Eté 2022 : l’assistance sur tous le fronts

Après deux années marquées la pandémie, de très nombreux Français attendaient l’été 2022 avec impatience pour profiter de vacances sans restrictions. Pour autant l’été n’a pas été de tout repos, entre la canicule, les difficultés des secteurs aériens, ou encore de violentes intempéries comme celles s’étant produites en Corse : de quoi mobiliser les assureurs et sociétés d’assistance sur tous les fronts.

Regroupant 9 sociétés d’assistance représentant 96% de la profession, le Syndicat National des Sociétés d’Assistance[1] (SNSA) a publié son bilan estival.

Une activité voyage en hausse

Le bilan du SNSA indique une hausse globale de l’activité voyage de l’ordre de 20 %, en comparaison avec celle de l’été 2021. S’il s’agit de la conséquence logique d’un nombre de départs en vacances accru, le SNSA pointe aussi « davantage de prises de risques par certains vacanciers qui – après deux ans de retenue – se sont lancés dans des activités ludiques et sportives qu’ils n’avaient sans doute plus ou pas l’habitude de pratiquer. »

En particulier, la catégorie de population des seniors a « retrouvé le goût du voyage » : en conséquence, le nombre de dossiers les concernant a augmenté. A noter que de façon générale, la hausse des interventions a surtout porté sur le mois de juillet qui a connu une très forte activité : le mois d’août quant à lui n’a pas encore retrouvé son niveau « avant Covid-19 ».

Bonne nouvelle après deux ans de pandémie, le bilan du SNSA pour cet été 2022 a constaté « l’absence d’effets Covid-19 majeurs ». Les motifs d’intervention classiques des sociétés d’assistance se sont ainsi avérés les plus fréquents : traumatismes, fractures, blessures. Les infections, y compris celles dues au Covid-19, sont donc en net recul par rapport aux deux étés précédents.

En revanche, le SNSA note que les opérations de rapatriements sanitaires ont été rendues plus compliqués du fait des difficultés qu’a connues durant tout l’été le secteur aérien.

Une évolution des comportements ?

Suite à deux ans de crise sanitaire et dans un contexte social, géopolitique et environnemental pour le moins agité, le SNSA s’est aussi posé la question d’éventuels changements de comportement constatés chez les vacanciers. Le syndicat s’est notamment appuyé à ce sujet sur l’étude du Customer Lab d’Allianz Partners[2] menée au printemps dernier, qui avait livré les conclusions suivantes :

  • « les Français sont de plus en plus soucieux de l’environnement et se préoccupent davantage de l’impact environnemental de leurs déplacements. Il s’agit d’un facteur tout aussi important que le prix d’un voyage au moment de la réservation. »
  • « Les voyageurs commencent à limiter leurs déplacements et la tendance du « slow travel » continue à prendre de l’ampleur, favorisant les transports plus durables comme le train ou les voyages en véhicules de loisirs (camping-cars, caravanes…). »

Ces affirmations se sont-elles traduites dans la réalité cet été ? Le bilan du SNSA a livré les éléments factuels suivants :

  • les destinations privilégiées des estivants ont été cette année la France et les pays du bassin méditerranéen, Espagne en tête. Les temps semblent moins propices aux voyages à l’autre bout de la planète.
  • en matière de santé, la téléconsultation continue de s’imposer dans les nouveaux comportements des Français.

En revanche, le bilan admet que « la voiture personnelle est restée le moyen de transport privilégié cet été », l’activité d’assistance automobile ayant augmenté de 6% par rapport à l’an dernier, avec « des journées records en termes d’appels. » Un grand nombre de pannes automobiles a été causé par les chaleurs exceptionnelles observées cet été (pannes de batteries, surchauffe des pneus…) : le pic de canicule du 16 au 18 juin avait d’ailleurs entrainé à lui seul chez Inter Mutuelles Assistance une hausse inédite de 10 % de son activité. Le groupe IMA a pu ainsi concrètement mesurer l’impact de la canicule sur les déplacements automobiles.

Le SNSA évoque aussi des « phonèmes conjugués de ponts, chassés-croisés et des effets climatiques », rappelant des comportements fort anciens d’automobilistes en vacances, surtout que le bilan note que « la hausse du prix des carburants n’a pas eu d’incidence sur l’activité automobile ». Au contraire, du fait des difficultés du secteur aérien, de nombreux vacanciers ont choisi d’effectuer le trajet avec leur propre voiture « afin de disposer à coup sûr d’un véhicule sur leur lieu de vacances. » En conséquence, les trajets internationaux en voiture ont augmenté de 25% pour la plupart des acteurs, avec une véritable explosion pour certaines destinations (Espagne +64%, Maroc +215%) !

Ainsi en matière comportementale, le bilan semble nuancé. Si certaines évolutions sont perceptibles, les transports collectifs ne semblent pas encore en mesure de remettre en cause les traditionnels chassés-croisés d’été sur les routes.

Des épisodes météorologiques extrêmes

Le bilan ne saurait être complet sans évoquer la mobilisation des assureurs et des sociétés d’assistance lors des épisodes extrêmes survenus cet été. Dans son bilan, le SNSA semble pourtant minimiser ces épisodes, évoquant « quelques orages violents lors de la Pentecôte, de forts orages de grêle en juin » ainsi que les intempéries s’étant produites « entre le 15 et le 18 août ». Le rapport souligne même que « les épisodes orageux ont été bien moins nombreux qu’en 2021 ce qui explique une hausse globale peu significative de près de 1 %. »

Bien que moins nombreux, ces épisodes orageux ont pour autant atteint des intensités peu communes, en particulier les intempéries ayant soudainement sévi en Corse les 18 et 19 août. Comme l’a exprimé sur Sud Radio le rédacteur en chef adjoint de Corse Matin Sébastien Pisani, « ce phénomène n’était pas attendu avec une telle intensité, avec des orages et des rafales de vent dépassant les 200 km/h », causant un lourd bilan matériel et aussi humain : 5 personnes décédées dont 2 en mer, 90 navires endommagés, de nombreuses chutes d’arbres et toitures arrachées… 45 000 foyers ont été privés d’électricité.

Dans un tel contexte, les assureurs et sociétés d’assistance étaient forcément sur le pont. Dans un arrêté paru au Journal Officiel du 25 août, l’état de catastrophe naturelle a été décrété pour 73 communes. Au vu des circonstances, France Assureurs a invité ses membres à étendre le délai de déclaration des sinistres jusqu’au 15 septembre, soit un mois après les intempéries et près de 3 semaines après la publication de l’arrêté, bien au-delà des délais habituels prévus dans les contrats.

En définitive, l’été reste une période d’activité forte pour les assureurs et les sociétés d’assistance : « c’est le moment où les Français expriment de plus en plus leurs besoins d’assistance. Pour preuve le nombre d’appels qui ne cesse d’augmenter avec plus de 6 millions d’appels entrants pour cette saison », conclut Serge Morelli, président du SNSA.

[1] Créé en 1981, le SNSA regroupe 9 sociétés d’assistance qui représentent 96 % de la profession : ARC Europe France, Allianz Partners/ Mondial Assistance, AXA Partners, Europ Assistance, Fidelia Assistance, Filassistance, Groupe IMA (Inter Mutuelles Assistance), Mutuaide, Opteven.

[2]Etude menée auprès d’un panel de près de 2 600 personnes toutes générations confondues en France au printemps 2022 et s’intéressant aux nouveaux comportements émergents depuis la crise sanitaire.

 

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