Après avoir lancé son application dans ChatGPT au printemps, lesfurets franchit une nouvelle étape : le comparateur diffuse sa première campagne publicitaire directement dans ChatGPT.
Un test consacré à l’assurance auto qui pose une question plus large : l’IA conversationnelle est-elle en train de devenir un nouveau canal d’acquisition pour l’assurance ?
Innovation : cepuis ce lundi, lesfurets diffuse sa première campagne publicitaire sur ChatGPT. Le comparateur d’assurance expérimente ce nouveau terrain publicitaire, ouvert très récemment aux annonceurs. Pour ce premier test, lesfurets a choisi de se concentrer sur l’assurance automobile. L’objectif annoncé est d’observer les premiers résultats, de mesurer les performances du dispositif et surtout de mieux comprendre les usages associés à ce nouveau levier. En fonction des enseignements, l’expérimentation pourrait ensuite être étendue à d’autres univers : santé, habitation, moto, assurance emprunteur, mais aussi énergie.
Après Google, ChatGPT ?
Derrière cette expérimentation se joue peut-être quelque chose de plus important que l’apparition d’un nouveau support publicitaire. Pendant des années, une grande partie de l’acquisition digitale en assurance s’est organisée autour des moteurs de recherche. L’internaute tape « assurance auto », « mutuelle santé » ou « assurance emprunteur », puis navigue entre liens sponsorisés, comparateurs et sites d’assureurs. L’IA conversationnelle modifie progressivement cette mécanique.
Dans ChatGPT, l’utilisateur ne formule plus nécessairement une requête de quelques mots. Il peut expliquer sa situation, préciser son besoin, poser plusieurs questions, comparer différentes solutions et avancer progressivement dans sa réflexion.
La publicité arrive donc potentiellement au cœur d’une conversation déjà engagée autour d’un besoin.
OpenAI précise toutefois que les annonces restent clairement séparées des réponses de ChatGPT et que les annonceurs n’influencent pas les réponses du modèle. La publicité est aujourd’hui proposée aux utilisateurs des offres Free et Go dans les marchés concernés.
Lesfurets avait déjà posé une première brique
Cette campagne prend surtout du sens lorsqu’on la rapproche d’une autre initiative du comparateur. En avril dernier, lesfurets lançait son application dans ChatGPT, permettant à un utilisateur d’interroger directement le comparateur depuis l’environnement conversationnel et d’obtenir une première estimation avant de poursuivre son parcours.
La logique commence donc à devenir intéressante. D’un côté, être présent dans ChatGPT avec un service. De l’autre, utiliser désormais ChatGPT comme canal d’acquisition.
Ce ne sont plus tout à fait deux expérimentations isolées. Elles dessinent progressivement un parcours dans lequel la recherche, la recommandation, la comparaison et demain peut-être une partie de la souscription pourraient commencer dans le même environnement conversationnel.
Innovation : du clic à la conversation ?
Et l’histoire pourrait aller encore plus loin. OpenAI expérimente déjà de nouveaux formats publicitaires permettant, après l’exposition à une annonce, d’engager une interaction conversationnelle avec la marque. Le modèle publicitaire pourrait alors progressivement s’éloigner du traditionnel : recherche → publicité → clic → site internet pour évoluer vers quelque chose de beaucoup plus conversationnel : besoin → conversation → comparaison → action → marque d’assurance.
Pour l’assurance, secteur dans lequel les produits sont parfois complexes et nécessitent souvent explications, comparaison et personnalisation, cette évolution mérite d’être observée de très près.
Un test qui dépasse largement lesfurets
Il est évidemment beaucoup trop tôt pour savoir si ChatGPT deviendra un canal d’acquisition significatif pour l’assurance. Les volumes, les coûts d’acquisition, les taux de transformation ou encore la complémentarité avec Google restent à mesurer. C’est précisément ce que les premières campagnes vont permettre de commencer à comprendre. Mais l’expérimentation de lesfurets pose déjà une question stratégique au secteur.
Pendant des années, les assureurs et comparateurs se sont battus pour apparaître en haut d’une page de résultats des moteurs de recherche. Demain, devront-ils également se battre pour être présents au bon moment dans une conversation avec l’IA ?
Après cette première campagne, nous aurons probablement les 1ers éléments de réponse.

