Plus de 450 000 m3 de sédiments en partie salés sont actuellement stockés avec peu de solutions immédiates. Le programme expérimental doit étudier leur usage comme ressource durable pour améliorer la résilience des sols agricoles dans un territoire exposé à la salinisation et aux effets du climat.

