En un an, l’impact environnemental de l’IA est passé du dernier au premier frein cité par les professionnels de la RSE : 75 % l’évoquent en 2026. Pourtant, ils sont plus nombreux que jamais à l’utiliser. C’est le paradoxe que met au jour le deuxième baromètre IA et RSE de Ditto.
L’intelligence artificielle s’est installée dans le quotidien des équipes RSE : 66 % l’utilisent au moins une fois par semaine, et 57 % estiment gagner au moins deux heures hebdomadaires. Mais son coût environnemental les préoccupe de plus en plus. Selon le baromètre réalisé par Ditto auprès de 105 professionnels de la RSE et du QHSE, cet impact est devenu le premier frein à l’adoption de l’IA, cité par 75 % des répondants, devant la confidentialité des données (61 %) et la fiabilité (54 %). Il en est même la première source de déception (71 %). L’IA reste malgré tout perçue comme une opportunité par 57 % des professionnels, contre 25 % qui y voient un risque.
Un usage qui dépasse le cadre
Dans les faits, l’IA sert surtout à produire du texte : 71 % des professionnels s’en servent pour la communication et 62 % pour leurs rapports. Un usage qui inquiète, puisque 58 % estiment qu’elle accroît le risque de greenwashing dans le reporting durable. Or l’encadrement reste très en retard : seules 23 % des entreprises ont formalisé une politique interne sur l’IA, et 93 % n’ont aucun budget dédié à des outils métier. Le règlement européen sur l’IA, l’AI Act, est lui aussi encore neuf, 40 % des répondants en découvrant tout juste les enjeux. Les compétences peinent également à suivre : la part de ceux qui se jugent débutants ou basiques a augmenté, de 69 % à 77 %.
Vers un usage raisonné
L’étude dessine les contours d’un usage plus maîtrisé, autour de trois principes. D’abord, confier à l’IA la collecte des données, la tâche la plus chronophage (50 %), alors que seuls 13 % le font aujourd’hui. Ensuite, limiter son empreinte : un professionnel sur cinq souhaite une IA plus sobre. Enfin, garder la main, ce qui est déjà le cas puisque 90 % vérifient toujours ou souvent les résultats produits.
« Le responsable RSE est le mieux placé pour décider où l’IA a sa place dans l’entreprise, et où elle ne l’a pas. Chez Ditto, notre conviction est simple : l’IA là où ça soulage, l’humain là où ça compte », résume Pierre Poirmeur, cofondateur et dirigeant de Ditto.

