Chaque année, les Talents de l’Assurance mettent en lumière celles et ceux qui contribuent à la performance du secteur et qui rendent possible son évolution et sa transformation. Nous sommes allés à la rencontre des lauréats 2026 pour revenir sur leur parcours, leurs convictions et leur vision de l’assurance de demain. Nous avons échangé avec Christophe Hautbourg, Directeur général de PLANETE CSCA.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots (fonction, rôle,) et nous parler de votre parcours ?
Je suis directeur général de PLANETE CSCA, le syndicat des courtiers d’assurance. J‘assure le pilotage de l’organisation (stratégie, management, opérations, finance, services, dialogue social …), avec le soutien de mon équipe de permanents et en lien avec le Président et les élus. Au fond, même si une organisation professionnelle n’est pas une entreprise comme les autres, j’ai le même quotidien opérationnel qu’un dirigeant d’une PME ou d’une Business Unit.
J’anime par ailleurs la gouvernance et représente le courtage dans l’ensemble de ses relations avec les parties prenantes de l’assurance. Je coordonne la défense des intérêts de la profession en portant les positions du syndicat tant au niveau français qu’européen et en déployant des actions d’influence auprès des pouvoirs publics.
Diplômé de Sciences Po et titulaire d’un Master 2 en droit public comparé et de deux Exécutive MBA de l’Université de Paris-Dauphine (Management des RH et CHEA), j’ai développé une expertise en affaires publiques au cours de mes premières expériences professionnelles. Je l’ai ensuite enrichie par le management d’organisations complexes, dans des environnements multiculturels et pluridisciplinaires, aussi bien dans des contextes de réflexion stratégique que dans des situations opérationnelles.
Mon parcours est guidé par une forte culture du projet et de la transformation, porté par une conviction profonde : la force du collectif dépasse toujours la somme des individualités.
Aujourd’hui, en tant que Directeur Général d’une organisation professionnelle, j’assemble, je rassemble, je fédère des équipes, des partenaires, des institutions, parfois aux intérêts divergents, pour faire émerger une vision partagée et un cap commun pour notre profession.
Qu’est-ce qui vous plait dans votre métier ?
Le secteur de l’assurance est au cœur de toutes les évolutions sociétales comme des défis économiques, climatiques et technologiques : c’est une vraie richesse de se sentir modestement acteur de ces grandes transformations qui impactent notre quotidien de professionnel comme de citoyen !
Qu’est-ce qui vous a amené(e) à travailler dans l’assurance ? Était-ce un choix ou un « hasard de carrière » ?
Je pourrais dire, comme beaucoup de monde, que je suis entré dans le secteur de l’assurance un peu par hasard. Avant cela, j’avais en effet évolué dans des univers très différents, de l’industrie aéronautique en passant par le BTP ou le secteur du non-profit, que ce soit au sein de groupes internationaux comme Airbus et Vinci ou au sein de fondations et associations.
J’ai beaucoup appris de la diversité de ces secteurs et apprendre, c’est s’adapter et s’adapter, c’est rester en mouvement face aux défis et enjeux de notre monde contemporain.
Alors avec le recul, je me dis qu’il n’y a peut-être pas de hasard. Chaque étape de mon parcours m’a apporté des compétences, une ouverture, une vision et chaque rencontre s’est transformée en levier de croissance pour grandir en alignant mes valeurs et mes ambitions.
Je préfère donc parler de rencontres et d’opportunités qu’il faut savoir saisir et qui me sont aujourd’hui précieuses dans mes fonctions. Au final, chaque expérience a trouvé sa place dans le parcours qui m’a conduit jusqu’à l’assurance.
Le talent dans votre métier, comment se concrétise-t–il selon vous ?
Le talent est selon moi une combinaison de qualités, un savant mixte de « hard skills » et de « soft skills », mais surtout une capacité à contextualiser avec discernement chaque situation qui se présente.
Le talent ne peut se limiter à l’identification des connaissances/compétences. Il inclut nécessairement la mobilisation de ces ressources et, donc la construction d’un consensus sur les enjeux et les objectifs partagés. Autrement dit, il n’y a pas de talent sans engagement et la gestion des talents passe par cette idée d’engagement.
Concrètement, au-delà de recruter une personne qui possède les compétences idoines, il est indispensable de faire adhérer ces talents à des valeurs, à un projet d’entreprise, à une quête de sens…
Un projet, une rencontre, une initiative… qui vous a particulièrement marqué(e) dans le secteur ?
L’association Assure Moi Un Projet (AMUP) que je soutiens depuis sa création et dont j’ai l’honneur d’être Président depuis novembre 2025 est une réponse concrète pour le développement de la diversité dans notre secteur et l’accompagnement de personnes éloignées de l’emploi dans des reconversions professionnelles durables, et ce exclusivement vers les métiers de l’assurance.
AMUP n’est pas une démarche symbolique. C’est un laboratoire d’utilité publique, au service de l’inclusion, de la performance collective et de la pérennité de notre profession.
Au-delà d’AMUP, nous partageons tous une même responsabilité : contribuer, chacun à notre niveau, à une société plus inclusive et plus juste !
Qu’est-ce qui vous donne envie de vous lever le matin pour aller travailler dans l’assurance (et pas ailleurs) ?
Expertise comme fondement, anticipation comme ADN, solidarité comme sens et capital humain comme valeur sont les quatre points cardinaux de ma boussole dans le quotidien de mon métier.
