« Le terme « écologies » doit s’entendre au pluriel, afin de considérer l’ensemble des habitats et des conditions de vie »

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Lionel Fournier, Directeur Santé et Ecologies Membre du Comité de Direction Générale – Harmonie Mutuelle, dans le cadre du #3 magazine* “Dessine-moi l’assurance ” répond à nos questions et partage sa vision sur le lien entre l’écologie et la santé.
Vous êtes Directeur Santé et Ecologies au sein d’Harmonie Mutuelle. Pouvez-vous expliquer votre fonction et sa genèse ?

J’ai été sollicité par la Directrice Générale Catherine Touvrey pour reprendre la RSE d’Harmonie Mutuelle, ma direction ayant été créée le 1er janvier 2021. J’ai souhaité que la RSE soit au cœur de la stratégie, de l’activité de l’entreprise. Beaucoup avait été fait sur le plan social et de la gouvernance, mais nous étions en retard sur la partie environnementale. Je suis parti de la notion de santé : au-delà de notre patrimoine génétique, celle-ci dépend aussi de nos conditions de vie, du climat, de la qualité de l’air, de l’alimentation, sans oublier la dimension sociale. C’est ce qu’illustre étude longitudinale menée par Harvard depuis 1938.

La direction Santé et Ecologies vise l’élaboration de dispositifs rendant les conditions de vie plus favorables à la santé et à l’environnement. Le terme « écologies » doit s’entendre au pluriel, afin de considérer l’ensemble des habitats et des conditions de vie sur lesquels nous souhaitons agir. Agir sur la santé dans une dimension purement individuelle n’est pas suffisant : il faut s’inscrire dans une dimension collective, faire redécouvrir à chacun le pouvoir d’agir collectivement.

Quels sont les éléments clés de votre quotidien dans le cadre de cette fonction ?

Je passe beaucoup de temps à apprendre. Je lis et m’attache à rencontrer des experts. Je m’efforce aussi de partager cette connaissance acquise, et réfléchis à sa traduction en actions concrètes. Enfin, mon quotidien consiste à impulser l’avancement des dossiers et la structuration des projets.

Que pensent les autres collaborateurs de cette nouvelle direction ?

Je constate dans les réactions un mélange d’intérêt et d’interrogations sur notre légitimité et capacité à agir. Je peux mesurer que pour une part des collaborateurs, cette direction répond à une attente. Lors de l’élaboration de notre Bilan Carbone, nous avons interrogé les collaborateurs sur leur mode de transport : 1400 d’entre eux ont répondu sur un total de 4700. C’était un vrai succès.

Le lien entre l’écologie et la santé paraît-il évident, ou faut-il faire de la pédagogie ?

Nous faisons de la pédagogie. A chacune de mes interventions, auprès de salariés comme de Conseils d’Administration, le message est compris, accueilli avec enthousiasme. En abordant l’écologie sous l’angle de la santé, nous touchons directement les gens. L’ensemble de la population française fait majoritairement le lien intuitif entre santé et environnement, d’après les derniers sondages.

Ciblez-vous les collaborateurs internes d’Harmonie Mutuelle ou les adhérents ?

Nous nous adressons à tous. Nous travaillons à intégrer aux prestations proposées aux adhérents des dispositifs permettant d’améliorer les conditions de vie. Cela s’inscrit dans la pure tradition mutualiste. Nous avons prévu d’aller à la rencontre des adhérents, particuliers comme entreprises. Nos actions seront définies en fonction des désirs de changement qu’ils auront exprimés.

Quelles sont les actions concrètes envisageables ?

D’abord, nous avons fait un grand Bilan Carbone, le plus large de la profession. Il prend en compte l’ensemble des impacts carbone possible, même celui des dispositifs médicaux que nous remboursons.

