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Jérémy Sebag et la transformation de l’assurance

Jérémy Sebag répond à nos quelques questions.
La transformation de l’entreprise est probablement assez protéïforme. Il peut sagir de la transformation de sa gouvernance ou de son organisation, de son rôle sociétal et environnemental, de la dimension produit et servicielle, des systèmes dinformation et de lintégration des nouvelles technologies, de la distribution et la relation clients, de la mutation/hybridation des compétences, du modèle économique,… . Dans notre secteur « se transformer », selon vous est-ce seulement changer, évoluer, sadapter, ou devenir autre chose, devenir autre ?

Chaque entreprise a ses propres spécificités, ses qualités et ses difficultés à surmonter, dans tout secteur ou cœur de métier. Au-delà des questions pragmatiques, restent toujours primordiales la vision et les valeurs communes d’une équipe. Du Top Management au Middle Office, il faut partager une ambition et une volonté de se réinventer ensemble, et de ne pas rester ancré dans des routines internes.

SPVIE Assurances a le digital au cœur de son ADN et l’audace en tête, nous avons donc la chance d’avoir déjà l’habitude et les capacités pour la transformation, l’innovation. Pour nous, se transformer c’est s’adapter et évoluer, corriger et s’améliorer, mais aussi prévoir les étapes futures, se donner des orientations. La transformation se prépare peut-être aujourd’hui, mais vise toujours demain.

La gouvernance d’un tel groupe de courtage d’assurance doit se faire en prospective : appréhender les freins et les opportunités que l’on souhaite saisir. Il faut se donner alors des objectifs concrets et cohérents avec nos stratégies, pour planifier des chantiers de transformation pertinents et structurants.

Se transformer, ce n’est pas forcément une stratégie de rupture, un grand chamboulement, la « disruption » dont beaucoup parlent. Cela peut toucher certes aux plus grandes ambitions, mais aussi aux tous petits détails fonctionnels qui, mis bout à bout, transfigurent des manières de faire, des process voire toute une entreprise.

Il faut dès lors donner la parole à ses équipes, pour une transformation avec les salarié(e)s et non contre ou sans eux : ils sont souvent à l’origine des solutions les plus élégantes aux problèmes qu’ils rencontrent dans leur travail. Chez SPVIE Assurances, nous avons récemment créé un poste dédié dont l’unique rôle est de provoquer et d’accompagner jusqu’à réalisation les remontées d’expérience et les propositions d’innovation de la part de tous les employé(e)s du groupe.

Une fois une transformation mise en œuvre, il est temps de constater les résultats, de faire du « test and learn », des corrections ou optimisations successives. Tout ne peut être parfait tout de suite, immédiatement. Plus que les données et les rapports financiers, le retour réel des utilisateurs / clients qui bénéficient de ces changements nous est vital pour mesurer l’impact de nos projets.

Il faut le courage de faire une analyse honnête et réaliste de ses forces et faiblesses, se donner la liberté de juger le plus objectivement possible sa situation ; un exercice d’autocritique parfois difficile… à pratiquer avec bienveillance et dans un esprit d’émulation collective ! Sa capacité à corriger ses erreurs reste un pré-requis pour toute transformation contrôlée et réussie.

Il faut enfin dépasser la peur de l’échec, accepter que la transformation reste une succession d’itérations plus ou moins longues et structurantes, et la somme d’expériences acquises aussi par nos échecs et nos problèmes rencontrés.

Pour vous la transformation dune entreprise est-elle un processus fini et planifiable, ou un mouvement perpétuel ?

La boucle de la transformation que je décris recommence sans cesse ! La transformation n’est pas l’objectif final, mais un moyen de faire face à un enjeu et d’embrasser l’avenir. Chaque révolution est un retour au point initial, pour qu’un nouveau cycle de transformation s’enclenche.

Comme le temps qui avance et la Société qui évolue, les entreprises ne doivent pas rester statiques, sous peine d’être éternellement en réaction plutôt qu’être proactives.

Vous faites partie des 50 transformers* du secteur de lassurance. Les professionnels ont probablement signifié votre capacité à porter des convictions, donner de nouvelles directions, à initier/piloter des transformations, à incarner le mouvement … . Dun point de vue professionnel, quels sont les ingrédients indispensables à la transformation dune entreprise du secteur de lassurance ?

Le groupe que j’ai co-fondé il y a 10 ans avec Cédric Pironneau a connu de multiples transformations, et notamment ces 12 derniers mois : après une importante levée de fonds, 2 croissances externes, l’arrivée au Comex de nouveaux profils talentueux et de nombreux recrutements, notre groupe rassemble aujourd’hui plus de 400 collaborateurs dans 8 entités.