Cette boussole est véritablement un moteur pour moi qui me guide tous les matins pour conjuguer conscience humaine et vision stratégique avec l’exigence d’aligner performance, impact et sens tout en conciliant le paradoxe du temps long du capital humain avec le temps court de la rentabilité.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui hésite à se lancer dans l’assurance ?
À un jeune qui hésite à se lancer dans l’assurance, je dirais simplement : ose, ose être curieux, ose apprendre, ose sortir de ta zone de confort.
Les parcours ne sont jamais parfaitement linéaires, et c’est tant mieux. Ce sont souvent les détours, les rencontres et les défis qui forgent les plus belles carrières.
L’assurance est un métier profondément humain. Je suis persuadé que son attractivité dépend avant tout de la manière dont nous en parlons.
Derrière chaque contrat, il y a une histoire, un projet de vie, une entreprise ou une famille à protéger. C’est un métier d’utilité, de confiance et de responsabilité.
Si tu as envie d’être utile, de donner du sens à ton engagement et d’évoluer dans un secteur en pleine transformation, alors lance-toi. Tu pourrais être surpris par tout ce que cette profession te permettra d’accomplir.
J’ai la conviction que lorsque nous parlons de notre métier avec passion et sincérité, nousdonnons envie aux autres de l’exercer. C’est sans doute notre plus belle responsabilité.
Je viens d’ailleurs d’en faire l’expérience : ma fille aînée vient de décider de rejoindre notre beau secteur.
Quels sont, selon vous, les principaux freins à l’attractivité du secteur ?
Sur la question de l’attractivité, le courtage, et plus globalement l’assurance, doivent accepter d’aller chercher des talents là où on ne va pas les chercher d’habitude : recruter une diversité de talents, est avant tout une preuve d’audace, d’engagement et de confiance et il est aujourd’hui de notre responsabilité de dirigeants d’oser la diversité et l’inclusion !
Le métier de l’assurance que vous recommanderiez les yeux fermés ?
Courtier d’assurances bien entendu : être courtier c’est définitivement choisir d’être S.E.X.Y. ! Pas pour des considérations physiques mais pour les 4 lettres qui définissent le cœur de l’identité de tout courtier aujourd’hui : S comme Sociétal, E comme Écoute, X comme eXpert, Y comme phYgital…
Ces 4 caractéristiques s’accentuent avec la révolution de l’IA. L’enjeu pour le courtier est de transformer en opportunité, ce qui peut être présenté comme une menace pour son activité et d’évoluer vers le courtier augmenté : cette approche lui permettra de se concentrer sur le cœur de son métier, le conseil et la relation humaine indispensables pour accompagner entreprises et particuliers à chaque étape importante de leur vie.
L’engagement, dans votre quotidien professionnel, ça ressemble à quoi concrètement ?
L’engagement, c’est d’abord accepter de mettre son énergie au service d’une cause qui dépasse son propre intérêt.
En tant que Directeur général de Planète CSCA et Président d’AMUP, mon rôle est d’accompagner les entreprises, de fédérer les acteurs de notre profession et de porter des projets qui ont du sens.
Mais, pour moi, un engagement ne se résume pas à des convictions ou à des discours. Il doit se traduire par des actions concrètes.
C’est dans cet esprit que nous avons soutenu les actions de l’Institut Rafaël lors du Onze Bis, le Festival du Courtage d’Assurances organisé en juin dernier puis que j’ai choisi de relever, aux côtés de Fatima Tricoire, le défi de l’ascension du Kilimandjaro dans le cadre d’une marche solidaire.
Au-delà du défi sportif, cette aventure portait un message fort : promouvoir la prévention, encourager la pratique de l’activité physique comme levier de santé, sensibiliser aux maladies chroniques et contribuer à un modèle de santé plus humain, plus global et plus durable.
Concrètement, l’engagement prend tout son sens lorsqu’il se traduit en actes.
Quelle place occupe la diversité et l’inclusion dans le courtage ?
Malgré tous nos efforts pour donner du sens à notre activité et attirer de nouveaux talents, nos entreprises et nos cabinets ne reflètent pas encore pleinement la diversité de la société dans laquelle nous vivons.
C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. La diversité n’est pas seulement une question de représentation, c’est aussi un levier de performance, d’innovation et de cohésion.
Nous avons encore du chemin à parcourir. Cela passe par une évolution de nos pratiques managériales, de nos processus de recrutement, de mobilité interne et d’identification des talents, afin que chacun puisse trouver sa place, quelles que soient son histoire, son parcours ou ses singularités.
L’inclusion, ce n’est pas intégrer des personnes différentes dans un modèle existant. C’est faire évoluer le modèle pour que chacun puisse y contribuer pleinement.
En un mot, l’assurance pour vous c’est… ?
Pour moi l’assurance n’a de sens que lorsqu’elle place l’humain au cœur de sa promesse. L’assurance, ce n’est pas seulement protéger des risques. C’est protéger des vies, accompagner des parcours et créer de la confiance.
Alors non, pour moi, l’assurance ne peut se résumer à ce préjugé “assurance = voleurs” mais doit être perçu comme ce qu’elle est vraiment, c’est-à-dire “assurance = valeurs” : des valeurs de solidarité, de mutualisation, de prévention, d’engagement et d’humanité !
Préparez-vous, les Talents de l’assurance, organisé par Vovoxx Média, reviendront en mars 2027.
Revoir le Palmarès 2026 !