Harmonie Mutuelle fait partie des 20 premières entreprises ayant intégré le dispositif ACT de l’ADEME, afin d’écrire notre Stratégie Climat, d’ici mars 2022. Le plan d’action sera validé le 28 juin 2022 lors de notre Assemblée Générale.

Autre élément, nous travaillons avec des spécialistes en vue de monter un observatoire qui serait en dialogue avec nos élus, nos adhérents et nos salariés. Nous avons une première collaboration avec Eloi Laurent, économiste professeur à Sciences Po Paris et Stanford, que nous avons interrogé sur le besoin d’une protection sociale écologique. Des médecins, généticiens, sociologues prendront part au dialogue en vue d’une base pluridisciplinaire de connaissances.

Nous créons aussi le Laboratoire des Biens Communs, qui portera les projets permettant de répondre aux souhaits de nos adhérents. Ces projets pourront être mis en œuvre par les entreprises adhérentes comme par notre groupe ou par des partenaires.

A propos des partenaires, souhaitez-vous créer un effet d’entrainement dans cette dynamique ?

Oui nous avons des contacts avec différentes structures, par exemple Julien Dossier qui travaille dans différents écosystèmes. Nous sommes partenaires du Grand défi des Entreprises pour la Planète et adhérents du Mouvement Impact France. L’idée est de mobiliser les collectifs : ce challenge ne se gagnera pas tout seul.
C’est aussi le sens de notre adhésion à l’Association des Dirigeants Responsables de l’Ouest. Nous allons aussi mener une expérimentation pour travailler sur ces questions de mobilisation des entreprises avec l’Alliance pour une Consommation Citoyenne.

Avez-vous planifié des actions ? Ou prenez-vous le temps de vous acculturer davantage au sujet ?

Nous avons pu fixer certaines dates précises, comme à propos du Bilan Carbone. Le 18 novembre, nous avons formé des élus et des collaborateurs qui sont maintenant capables d’animer des séances avec des adhérents, en vue de trouver des idées de dispositifs, que nous appelons « boites à mieux ». Nous souhaitons partir des territoires et du local. Début 2022, nous lancerons des dispositifs pilotes en vue de la mobilisation de nos adhérents et entreprises clientes.

N’avez-vous pas encore prévu de communication externe sur le sujet ?

Vous êtes le premier à qui j’en parle ! Je ne communique que lorsque je peux m’appuyer sur des éléments solides. C’était le cas concernant le Bilan Carbone. Nous testons encore nos démarches vis-à-vis des entreprises et des particuliers.

Cette Direction Santé Ecologies peut-elle avoir un impact sur l’attractivité de votre marque, vis-à-vis des nouvelles générations ? Deviendra-t-elle la nouvelle normalité des entreprises d’aujourd’hui ?

Je ne considère pas les salariés comme des consommateurs mais nombre d’entre eux, jeunes ou non, ont des attentes dans ce domaine. Si nous y répondons, nous aurons plus de chances d’attirer des talents ayant une vision clairvoyante des enjeux de notre société. Ce travail revêt aussi un aspect attractif pour les clients : les appels d’offre des entreprises donnent toujours plus d’importance à l’impact social et environnemental. Avec la future directive européenne sur le Développement Durable, on ne saurait faire l’impasse dessus.

De grands opérateurs de la protection sociale s’intéressent à notre modèle. Notre communication sur le Bilan Carbone a interpellé, car nos adhérents désormais peuvent connaître le Bilan Carbone de leur contrat Complémentaire Santé. Il en sera bientôt de même pour nos contrats Prévoyance. Cela pourrait créer un nouveau standard. En définitive, je considère que l’intégration de cette dimension Santé Ecologies relève du devoir, au sens économique du terme, de chaque entreprise.

*ITW du magazine « Dessine-moi l’Assurance », production Vovoxx, en Décembre 2021, que vous pouvez télécharger gratuitement et sans laisser de datas. Le #4 de ce magazine est prévu pour Mai/Juin 2022.

 

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