En 2025, les dépenses de santé remboursées par les assureurs santé collectifs ont connu une hausse de +4,9 %, selon l’analyse annuelle de WTW (Willis Towers Watson).
Une accélération qui devrait se poursuivre en 2026, avec une dérive estimée à +5,1 %, sous l’effet conjugué de l’inflation médicale, des réformes réglementaires et du vieillissement de la population. Dans un contexte de désengagement progressif de l’Assurance Maladie et de revalorisations tarifaires, les acteurs du secteur doivent repenser leurs stratégies pour préserver l’équilibre financier des contrats.
Chiffres clés à retenir
- +4,9 % : Hausse des dépenses santé en 2025.
- +5,1 % : Dérive attendue en 2026.
- +8 % : Progression des remboursements en hospitalisation.
- +6 % : Hausse des consultations et de la pharmacie.
- +15 % : Augmentation des forfaits hospitaliers en mars 2026.
Une tendance haussière qui s’installe
Entre 2018 et 2025, la dérive annuelle moyenne des prestations santé s’élève à +3,8 %, mais cette hausse s’accélère depuis 2023, avec une moyenne de +5,1 % par an sur la période 2023-2026. Cette dynamique, inédite, dépasse largement l’augmentation du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), limité à +2,4 % par an sur la même période. Résultat : les contrats indexés uniquement sur le PASS ne suffisent plus à garantir l’équilibre financier des régimes.
Hospitalisation et pharmacie en tête de la hausse
En 2025, les prestations moyennes par bénéficiaire ont progressé de +4,9 %, avec des pics de consommation dépassant +9 % en septembre et décembre. Les postes les plus impactés sont :
- L’hospitalisation (+8 %), portée par la hausse des tarifs et l’augmentation des actes chirurgicaux et des chambres particulières.
- Les consultations, la médecine courante et la pharmacie (+6 %), touchées par les nouvelles conventions médicales et l’évolution du calendrier vaccinal.
- L’optique et le dentaire (+3 %), avec une hausse modérée mais réelle, notamment pour les lentilles et l’orthodontie précoce.
Des facteurs structurels et réglementaires
Plusieurs éléments expliquent cette dérive :
- La revalorisation des consultations (passées de 26,50 € à 30 € pour les généralistes).
- Le déploiement de campagnes vaccinales (méningocoque, papillomavirus humain) et l’utilisation croissante de médicaments innovants coûteux.
- La hausse de la consommation chez les auxiliaires médicaux (kinésithérapeutes, sages-femmes).
2026 : une pression accrue
L’année 2026 devrait confirmer cette tendance inflationniste. Les revalorisations tarifaires prévues (spécialistes, kinésithérapie, forfaits hospitaliers) et les transferts de charges vers les assurances santé (avec une hausse de 15 % des forfaits hospitaliers en mars 2026) alourdiront encore la facture. Selon les projections de WTW, la dérive pourrait atteindre +5,1 % en 2026.
Un appel à une gestion prospective
Pour Noémie Marciano, directrice de l’activité assurance de personnes chez WTW en France, « le cycle de dérive élevée observé depuis 2023 se confirme. L’accumulation des réformes et le désengagement de l’Assurance Maladie créent un déséquilibre croissant. Les entreprises doivent adopter une vision prospective pour concilier protection sociale et pouvoir d’achat des salariés. »
Source : Analyse WTW (Willis Towers Watson), avril 2026. Étude menée sur un portefeuille de 2 millions de bénéficiaires.

