Cartographie des tensions dans les métiers de l’assurance

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Alors que la guerre des talents fait rage dans de nombreux secteurs économiques, le monde de l’assurance connaît des difficultés de recrutement inédites.

De nombreux métiers et territoires sont dans le rouge, comme en atteste l’étude que l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance (OEMA) vient de publier.

40 % des embauches de la branche sont concernées par des tensions : c’est l’un des chiffres-chocs de l’étude de l’OEMA. Cette enquête visait notamment à répondre à la question suivante : les entreprises d’assurances ont-elles du mal à pourvoir leurs postes ? C’est à la maille du croisement des 45 métiers, 14 régions ou territoires et 3 types de contrats de travail que cette question est instruite dans cette étude.

Selon l’enquête réalisée auprès des responsables RH, les tensions concernent 40% des embauches de la branche. Un chiffre national qui recouvre toutefois des réalités bien différentes selon les postes ou les bassins d’emplois. Depuis les catégories les plus agrégées (la région, le CDI, le CDD, l’alternance…), jusqu’aux briques d’analyse les plus fines (la Vente sédentaire, en CDI, en Nouvelle Aquitaine), ce rapport d’étude compare et hiérarchise les difficultés de recrutement dans l’assurance.

18 % des embauches non pourvues, faute de candidats

Pour 40 % des embauches, donc, les recruteurs perçoivent une situation dégradée et identifient des difficultés qui perturbent de différentes manières les processus RH. A minima pour 18 % des embauches sur des segments en tension, « il arrive que le poste défini à l’origine ne soit pas pourvu faute de candidature ».

Trois fois plus souvent, une « part significative des postes est pourvue à condition de revoir les exigences de compétences à la baisse ». Avec plus des trois quarts des recrutements concernés, les entreprises « parviennent à pourvoir les postes avec les compétences attendues mais les délais s’allongent de manière importante ».

Le ratio de 40 % d’embauches sous tension n’est pas perceptible sur tous les terrains de recrutement. Les valeurs d’indices de tension pour les CDI et les CDD sont proches. En revanche, les inégalités territoriales sont fortes.

Si l’on considère les cinq régions qui recrutent le plus, l’Ile de France se détache nettement par l’intensité de ses problèmes d’embauche ; les tensions apparaissent aussi particulièrement élevées pour les Pays de la Loire, suivis des Hauts de France et de l’Auvergne-Rhône Alpes. Deuxième territoire en volume de recrutements, la Nouvelle Aquitaine se distingue par une situation plus fluide.

87 % de tensions dans l’Audit

Les métiers « tendus » participent à des fonctions variées, relevant aussi bien des opérations, du support ou du pilotage. Leur indice de tension s’étage entre 57 % et 87 %, soit bien au-dessus des 40 % du national. La palme revient à l’Audit, avec 87 %, suivi par la gestion des actifs (72 %) et l’Actuariat (70 %).

Si certains de ces métiers recrutent peu (Audit et Management des risques), d’autres au contraire occupent les tous premiers rangs en volume (Vente itinérante, Gestion et indemnisation des sinistres standards et conventionnels).

A l’autre extrême, les métiers en queue de classement n’éprouvent pas de difficulté d’embauche significative : on peut citer l’animation de réseaux non salariés, l’expertise salariée ou encore le support et l’assistance aux collaborateurs.

Des mutations profondes restreignant les ressources

« Les prochains mois diront quelle est la part de la conjoncture dans les tensions actuelles. Au vu des éléments recueillis, il serait cependant avisé de considérer la période présente comme un stress test à l’échelle. Celui-ci attire l’attention sur les mutations en cours et ce qui pourrait demain restreindre l’accès des assureurs aux ressources. Par-delà ce qui est propre à chaque métier, trois interrogations relient ces constats de manière transversale. Et si l’écosystème assurance ne générait plus suffisamment de compétences techniques ? Et si l’assurance n’avait pas encore tiré toutes les conséquences d’un recrutement de plus en plus « exogame » ? Et si les difficultés de recrutement impliquaient davantage le management face à la rareté des ressources ? Autant de pistes et de chantiers possibles qui s’ouvrent à la réflexion des entreprises et de la branche » conclut l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance.

Source : l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance.

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