Supervision financière : stress test, la France pionnière

La Banque de France, l’ACPR et l’AMF ont publié le 17 juin 2026 un rapport méthodologique sur leur premier stress test systémique (system-wide stress test). Une première en Europe qui marque un tournant dans la supervision du secteur financier, incluant banques, assurances et gestion d’actifs.

Les points à retenir :

  • Première européenne : Premier exercice intégré à l’échelle d’un système financier national
  • Approche holistique : Prise en compte des interconnexions entre banques, assureurs et gestionnaires d’actifs
  • Objectif principal : Comprendre les dynamiques de contagion et les fragilités potentielles
  • Scénarios extrêmes : Test des résiliences face à des chocs de marché sévères
  • Collaboration : Coordination entre les trois superviseurs (Banque de France, ACPR, AMF)

Jusqu’à présent, les stress tests étaient menés secteur par secteur : banques d’un côté, assurances de l’autre, gestion d’actifs de son côté. Mais dans un monde financier de plus en plus interconnecté, cette approche en silos ne permettait plus de capturer les risques systémiques.

C’est pour combler ce vide que la Banque de France, l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) et l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) ont lancé conjointement ce premier stress test systémique. L’exercice, mené sur plusieurs mois, a impliqué l’ensemble des acteurs majeurs du système financier français.

Pourquoi c’est historique ? Parce que pour la première fois, les régulateurs ont modélisé les interactions entre les différents secteurs. Que se passe-t-il si une crise bancaire affecte les assureurs ? Comment un krach sur les marchés actions impacte-t-il les fonds de pension ? Autant de questions auxquelles ce stress test apporte des réponses.

Les scénarios testés étaient particulièrement sévères : effondrement des marchés actions, crise de liquidité, défauts en cascade… L’objectif n’était pas de prédire l’avenir, mais de comprendre les mécanismes de propagation des chocs et d’identifier les points de vulnérabilité.

Les premiers résultats, bien que partiels (le rapport final est attendu à l’automne 2026), sont globalement rassurants. Le système financier français montre une bonne résilience aux chocs testés. Cependant, l’exercice a aussi révélé des zones d’ombre, notamment autour des interdépendances entre certains acteurs.

Prochaine étape : La publication d’un rapport synthétique en automne 2026, qui tirera les enseignements de cet exercice pilote et proposera des recommandations pour renforcer la stabilité du système.

Sources :

 

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