Le cabinet Axylia publie le premier Score Carbone Finance européen, qui note la qualité du reporting carbone des banques, des assureurs et des gestionnaires d’actifs. Les assureurs français y apparaissent en retard sur leurs voisins. Leur principal angle mort : les émissions liées aux risques qu’ils assurent.
Les émissions de CO2 d’un assureur ne viennent presque pas de ses bureaux, mais des activités qu’il finance et qu’il couvre. Pour mesurer la transparence des acteurs financiers sur ce point, le cabinet Axylia a créé le Score Carbone Finance (SCF), une note sur 100 fondée sur le standard international PCAF. Pour la construire, il a passé au crible plus de 16 000 pages de rapports publiés par 82 institutions européennes cotées. Les assureurs y sont jugés sur deux volets : les émissions liées à leurs placements et celles liées aux risques qu’ils assurent.
Les activités assurées, grand angle mort
Le constat est clair : les assureurs rendent bien mieux compte de leurs placements que des risques qu’ils couvrent. Sur les placements, ils obtiennent en moyenne 59,8 sur 100, contre seulement 40,6 pour les activités assurées. Et 38 % d’entre eux ne publient encore aucune donnée sur les émissions liées à leur activité d’assurance. Axylia l’explique par des méthodes plus récentes et des données plus difficiles à réunir. Les écarts entre acteurs sont énormes : l’allemand Allianz obtient 100 sur 100 sur ce volet, quand le norvégien Gjensidige y récolte un zéro.
Les assureurs français en retard
La France se situe en dessous de la moyenne européenne. Sur leurs placements, les assureurs français obtiennent 51,5 sur 100, contre 55,6 pour l’ensemble du panel. L’écart se creuse sur les activités assurées : 30,8 en France, contre 48,7 en Europe. AXA s’en sort le mieux, avec une note globale de 57,7 sur 100 et 61,5 pour son activité d’assurance. À l’inverse, SCOR obtient un zéro sur ce volet, faute de données publiées selon le standard PCAF. Les grandes banques françaises accusent elles aussi du retard, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale n’ayant pas publié de données assez complètes sur un volet clé de l’évaluation.
« Cette étude n’est pas un exercice académique ni un classement destiné à distribuer les bons et les mauvais points. Elle doit aider les institutions financières à comprendre où elles en sont, à identifier les faiblesses de leur reporting et à concentrer leurs efforts sur les données les plus utiles. Notre ambition est de faire du Score Carbone Finance une véritable feuille de route concrète pour améliorer les pratiques, renforcer la transparence et mieux piloter les enjeux climatiques » soulignent Vincent Auriac et Ferdinand Raffy, d’Axylia.

