Avec 81 % des actifs et retraités sondés qui se disent préoccupés pour leurs revenus futurs, l’Occitanie révèle une tension profonde entre l’urgence ressentie et la réalité des pratiques d’épargne.
Le baromètre 2026 d’Harmonie Mutuelle dresse un tableau saisissant d’une région où le vouloir dépasse souvent le pouvoir, et où les entreprises ont un rôle décisif à jouer.
Quelques chiffres à retenir :
- 81 % des habitants d’Occitanie interrogés sont préoccupés par leurs revenus à la retraite (baromètre Harmonie Mutuelle / Lead Opinion, janvier 2026, 1 000 actifs et retraités de 35-65 ans).
- 57 % disposent d’au moins un produit d’épargne retraite, mais 43 % n’ont aucun dispositif dédié.
- 54 % citent le manque de moyens financiers comme principal frein à l’épargne.
- 40 % ne comprennent pas l’épargne retraite collective (PERCOL) ; 48 % ne maîtrisent pas la fiscalité associée.
Une région aux contrastes marqués
L’Occitanie est l’une des régions les plus étendues de France métropolitaine, avec près de 6 millions d’habitants répartis sur 13 départements, de la Méditerranée aux Pyrénées. Son économie est diverse : pôle aéronautique et spatial autour de Toulouse, agriculture viticole dans le Languedoc-Roussillon, tourisme balnéaire et montagnard, PME et artisanat. Cette diversité se traduit par une population active hétérogène, avec une forte proportion d’ouvriers, d’employés du commerce et de services, aux côtés d’un tissu de cadres et de professions intermédiaires concentrés dans la métropole toulousaine. La question de la préparation à la retraite y revêt donc des réalités très différentes selon les territoires et les catégories socioprofessionnelles.
81 % d’inquiets, mais seulement 57 % couverts
C’est le paradoxe central que révèle l’Observatoire régional d’Harmonie Mutuelle, conduit en janvier 2026 par Lead Opinion auprès de 1 000 actifs et retraités de 35 à 65 ans. Si 57 % des habitants d’Occitanie disposent d’au moins un produit d’épargne retraite, 43 % n’ont mis en place aucun dispositif dédié. Le frein principal est sans ambiguïté : 54 % citent le manque de moyens financiers.
Les montants épargnés témoignent de cette contrainte. Parmi ceux qui épargnent, 74 % placent moins de 200 euros par mois, dont 41 % moins de 100 euros. Les inégalités sociales sont criantes : 50 % des ouvriers et 49 % des employés épargnent moins de 100 euros mensuellement, contre 21 % seulement des cadres.
« Les entreprises ne peuvent plus considérer l’épargne retraite comme un sujet périphérique. C’est un outil de politique sociale, de performance et d’engagement. Dans un marché du travail sous tension, accompagner les salariés sur leur avenir financier est un marqueur fort de responsabilité et de modernité managériale. » – Frédéric Malfilatre, Directeur régional Occitanie, Harmonie Mutuelle
Un déficit de compréhension plus que de motivation
L’étude met en évidence un problème de lisibilité des dispositifs : seuls 47 % des répondants se sentent bien informés sur les solutions d’épargne disponibles. Si 85 % connaissent l’assurance-vie, 40 % ne comprennent pas le fonctionnement de l’épargne retraite collective, notamment le PERCOL (Plan d’épargne retraite collectif). La fiscalité demeure un angle mort pour 48 % des sondés.
Dans ce contexte, la préférence pour l’accompagnement humain reste très forte : 78 % des habitants d’Occitanie souhaitent passer par un rendez-vous physique pour souscrire un produit d’épargne retraite — un chiffre qui interroge sur la capacité des canaux digitaux à répondre seuls à ce besoin.
Le PERCOL : un levier sous-exploité mais plébiscité
Malgré les freins, l’étude révèle un potentiel d’action réel. Près de la moitié des répondants (49 %) estiment pouvoir augmenter leur effort d’épargne dans les douze prochains mois, et 45 % souhaitent un accompagnement continu, bien en amont de l’échéance de la retraite.
Le PERCOL apparaît comme le levier le plus sous-exploité : 75 % de ses bénéficiaires le jugent attractif, mais 60 % des répondants n’y ont jamais eu accès. Un écart qui pointe directement vers les entreprises, dont beaucoup n’ont pas encore intégré ces dispositifs dans leur politique de rémunération globale.
L’expérience du Groupe Tesseract, basé à Toulouse, illustre le potentiel de ces outils. Sa directrice des ressources humaines, Sarah Nanema, souligne que la mise en place d’un dispositif d’épargne retraite avec Harmonie Mutuelle a produit des effets rapides sur une population jeune (âge moyen de 28 ans) : meilleure compréhension des enjeux financiers, intérêt accru pour la préparation de l’avenir et sentiment de valorisation renforcé.

