Assurance habitation : la fracture territoriale s’aggravera

Le rapport 2026 du Haut Conseil pour le climat révèle un écart considérable de couverture d’assurance entre la métropole et les outre-mer. Une fracture territoriale que le réchauffement climatique menace d’aggraver encore.

Chiffres clés

  • 97 % des ménages assurés en multirisques habitation en France hexagonale
  • 50 à 70 % seulement en outre-mer
  • 6 % à peine à Mayotte
  • Environ un quart seulement des pertes économiques liées aux catastrophes climatiques sont assurées dans l’Union européenne (1981-2023)

Le rapport du HCC est catégorique : la France hexagonale affiche l’un des taux de couverture assurantielle les plus élevés au monde, avec 97 % des ménages assurés en multirisques habitation.

Mais ce satisfecit s’arrête aux frontières de la métropole. Dans les outre-mer, ce taux chute à une fourchette de 50 à 70 % selon les territoires, et s’effondre à seulement 6 % à Mayotte, un chiffre que le rapport qualifie explicitement de « critique ».

Cette fracture territoriale n’est pas un simple accident statistique : elle s’inscrit dans une dynamique plus large documentée à l’échelle européenne. Entre 1981 et 2023, environ 900 milliards d’euros de pertes économiques directes liées aux catastrophes naturelles ont été enregistrées dans l’Union européenne, mais seulement un quart environ de ces pertes climatiques étaient couvertes par une assurance.

Le rapport souligne que les pertes climatiques augmentent désormais plus vite que la capacité de nombreux systèmes de mutualisation à les absorber, un phénomène dont les outre-mer français constituent une illustration particulièrement aiguë, comme en témoignent les dommages du cyclone Chido à Mayotte ou du cyclone Garance à La Réunion, ce dernier ayant représenté un coût de 400 millions d’euros à lui seul.

Le HCC établit un lien direct entre cette insuffisance de couverture et un risque social et financier accru : une protection assurantielle incomplète laisse ménages, entreprises et collectivités exposés à des pertes financières non protégées, aux conséquences sociales et économiques d’autant plus larges que les événements climatiques se multiplient.

Le rapport insiste également sur le fait que le changement climatique accroît en tant que tel les risques d’inégalité d’accès à l’assurance, en fragilisant en priorité les territoires et les systèmes déjà les plus vulnérables,  santé, éducation, sécurité civile, gestion de l’eau y sont cités comme des services publics d’ores et déjà mis sous tension dans ces zones.

Pour les assureurs et mutuelles engagés sur une stratégie d’inclusion territoriale ou de responsabilité sociétale, ce constat pose une question stratégique concrète : comment renforcer la diffusion de la couverture multirisques habitation dans des territoires ultramarins où l’exposition aux aléas cycloniques et hydrologiques ne cesse de croître, sans que cela se traduise par une exclusion tarifaire de fait des ménages les plus modestes ?

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