Focus CGP 2026 : confiance, IA et diversifisications

Pour la vingtième édition de son Baromètre du marché des CGP, BNP Paribas Cardif dresse le portrait d’une profession confiante, qui adopte massivement l’intelligence artificielle, voit sa clientèle s’élargir et entend développer la retraite individuelle et la prévoyance.

92 % des conseillers en gestion de patrimoine (CGP) se déclarent confiants pour les douze prochains mois, contre 85 % en 2025. Selon l’étude, il s’agit du plus haut niveau enregistré sur les cinq dernières années. Cet optimisme s’accompagne de mutations de fond : diffusion de l’intelligence artificielle, évolution des profils d’épargnants et complexité croissante de l’environnement économique.

« Cette vingtième édition du Baromètre du marché des CGP confirme la confiance du secteur tout en mettant en lumière sa profonde transformation. L’essor de l’intelligence artificielle, la diversification des profils des épargnants et la complexité croissante de l’environnement économique redéfinissent la pratique de la gestion de patrimoine », indique Delphine Mantz, directrice des réseaux CGP, courtiers et gestion privée de BNP Paribas Cardif France.

Les chiffres clés

  • 72 % des CGP utilisent l’IA dans leur activité (56 % en 2025)
  • 71 % ont vu leur clientèle progresser en 2026, un niveau inédit depuis 2018
  • 54 % constatent une diversification accrue des investissements de leurs clients, devant la recherche de sécurité (38 %)
  • 53 % prévoient de développer la retraite individuelle (32 % l’an dernier)
  • 92 % se déclarent confiants pour les douze prochains mois (85 % en 2025)

La réglementation, un cadre plus qu’une contrainte

La réglementation demeure un sujet central pour 61 % des CGP, qui y voient un facteur de sécurité et de transparence pour le secteur. L’étude la présente moins comme une contrainte que comme un cadre favorisant l’amélioration des pratiques.

Autre préoccupation montante : l’adaptation de l’allocation d’actifs au contexte économique, citée comme un enjeu par 37 % des conseillers, soit une hausse de 16 points par rapport à 2025.

L’IA s’installe dans les cabinets, le risque cyber aussi

La digitalisation de la profession s’accélère. Les CGP qui recourent à l’IA l’utilisent pour automatiser les tâches administratives, affiner l’analyse des portefeuilles et personnaliser leur conseil. Un sur quatre estime qu’elle va transformer en profondeur son métier.

Les effets se font aussi sentir côté clients : 67 % des CGP jugent que l’IA a fait évoluer le comportement de leur clientèle, et 32 % considèrent leurs clients beaucoup mieux informés qu’auparavant.

Cette transformation a son revers. 72 % des conseillers se disent plus exposés aux cybermenaces, et 75 % ont renforcé leurs dispositifs de sécurité. La protection des données clients devient un enjeu de confiance à part entière.

Une clientèle moins inquiète et plus diverse

Le niveau d’inquiétude des épargnants reflue, tout en restant élevé : 54 % des CGP estiment leurs clients inquiets quant à leurs placements, contre près de 78 % en 2025. À l’inverse, 46 % observent un regain d’optimisme.

La croissance de la clientèle s’appuie sur plusieurs profils : professions libérales (44 %), dirigeants de TPE/PME (43 %), travailleurs indépendants (33 %) et héritiers (32 %). Les enjeux de transmission intergénérationnelle renforcent ce mouvement, les CGP intervenant de plus en plus dans l’accompagnement familial, y compris dans l’éducation financière des jeunes générations.

Retraite, prévoyance, épargne salariale : l’offre s’élargit

Pour répondre à ces attentes, les conseillers entendent étoffer leur gamme. La retraite individuelle s’impose comme le produit phare de l’année à venir : 53 % des CGP prévoient de la développer, contre 32 % un an plus tôt.

La prévoyance individuelle et l’assurance emprunteur sont jugées essentielles par près d’un tiers des CGP, notamment pour couvrir les clients professionnels contre les aléas de la vie. Enfin, 40 % comptent renforcer l’épargne salariale dans leur activité l’an prochain.

La diversification prend le pas sur la sécurité

Le rapport des épargnants au placement évolue nettement. 54 % des CGP soulignent l’importance de la diversification pour leurs clients (41 % en 2025), devant la sécurité, citée par 38 % d’entre eux contre 63 % l’an dernier. Le couple rendement/risque reste toutefois le critère de choix dominant pour les douze prochains mois, mis en avant respectivement par 69 % et 66 % des conseillers.

Parmi les supports que les CGP entendent davantage proposer figurent les ETF (46 %) et les fonds liés à la défense et à la souveraineté (43 %). Le développement des actifs non cotés (private assets) est perçu comme une opportunité par 49 % des professionnels. Deux freins sont toutefois identifiés côté clients : le manque de liquidité (65 %) et le risque de perte en capital (51 %).

Consolidation et concurrence des fintechs

La confiance des conseillers nourrit la consolidation du marché : 55 % des CGP ont déjà réalisé une opération de croissance externe ou y réfléchissent (24 % l’ont concrétisée, 31 % l’envisagent). Objectif : atteindre une taille critique et élargir l’offre de produits et de services.

Sur le plan concurrentiel, les fintechs sont désormais citées par 57 % des professionnels, loin devant les acteurs traditionnels, banques ou autres CGP (24 %).

À plus long terme, 67 % des conseillers estiment que la relation client restera primordiale au cours des vingt prochaines années, et 59 % anticipent une valorisation accrue de leur expertise, portée par des épargnants mieux informés et par des exigences réglementaires renforcées. Au total, 89 % jugent importantes les perspectives de développement du métier pour les cinq prochaines années.

Source : Baromètre du marché des CGP 2026, 20ᵉ édition, BNP Paribas Cardif / Kantar, publié le 22 septembre 2026.

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