Mutuelles communales : un remède partiel selon Agéa

Face à l’essor des mutuelles communales, Agéa estime que ces dispositifs peuvent aider certains assurés à court terme, mais ne règlent pas les causes structurelles de la hausse des complémentaires santé.

Alors que de plus en plus de communes, régions ou départements mettent en avant des offres de complémentaire santé négociées pour leurs habitants, Agéa considère que cette dynamique répond surtout à une difficulté immédiate d’accès à l’assurance santé, sans traiter le problème de fond. Dans un document de février dernier, la fédération rappelle que ces dispositifs, souvent présentés comme des outils d’action sociale, se développent dans un contexte de hausse continue des cotisations et de renoncement aux soins. 

Le texte recense plusieurs initiatives locales ou régionales, d’Auvergne-Rhône-Alpes à l’Île-de-France, en passant par la Gironde, Toulouse, Nice, Lyon, Paris, Nantes ou Marseille. Ces contrats sont généralement ouverts sans questionnaire médical et, selon les cas, sans condition de ressources. Pour Agéa, cette progression dans le débat public, notamment à l’approche des municipales, témoigne d’une recherche de solutions concrètes par les collectivités. 

La fédération souligne toutefois la fragilité économique du modèle. Ces offres visent souvent des publics peu couverts par les contrats collectifs, comme les retraités, les étudiants ou les salariés précaires, c’est-à-dire des profils disposant de capacités de cotisation plus faibles, alors même que certains ont des besoins de santé plus élevés. Agéa rappelle ainsi que, d’après son étude tarifaire 2025, le coût moyen d’une complémentaire santé atteint environ 85 euros par mois à 75 ans, contre 52 euros à 40 ans. Selon elle, des tarifs de lancement attractifs peuvent donc être suivis de hausses ramenant progressivement ces contrats vers les prix du marché. 

C’est pourquoi Agéa défend l’idée que les mutuelles communales traitent davantage le symptôme que la cause. La fédération met en avant la hausse des dépenses de santé, le vieillissement de la population et la concentration des risques sur certaines catégories d’assurés. Elle plaide pour une meilleure compréhension par les Français du coût réel de la santé, pour le développement de parcours de prévention, ainsi que pour une concertation sur l’évolution du contrat responsable. 

Pascal Chapelon, président d’Agéa, appelle ainsi à « une réflexion nationale sur les conditions d’un accès pérenne et soutenable à la complémentaire santé, au-delà des réponses locales, aussi volontaristes soient-elles ».

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