Smartphone : PRO BTP mesure l’impact sur la santé

L’Observatoire Santé PRO BTP, le CNRS et le laboratoire INCC publient une étude menée auprès de 16 022 adultes. Elle établit une association nette entre usage intensif du smartphone et dégradation de plusieurs indicateurs de santé, de la fatigue cognitive au stress. Les auteurs soulignent toutefois qu’il s’agit d’une corrélation, non d’un lien de cause à effet.

Le débat sur les écrans s’est longtemps concentré sur les enfants et les adolescents. Cette étude l’élargit aux adultes. Menée par l’Observatoire Santé PRO BTP avec le CNRS et le laboratoire INCC (CNRS et Université Paris-Cité) auprès de 16 022 adultes, elle met en évidence une tendance claire : plus l’usage du smartphone est intensif, plus les indicateurs de santé mentale et physique se dégradent, sur toutes les dimensions étudiées.

La fatigue cognitive en première ligne

L’effet le plus marqué concerne la fatigue cognitive : son score médian double, passant de 5 sur 28 chez les faibles utilisateurs à 10 sur 28 chez les gros utilisateurs. Le stress perçu suit la même pente, de 2 sur 15 à 6 sur 15, tandis que la dépression et l’anxiété progressent régulièrement avec l’usage.

Les jeunes adultes apparaissent les plus exposés : chez les 18-25 ans en usage intensif, le score de dépression atteint 6 sur 12, soit trois fois plus que chez les plus de 65 ans (2/12). Cette tranche d’âge consomme aussi bien davantage, avec près de quatre fois plus d’utilisateurs intensifs que chez les seniors.

Pour la docteure Sylvie Chokron, directrice de recherche au CNRS : « Ce qui ressort de cette étude, c’est la gradation très nette des indicateurs avec l’intensification de l’usage du smartphone. La fatigue cognitive est l’effet le plus prononcé : son score médian double entre un usage faible et un usage élevé. Nous observons également une augmentation importante du stress, ainsi qu’une dégradation de l’ensemble des indicateurs étudiés lorsque le smartphone est utilisé au moment du coucher. »

Une corrélation, pas une preuve

Les auteurs appellent toutefois à la prudence : l’étude établit une association statistique, mais ne permet pas de conclure à un lien de causalité direct, d’autres facteurs pouvant contribuer aux problèmes de santé observés.

« Depuis sa création, l’Observatoire Santé PRO BTP explore les effets de nos usages numériques sur la santé. Après nos travaux avec l’Institut Rafaël, l’IFOP et Bayard, cette nouvelle étude menée avec le CNRS et le laboratoire de recherche INCC, nous permet d’aller plus loin en mesurant les liens entre l’intensité d’usage du smartphone et la santé chez les adultes. Cette démarche s’inscrit dans une même ambition : mieux comprendre les risques émergents pour mieux les prévenir. », explique Hervé Naerhuysen, directeur général de PRO BTP et président de l’Observatoire.

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