SPVIE Assurances s’est de fait transformé et a changé de dimension(s) plusieurs fois. Pour autant, nous n’avons pas changé les piliers qui nous ont permis, en 10 ans, de devenir le 4e courtier grossiste en France : nous avons consolidé nos fondations et nos savoir-faire pour permettre de construire d’autres étages !

L’expertise technique est au cœur de nos réussites : avec notre filiale intégrée AssurWare, nous maîtrisons l’ensemble de la chaîne de valeurs, de la souscription et des reporting jusqu’à la gestion des contrats et des remboursements. Cela nous apporte aussi des outils efficaces de collaboration, à distance ou non, pour toutes les équipes du groupe.

Il faut aussi une vraie culture de l’accompagnement de nos courtiers. Nos équipes d’inspecteurs conservent un contact régulier avec chacun d’eux pour entretenir des relations pérennes et de confiance. Aucune transformation d’entreprise ne doit se faire sans avoir en tête qu’elle est faite avant tout pour apporter un meilleur service ou une meilleure prestation à ses clients.

Les offres de garanties doivent évoluer aussi, sortir du rôle traditionnel de l’assurance qui vient simplement indemniser pour mieux répondre à la réalité de ce qu’attendent les Français : plus de conseils, plus de services pratiques, plus d’immédiateté dans les prestations. En santé ou en IARD auprès des pros du bâtiment par exemple, nous avons cette année refondu nos offres pour rester en phase avec l’époque et les nouvelles attentes spécifiques des assuré(e)s.

Nous transformons aussi nos réseaux de distribution : si nous restons centrés sur l’indirect (notre cœur de métier de courtier grossiste), l’acquisition de 2A – Assurances de l’Adour début 2020 montre notre volonté de développer un canal de distribution directe de nos offres de santé et de prévoyance. Nous renforçons aussi les ambitions de notre filiale SPVIE Wealth Management pour faire évoluer nos propositions de valeur auprès des chefs d’entreprise, et devenir un acteur majeur de leur gestion assurancielle et patrimoniale.

Enfin, nous transformons notre scope et diversifions nos métiers pour devenir un acteur important sur toute la chaîne de valeur de l’assurance : en intégrant le centre de gestion CGRM et ses dossiers santé pour plus de 270 000 bénéficiaires, nous marquons le début de notre évolution vers un groupe encore plus multi-dimensionnel, au-delà de la commercialisation des contrats.

Aucun de ces chantiers de transformation ne peut enfin se faire sans les femmes et les hommes qui les conçoivent et les mettent en oeuvre. SPVIE Assurances n’aurait rien accompli sans leurs connaissances et leurs expériences, et plus généralement leur engagement.

Nous favorisons et promouvons donc fortement la formation continue et la mobilité interne au sein des entités du groupe : il faut absolument cultiver nos talents et leur permettre d’évoluer dans leur carrière, si possible chez nous ! Beaucoup de nos meilleurs managers sont issus de promotions internes plutôt que de recrutements externes.

Notre politique de recrutement est notre dernier atout pour bénéficier des meilleures expertises. Engagés pour favoriser l’égalité hommes / femmes et la diversification des profils que nous recrutons, nous avons une politique de recrutement d’alternants très proactive. Il faut faire entrer du « sang neuf » dans nos métiers : nous avons besoin de nouvelles perspectives et de nouveaux points de vue.

Cet engagement à promouvoir les métiers de l’assurance auprès de nouveaux publics de l’emploi, je le partage d’ailleurs avec d’autres sociétés de notre secteur dans le cadre de l’association Assure-Moi Un Projet qui, chaque année, propose une formation et un contrat d’alternance à des personnes cherchant un emploi.

Pour conclure ?

J’ai découvert le monde de l’assurance il y a 20 ans, lors de mon alternance. J’ai alors fait tous les rôles du courtage durant ma première partie de carrière, découvert ce secteur et ses métiers passionnants. Et il y a 10 ans, j’ai co-créé SPVIE Assurances, alors que j’avais encore moins de 30 ans.

Si l’on veut transformer durablement le secteur de l’assurance, il faut aussi miser sur ceux qui y travaillerons demain, sur la jeunesse d’aujourd’hui. À l’image de la société française, recrutons des profils diversifiés, faisons pleine place à l’alternance, ouvrons les perspectives de carrière au sein de nos organisations !

La transformation du secteur de l’assurance sera alors une évolution naturelle, organique, humaine.

Réalisé le 04/05/2021 – Jean-Luc GambeyVovoxx

*Jérémy Sebag est dans la communauté des 50 “Transformers” de l’Assurance.

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