Demain l’assurance sera embarquée dans les usages

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Les vieux schémas de réussite ne sont plus d’actualité. L’accès à la propriété et la possession d’objets iconiques de la société de consommation, comme la voiture, ne sont plus considérés comme des priorités par les millenials. Ils n’ont plus besoin de la reconnaissance statuaire qui accompagnait la possession de ces biens. Le temps dévolu au travail n’a fait que reculer. Alors que nos arrière-grands-parents y consacraient 40% de leur existence, nous n’y dédions plus que 10% de notre activité totale. En l’espace d’un siècle, le temps contraint a été divisé par quatre. Nous avons gagné donc en liberté et en occasion d’augmenter notre qualité de vie. Le digital a accéléré la naissance d’usages fragmentés. Aujourdhui tout se loue. De la trottinette, en passant par les bijoux ou même les vêtements. On n’a plus besoin de détenir un objet pour l’utiliser. Cette fin de l’engagement créé une très grande agilité. Plutôt que de s’acheter un bijou, le louer pour une soirée devient plus avantageux et permet de répondre à un plaisir instantané. Ces tendances sont une véritable lame de fond.
Un sondage récent indiquait que 65% des Français seraient prêts à acheter des produits d’assurance liés à leur usage…Seulement, les structures actuelles de l’assurance ne sont pas adaptées au développement de cette nouvelle économie. Leurs cycles sont trop lents, trop centrés sur un schéma dédié à la possession (d’un appartement, d’une voiture…). L’assurance doit se transformer en profondeur pour répondre aux enjeux qui se dessinent et façonneront les 25 prochaines années.
D’abord, les assureurs doivent faire face à l’émergence de risques qui n’existaient pas avant et qui surgissent à un rythme de plus en plus rapide. Quand les trottinettes en free-floating ont envahi nos trottoirs en 2018, il n’y avait aucun mécanisme d’assurance en cas d’accident. Nous avions l’habitude d’utiliser les données du passé tirées d’autres usages pour fixer des prix. Il faut désormais privilégier des modèles prédictifs, c’est-à-dire basé sur les données collectées en temps réel augmenté de l’intelligence artificielle. On passe ainsi de l’actuariat au machine learning.
La deuxième révolution, c’est celle de la souscription de l’assurance qui doit devenir intégrée, invisible et indolore. Que vous utilisiez une trottinette en libre-service, louiez une voiture sur Drivy ou commandiez sur un site d’e-commerce, vous serez forcément protégé en cas de problème. Les opérateurs et plateformes effectueront ces démarches en amont pour le bénéfice du consommateur final.
Le troisième changement interviendra au niveau de l’indemnisation en cas de sinistre. Celle-ci doit devenir intégrale, inclusive et automatique. L’ensemble des consommateurs concernés par un sinistre bénéficieront d’une indemnisation sans avoir à la déclarer, grâce à l’assurance paramétrique. Tout cela passe évidemment par la digitalisation du secteur, et pourquoi pas par le recours à la blockchain. Avec le développement des objets connectés, les contrats intelligents, dont les clauses sont en fait des lignes de codes, vont inévitablement se développer. Lorsqu’ils sont stockés dans une blockchain, ces contrats ont l’avantage d’être immuables, infalsifiables et exécutables en temps réel grâce à l’automatisation.
Ces mutations vont favoriser le développement de modèle d’assurances plus inclusifs, solidaires et égalitaires. En bref, pour répondre aux nouveaux usages et à la quête de sens des nouvelles générations, l’assurance de demain devra être transparente et impactante.
Tribune d’Olivier Jaillon, CEO de Wakam

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