« Nous fonctionnons désormais avec un modèle de co-CEO rotatif »

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Le phénomène que les Américains appellent « big quit » ou « great resignation » semble se propager en France. Cette éventualité, ajoutée à celle du manque d’attractivité du secteur de l’Assurance ne vont-elles pas, boostées par les crises successive, générer une pénurie de talents, voire une guerre des talents pour notre secteur ?

Guerre des talents, une réalité pour l’assurance est le thème de l’entretien avec Joao Cardoso*, Lovys.

D’un point de vue général, les mutations des entreprises, exacerbées par la crise sanitaire, doivent-elles inciter l’entreprise à repenser sa stratégie en matière d’attractivité ? (en interne et en externe)

La crise sanitaire a apporté plus de flexibilité en termes de vie au travail. On a vu beaucoup d’entreprises “traditionnelles” instaurer des modèles de télétravail pour leurs salariés, et ce, de manière pérenne, même après la crise.

Promettre un certain salaire ne suffit plus à mon sens. Il faut s’engager autrement, en laissant plus de liberté et de flexibilité aux futurs collaborateurs. Leur proposer un modèle de travail hybride me semble essentiel.

Chez Lovys, même avant la crise du COVID, nous autorisions tous nos collaborateurs à télétravailler. Par exemple, le fait que nous ayons des bureaux répartis dans plusieurs pays différents nous impose des réunions en distanciel. Cette flexibilité et cette autonomie insufflées par le télétravail sont plutôt naturelles pour nous, elles font partie de notre identité.

Je suis persuadé qu’une entreprise n’a pas vocation à être figée, elle grandit en même temps que de nouveaux talents la rejoignent.

Dans le secteur de l’assurance, craignez-vous une pénurie des compétences clés ?

Je ne pense pas. Désormais, et avec l’arrivée des insurtechs sur le marché de l’assurance, de plus en plus de personnes venues du monde la tech se forment au monde de l’assurance et vice versa.

Au contraire, le marché respire et se renouvelle en termes de talents. On l’observe même à notre échelle. Chez Lovys, nous avons plusieurs talents issus du secteur de l’assurance dit plus traditionnel. C’est le cas de notre Chief Insurance Officer Ghislain Averty, qui était Actuaire chez AXA avant de nous rejoindre.

C’est ça qui fait la force et la différence des insurtechs. Faire en sorte que des talents venus de tout horizons confondus se mélangent, et travaillent ensemble. Nous arrivons à attirer des profils très différents grâce à de nouvelles façons de travailler, et grâce à l’innovation. C’est cette nouvelle flexibilité qui permet à des talents très experts de trouver leur place aussi bien que les autres.

L’attractivité perçue d’une entreprise est-elle un facteur clé de son succès ? (pour le recrutement)

Oui et non. Selon moi, une entreprise attractive est un excellent signe pour l’extérieur. Cela signifie souvent que l’entreprise est en bonne santé financière. Naturellement, les candidats auront donc tendance à se diriger vers cette dernière.

À l’inverse, il faut également savoir maîtriser son attractivité. Par là je veux dire que même en période de fort recrutement, il faut savoir accueillir tous ces nouveaux talents dans les meilleures conditions possibles.

Les entreprises doivent-elles réinventer la relation employeurs / collaborateurs ?

Je crois qu’une nouvelle relation employeurs / collaborateurs est essentielle pour le bien-être de tous. Pour les collaborateurs comme pour le CEO. Chez Lovys, nous fonctionnons désormais avec un modèle de co-CEO rotatif. En plus du fait que toutes les décisions stratégiques soient partagées à tous les niveaux, désormais je suis épaulée dans mes missions par une personne interne qui change tous les 6 mois.

Au-delà de la rémunération, comment selon vous, attirer/garder les talents d’une entreprise ?

Je pense que la rétention des talents repose sur beaucoup de critères. Je dirais que le talent doit être motivé par le projet et pour cela, il faut l’inclure au maximum dans la stratégie. La transparence est un élément clé pour la rétention. Chez Lovys, nous mettons un point d’honneur à ce que chaque information soit partagée à tous les niveaux.

Cette communication entre les départements permet à chacun de conserver beaucoup d’autonomie dans son travail. En connaissant tous les enjeux d’un projet, nos collaborateurs ont donc beaucoup plus la possibilité de créer et d’innover, qu’au sein d’une structure dite “classique”.

Les décisions sont toujours prises collectivement. Chacun est libre de prendre des initiatives qui, parfois, sortent de son poste et ses missions précises s’il ou elle sent être la meilleure personne pour mener à bien une initiative.

Ce mode de travail très hybride permet des perspectives d’évolutions intéressantes (en termes de compétences comme en termes de poste).

L’écoute des envies et des aspirations de chacun est d’ailleurs ancrée dans nos valeurs depuis la création de Lovys. Par exemple, c’est cette écoute qui a permis à certains de nos collaborateurs de passer de l’équipe Produit à l’équipe Finance.

En général, pour les entreprises du secteur de l’assurance, la “guerre des talents” est-elle aujourd’hui en France, une réalité ?

Oui tout à fait. Une fois de plus et surtout dans l’industrie de l’insurtech, il faut savoir se différencier auprès des candidats. Cela passe par le salaire et les avantages évidemment, mais également par les valeurs et la flexibilité. De nos jours, je suis persuadé que les candidats ont besoin de trouver une entreprise qui leur ressemble, autant en termes d’ambitions que de valeurs. Chez Lovys, pour chaque recrutement, nous avons d’ailleurs mis en place depuis des années, un entretien spécifique à la culture d’entreprise pour déterminer si l’entreprise et nos projets conviendront à ceux du candidat et vice versa.

Pour conclure ?

Nous sommes en constante recherche de nouveaux talents – nous avons d’ailleurs des offres à pourvoir dans nos équipes tech, service client, et marketing. N’hésitez pas à envoyer un message !

*Joao Cardoso

  • Joao Cardoso naît et grandit à Leiria, au centre du Portugal. En 2005, il débute sa carrière à Londres chez Morgan Stanley.
  • Dès 2011, il entame son parcours d’entrepreneur en créant TaCerto.com, le 1er comparateur d’assurance au Brésil, aujourd’hui leader de son secteur.
  • En 2016, il fonde VisionX, une plateforme permettant aux agences immobilières brésiliennes de proposer des produits d’assurance à leurs clients.
  • En 2017, il crée Lovys en France avec l’ambition de changer l’expérience client dans le monde de l’assurance

Dossier : Guerre des talents, réalité pour le secteur de la l’assurance ? enquête, itw, libre blanc, AssuranceTV, podcast… si intérêt, nous consulter.

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